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Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...
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Régulièrement, je profite d'un moment de temps libre pour aller faire un tour du côté des nouvelles propositions. Ce soir, j'ai pu trouver ceci:
Des nichoirs dans les forêts
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Par piernand il y a 50 minutes dans Biodiversité
Comme le font nos voisins espagnols pour lutter contre les chenilles processionnaires en favorisant les Mésanges noires. Comme le font les Polonais pour maintenir les oiseaux cavernicoles (gobe-mouches, rougequeues) j'invite l'ONF à généraliser l'installation de nichoirs dans nos forêts pour lutter d'une façon écologique aux invasions d'insectes surtout dans les jeunes futaies ou peu d'arbres proposent des cavités naturelles. Mais attention à la taille du trou d'entrée pour ne pas favoriser la prolifération de l'Etourneau..
Vous trouverez le débat sur NOE à ce sujet ici même.
J'ai cru à une proposition humoristique sur le moment... En fait, il n'en est rien.
J'avoue être pour prendre certaines mesures en faveur de l'écologie, mais je pense que, avant de faire des propositions dans tous les sens, il est primordial de réfléchir pour évaluer la faisabilité de ces mesures!
Installer des nichoirs à oiseau en forêt, par exemple, est, à mon sens, tout à fait inutile, mais aussi tout à fait irréalisable, pour des raisons de coût, de pratique, de faisabilité technique.
Autre chose, la chenille processionnaire n'est pas un problème écologique, mais touristique: la colonisation des chenilles n'aboutit que très rarement à la mort de l'arbre. En revanche, elle conduit à la fuite des touristes, sources de revenus pour le commerce local.
Arrêtons de vouloir à tout prix transformer la forêt en jardin public, où la moindre végétation ne peut avoir sa place, et où le moindre insecte doit être supprimé, parce qu'il fait peur aux enfants, et qu'il provoque des démangeaisons si on le touche.
Sur le Digg Like Blogasty, énormément de choses circulent. Parmi celles-ci, j'ai pu trouver ceci: Effets de la déforestation .Je dois dire que j'ai été choqué par le raccourci fait par un bloggeur en observant une photographie aérienne d'une coupe rase.
Je l'avais d'abord vu sur un premier blog, sans aucune explication. J'ai alors décidé d'envoyer un message à l'auteur du premier article, lui demandant d'où provenait cette photo, et de quoi s'agissait-il exactement. Cette personne m'a répondu qu'apparemment, il s'agirait des suites d'une tempête. Cette information me paraît tout à fait crédible, vu le découpage tout à fait irrégulier de l'exploitation. Cela ressemble tout à fait aux nettoyages que nous avons connus lors de la tempête de décembre 1999. Alors où est la déforestation la dedans? Je vous le demande... Autre petit point: la déforestation ne se manifeste pas par de petites coupes rases, mais plutôt par des étendues de plusieurs centaines d'hectares.
Alors que dire au sujet de ce type d'article? Est-ce ceci l'effet blogosphère? Tout le monde peut se permettre de dire n'importe quoi sous prétexte qu'il s'agit d'un blog? Hélas, il s'agit bien là du côté le plus négatif des blogs: la circulation d'informations tout à fait douteuses qui provoquent de faux courants de pensées, tels ceux des dits "écolos" prônant l'arrêt total de l'exploitation du matériau bois (et dire que ces gens là ont bien souvent un joli bureau en bois pour poser leur bel ordinateur...).
Alors s'il vous plaît, faites attention au type d'info que vous diffusez sur le Net, mais aussi à ce que vous pouvez lire...
J'ai reçu cette semaine le dernier numéro du Journal de la Mécanisation Forestière. Numéro passionnant dans lequel j'ai pu lire l'analyse de l'une des dernières études de l'AFOCEL intitulée "Des cloisonnements d'exploitation pour réduire l'impact au sol". Je vais vous épargner la totalité de l'étude pour en venir aux conclusions de l'AFOCEL: les cloisonnements d'exploitation sont absolument indispensables si l'on veut éviter la détérioration des sols forestiers...
Figurez vous que sur le coup je suis resté sans voix... oui, sans voix. Car en fait, dans cette étude, l'AFOCEL a enfoncé une grande porte ouverte! La première chose que l'on vous apprend en sylviculture est que la présence de cloisonnements d'exploitation est indispensable pour la récolte du bois ainsi que pour la protection des sols. Alors pourquoi cette étude? Je ne comprends pas très bien pourquoi un organisme aussi réputé que l'AFOCEL, organisme chargé de réaliser des études scientifiques en forêt, a réalisé une étude complète sur la nécessité de la présence de cloisonnements alors que ce principe est connu depuis plusieurs décennies.
