Texte Libre


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Jeudi 7 juin 2007
Le dernier article que je vous ai présenté sur ce thème évoquait les relations étroites entre sylviculture et végétation présente dans le sous étage forestier. Vous pouvez retrouver cet article ici.

J'ai oublié d'évoquer un facteur important dans la présence de végétation en forêt, et qui, de fait, ne peut entrer dans les décisions sylvicoles ou qui ne peut dépendre de la sylviculture: le type de feuillage des essences du peuplement concerné. En effet, certaines essences ont un feuillage tellement diffus, ou clair, que la végétation arrive à pousser sans aucun problème malgré une densité d'arbres extrêmement importante. C'est le cas, par exemple, de toutes les espèces de pins, les mélèzes.

A l'inverse, en hiver, dans les peuplements feuillus, on a l'impression que la lumière pénètre très bien dans le bois, mais en fait, il s'agit de l'impression donnée par l'absence de feuillage en cette saison. Du coup, en été, ces parcelles sont très fermées et ne laissent pas pousser la végétation...

Voilà pour ces petites précisions supplémentaires, qui sont, à mon avis, importantes pour éviter toute erreur d'appréciation...
par Thibault publié dans : Mini dossiers thématiques
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Lundi 4 juin 2007
La végétation n'est pas seulement une protection naturelle du milieu forestier, c'est aussi un outil extraordinaire pour le forestier sylviculteur: elle joue un grand rôle dans la sylviculture et inversement.


Le rôle de la flore dans la sylviculture

Je vous avais expliqué que le type de flore présente dépend, notamment, de la lumière arrivant à elle. Ce facteur est un élément très important pour les forestiers. Le fait d'observer la flore présente au sol dans une parcelle va lui être très utile pour savoir si beaucoup de lumière arrive, élément essentiel au bon équilibre d'un écosystème forestier (sans lumière, pas de vie dans le sol, et donc un sol pauvre). Lors de ces inventaires, le manque de végétation ou une végétation ne nécessitant que peu de lumière pour vivre peut témoigner de l'importance et de l'urgence à faire une éclaircie par exemple, chose qui permettra l'arrivé d'une plus grande quantité d'éclairage.



Autre rôle à jouer, la flore va servir lors d'études de sols avant plantation. La croissance et le bien être d'une essence forestière est directement dépendante du sol sur lequel elle se trouve. Dans le cas où tous les éléments sont réunis pour une croissance optimale (sol adapté, climat favorable, topographie idéale, bonne exposition, bonne alimentation en eau, ...), on dit que l'essence est en station. L'analyse de la strate herbacée est utile pour le stade semis (on réagit toujours par rapport à la profondeur du système racinaire). En revanche, pour connaître (ou du moins estimer) la richesse d'un sol à une certaine profondeur, l'analyse des strates arbustives et arborescentes est primordiale. Toutefois, ces études sont à corréler avec des observations pédologiques (étude des sols) concrètes.


L'influence de la sylviculture sur la végétation

L'action des hommes en forêt a des conséquences directes en matière d'évolution des sols ou du sous-étage. L'intensité des éclaircies, leur périodicité est un facteur prépondérant à cette évolution. Plus les éclaircies seront rapprochées et intenses, plus la végétation se fera dense et sera de type héliophile ("aimant la lumière").

En revanche, il faut arriver à conserver un équilibre entre une végétation utile et la densité et périodicité des éclaircies. Trop "taper" dans une forêt n'est pas quelque chose de positif. Cela peut avoir des conséquences graves en matière de stabilité, fragilité, qualité de la branchaison des arbres, ...


Dorénavant, lorsque vous vous promènerez en forêt, vous comprendrez donc pourquoi la végétation est si dense par endroit, et pourquoi parfois, le sol est propre comme votre carrelage. Et contrairement à vos idées précédant ces articles, vous comprendrez qu'une forêt en bon état est une forêt riche en flore. A l'inverse, une forêt trop "propre" vous indiquera un manque de dynamisme dans la sylviculture.

Vous venez d'apprendre à lire la sylviculture dans la végétation ambiante !
par Thibault publié dans : Mini dossiers thématiques
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Lundi 4 juin 2007
Nombreux d'entre vous n'aiment pas s'aventurer au coeur d'une forêt à cause de la végétation luxuriante qui y est présente. D'ailleurs, combien de fois je m'entends dire: "que cette forêt est sale! Ca doit faire un sacré paquet de temps que personne ne l'a nettoyé"...

Cette remarque m'a toujours fait sourire bien entendu. Sachez que les bois ne sont pas des jardins publics, mais qu'il s'agit bien d'un espace "naturel et sauvage", donc que la végétation forestière a bel et bien sa place ici.

Cette végétation est appelée dans le jargon des forestiers "sous-étage". Selon sa hauteur et sa nature, on parle de strate muscinale (mousses), herbacée (végétaux type herbe, fleurs), arbustive (noisetiers, ...) et arborescente. Parfois, ce sous étage se confond presque avec le peuplement forestier lui même quand la strate arborescente est très développée.