Après une petite analyse personnelle, j'ai fini par arriver à dégager quelque chose de cet article: j'ai passé près de quatre mois dans cet organisme, et j'ai pu voir de quels horizons venaient les personnes qui y travaillent. En réalité, un certain nombre de ces gens n'est pas issu de formations forestières, mais agricoles. On a donc affaire à des techniciens et ingénieurs qui, parfois, n'ont pas du tout la notion de terrain en forêt. De fait, certaines de leurs conclusions, comme celle exprimée au début de cet article, sont tout à fait connues et appliquées de longtemps par toutes personnes travaillant en permanence sur le terrain. Parfois, certains résultats ne relèvent que de la théorie et restent inapplicables en forêt (je pense à certaines études auxquelles j'ai participé lors de mon passage au sein de l'organisme).
Cela étant dit, je continue à penser que l'AFOCEL a un grand rôle à jouer dans la filière forêt-bois-papier française, notamment pour ce qui relève de la sylviculture de certaines essences. En revanche, je me permettrais de dire qu'à mon avis, pour gagner en efficacité, les recrutements effectués devraient plus facilement offrir des postes à des personnes de terrain (anciens techniciens, commis de coupes, conducteurs de machines, ...), ce qui leur permettrait parfois d'avoir des résultats collant plus à la réalité de la filière.
M. Jacques Attali était l'invité ce matin sur France Inter de Nicolas Demorand dans l'émission Le sept-neuf trente. M. Attali était présent pour parler du G8 prochain qui se déroulera en Allemagne.L'écologie faisant partie de l'actualité mondiale, le thème a été largement abordé lors de la partie de l'émission intitulée Inter-activ'. Le principe est simple: les auditeurs interrogent l'invité sur des sujets d'actualité.
Au bout de quasiment 10 minutes d'émission interactive, un auditeur de Lorraine a souhaité interroger M. Attali sur les réductions de CO2 dans l'atmosphère. C'est alors que ce dernier a prononcé ces mots concernant la politique forestière française:
J'ai trouvé ça très bien, et très juste. Cela étant, je regrette (mais je comprends aussi) que le thème n'ait pas été prolongé, car il y a énormément à dire à ce sujet. J'aimerais éviter toute erreur de compréhension en ajoutant que nous sommes de bons élèves, certes, mais que nous ne sommes sans doute pas les meilleurs: les pays scandinaves ont une culture forestière extraordinaire, qui est même présente dans la population en général. Les habitants de ces pays sont nés avec la production forestière et font tout pour la développer.
Merci à Jacques Attali d'avoir parlé de la politique forestière française en ces termes, surtout sur un média suivi par un grand nombre de gens. N'hésitez surtout pas à réagir en donnant votre vision des choses à ce sujet!
Encore une fois, Le Blog Energie a sorti un article passionnant qui, pour moi, peut faire débat. Ce n'est pas une critique, au contraire, un débat permet toujours d'avancer. Le sujet, cette fois, l'exploitation forestière. Pourquoi fait-il débat? Tout simplement parce que selon Patrick Reymond, la coupe à blanc a tendance à être généralisée dans nos pays, créant un risque d'épuisement de la ressource forestière.
Je tiens à réagir dans deux sens concernant sa réaction. Je pense qu'en effet, dans certaines régions, notamment le Limousin, la coupe à blanc à tendance à devenir une sorte de règle. Je viens de passer 30 minutes au téléphone avec Philippe Cattaruzza, habitant sur le Plateau de Millevaches et étant un fin observateur de ce qui s'y passe en matière de politique forestière, et nous avons fait l'observation suivante: il est vrai que dans cette région, après la tempête de 1999, au lieu de tirer les leçons du passé et partir sur un nouveau type de sylviculture, les coopératives forestières ont eu tendance à reprendre des schémas sylvicoles classiques, et à exploiter de manière intensive certaines essences qui mériteraient une sylviculture beaucoup plus fine.
A l'inverse, si je prends l'exemple du Tarn et de l'Hérault, on s'aperçoit que les coupes à blanc sont justifiées par des problèmes d'ordre sanitaire: les changements climatiques ont affaiblis les arbres, et nous devons faire face à de nombreuses attaques massives d'insectes: le dendroctone (insecte s'attaquant au phloème), par exemple, décime nos peuplements d'épicéas, ce qui nous pousse à raser les parcelles touchées dans le but d'éviter sa propagation. Les larves se trouvant sous l'écorce des bois attaqués, en les coupant nous empêchons celle-ci d'achever leur développement.
Alors que penser de cette idée concernant les coupes rases?
Je crois qu'il est surtout important de veiller à la politique de certaines grandes coopératives forestières françaises, qui ont tendance à oublier que la forêt n'est pas une culture portant ces fruits en un jour, et qui ont trop tendance à favoriser la production au détriment du développement durable des forêts.
En revanche, ce problème ne doit pas accentuer le bruit trop répandu d'une déforestation présente dans les pays occidentaux. Simplement, je crois qu'il faut essayer d'expliquer au grand public que la forêt peut subir certaines crises sanitaires, que les changements climatiques ont aussi une influence sur leur évolution, et que ces changement se font sur le long terme (à savoir plusieurs dizaines d'années).