Mais alors de quoi dépend cette végétation (qui n'est pas présente dans toutes les forêts et qui peut varier parfois), et quel est son rôle (car elle a bien un rôle)?


La végétation forestière: témoin d'une richesse trophique et hydrique, mais aussi de la sylviculture

Que de mots barbares... En fait, cette végétation dépend essentiellement de quatre choses:
    - la nature du sol et sa richesse (s'il est profond, aéré, limoneux, riche en minéraux, ...);
    - les conditions hydriques, c'est à dire la pluviométrie, ainsi que la quantité d'eau retenue dans le sol (si le sol est marécageux, on n'aura pas la même flore que si le sol est sec);
    - le climat (quantité de soleil, de pluie, la température, ...);
    - la sylviculture.


La végétation forestière: indispensable à l'équilibre d'une forêt

Dans la jeune vie d'une forêt, il faut maîtriser cette végétation, qui a tendance à étouffer les plants. Cela étant, il est hors de question de la supprimer totalement. Elle a un rôle parfois de répulsion du gibier, ce qui va protéger les jeunes plants, et parfois, cela permettra de protéger ses plants du gel, ou d'autres types de concurrents végétaux. Rendre une plantation dénuée de cette végétation conduit à une suppression de "l'ambiance forestière" (conditions particulières nécessaires au bon développement d'un semis).

Puis plus la forêt vieillit, plus cette végétation va être dominée par les essences forestières. Dans ce cas, ce sous étage assurera un élagage naturel, une source de nourriture au gibier (qui de ce fait ne s'attaquera pas ou peu aux arbres), et parfois, même, chez certaines essences, cette végétation jouera un rôle d'écran protecteur: des essences telles que le tilleul, par exemple, sont très sensibles à la lumière, et une surexposition au soleil peut engendrer chez elles des dommages irréversibles.

Dans certains types de sylviculture, notamment pour la régénération naturelle de certaines essences (frêne, sapin pectiné par exemple), le maintien de ce couvert est indispensable à sa réussite. Puis, quand les semis grandissent, on ouvre le couvert petit à petit. L'un des types de sylviculture utilisant le plus le couvert est sans aucun doute la futaie jardinée (régions de l'est de la France essentiellement).

Enfin, cette végétation joue un grand rôle dans l'étude des sols et du climat par les forestiers, étant donné qu'elle en est totalement dépendante.

Nous verrons aussi dans le prochain article que cette végétation a un grand rôle à jouer dans la sylviculture.
par Thibault publié dans : Mini dossiers thématiques
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Lundi 14 mai 2007
Nous avons étudié d'une manière générale toutes les composantes d'une machine d'abattage. Nous nous sommes aperçu qu'un certain nombre de critères entraient en jeu, et que chacun d'eux a son importance. Seulement, une question subsiste: Existe t'il une machine réunissant un certains nombre de concepts étudiés, et faisant d'elle une machine que l'on pourrait qualifier d'idéale?

A mon avis, oui, une seule: une Valmet 911.3 équipée une tête AFM 60 semble être la combinaison la plus adaptée à la sylviculture mécanisée française. Cette machine possède à la fois une robustesse exceptionnelle, des dimensions lui permettant de manoeuvrer de manière facile, une bonne puissance, une architecture de cabine et de grue très agréable (cabine corrigée et tournante avec grue parallélogramme sur le côté). Cet engin est capable de travailler aussi bien dans des petites éclaircies que dans des coupes rases de manière très efficace.
Concernant la tête d'abattage, celles de la marque AFM possèdent un énorme avantage par rapport aux têtes de la marque Valmet: elles possèdent trois rouleaux d'alimentation au lieu de deux, ce lui leur apportent une puissance très adaptée à la conformation des bois des forêts françaises.



Cette combinaison n'est pas encore très répandue pour plusieurs raisons:
 - Les têtes AFM sont artisanales, et ne sont donc pas produites à grande échelle. Cependant, elles sont remarquablement solides.
 - Les concessionnaires Valmet n'osent pas toujours jouer le jeu et préfèrent assembler des porte-outils Valmet avec des têtes Valmet.
 - Cette combinaison est mal connue encore. Cela devrait s'arranger avec la croissance de la part de marché occupée par Valmet.


Ce mini dossier est donc maintenant terminé. J'espère qu'il aura permis de vous faire découvrir un peu l'exploitation mécanisée, et plus précisément les machines d'abattage. 
par Thibault publié dans : Mini dossiers thématiques
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Vendredi 11 mai 2007
Nous avons décrit, dans la globalité, l'utilisation des machines d'abattage. En revanche, nous n'avons pas encore évoqué le lien entre un opérateur de combiné d'abattage et son engin : si toutes ces opérations peuvent se faire de manière si rapide et efficace, c'est que l'informatique embarqué occupe une large place dans le fonctionnement des abatteuses.





En quelques chiffres, une machine d'abattage, c'est
 - 10 % de mécanique
 - 50 % d'hydraulique
 - 40 % d'électronique et d'informatique


Pour faire simple, tout est géré de manière informatique, par un logiciel installé sur un ordinateur servant de tableau de bord au chauffeur. Pour comprendre son fonctionnement, il faut considérer la machine comme un corps humain, avec des organes, un système nerveux transmettant des informations et un cerveau centralisant le tout pour en tirer le meilleur parti.


La notion d'organes sur une machine d'abattage

Cela peut paraître assez abstrait. Une machine est composée de six organes essentiels : l'ordinateur, le châssis, le système de transmission (avancement en gros), le siège, la grue et la tête d'abattage. Tous ces organes possèdent leur propre mini ordinateur et sont absolument indissociables. L'un ne peut pas fonctionner sans les autres.

       L'ordinateur
Il s'agit d'un PC de bureau équipé d'un système d'exploitation Windows 98 pour les machines entre 2000 et 2005, puis XP. C'est le cerveau de la machine. Toutes les données de tous les organes sont centralisées à son niveau. Elles ont analysées, et permettent de vérifier le bon
fonctionnement de la machine. Il est aussi là pour envoyer les informations depuis le chauffeur aux organes.

       Le châssis
Sur certaines machines, comme nous l'avons vu, le châssis ou la cabine peut être corrigé. Dans ce cas, il forme un organe relié à l'ordinateur. Sa fonction est de stabiliser la machine.

       Le système de transmission
Sur une machine, pas de levier de vitesse ou d'embrayage : la transmission est hydrostatique (vous appuyez sur l'accélérateur, vous avancez, vous relâchez, vous freinez...). Le système de transmission fait le lien entre le moteur et les roues, via les boites hydrauliques. Il s'occupe de la synchronisation des roues, de la gestion du patinage de la gestion de la vitesse, ...

        Le siège  
Il est, évidemment, essentiel. C'est un ordinateur à part entière : c'est le lien principal entre le chauffeur et sa machine. Vous avez du voir le poste de pilotage de la machine sur la vidéo précédente. C'est un énorme clavier. Celui ci est d'abord relié à l'ordinateur qui diffuse chaque information à chacun des organes, les uns après les autres. Pour mieux vous rendre compte de ce qu'est un poste de pilotage, je vous invite à en visiter un ici.

       La grue
Il faut la considérer comme un bras. D'ailleurs, à force de conduire une machine, on fini par avoir avec la grue les mêmes sensations qu'avec son propre bras. Son ordinateur sert à doser les mouvements et à réguler le débit hydraulique et les pressions pour chaque mouvement.

       La tête d'abattage
Comme pour la grue, il faut la considérer comme une main, sensation, par ailleurs, que l'on a quand on conduit ce type d'engin. On l'utilise comme sa propre main, par automatisme. Son informatique permet la collecte des informations type diamètre de l'arbre, longueur parcouru sur le bois, les pressions hydrauliques, la position des capteurs, ...


Le fonctionnement de l'ordinateur en lui même

Le logiciel principal est un optimiseur de découpe. A chaque chantier, vous devez le programmer à l'aide du cahier des charges fourni par le marchand de bois (quels types de produits on va sortir de cette coupe). On rentre dans une matrice (type excel) des longueurs, des diamètres, ainsi qu'un indice de prix indiquant la valeur du produit à façonner (plus cet indice sera important, et plus le produit aura de valeur).

Lors du travail, à l'abattage d'un arbre, l'optimiseur de découpe, grâce à sa base de données liée à toutes ses récoltes, parvient par calcul statistique à reconstituer dans son entier l'arbre abattu au bout de 1 m à 2 m d'ébranchage (une fois l'arbre ébranché sur deux mètres, l'ordinateur le reconstitue). Suite à cette analyse, l'optimiseur de découpe nous propose un plan de découpe optimisée liée aux produits enregistrés dans la matrice. En fait, il valorise l'arbre au mieux en fonction des indices, et des critères de dimensions précisés.

Lors de la découpe en morceaux (billons), le cubage est enregistré dans une base de donnée par chantier (qui est ensuite imprimable).

Le façonnage d'un arbre (abattage - ébranchage - billonnage) prend environ une minute si tout se passe bien.

Ce logiciel possède d'autres fonctions: réglages des pressions hydrauliques sur toute la machine, assistant de diagnostic de panne, réglage personnalisé de vos mouvements de grue ainsi que la personnalisation des commandes (un peu à la manière d'un jeu vidéo).


Les modernisations en cours, et ce qu'il faudrait apporter

De plus en plus, on cherche à maximiser le nombre d'opérations à réaliser avec une seule machine (abattage, traitement des souches, façonnage, débardage pour certaines, ...). On commence à voir arriver sur certaines abatteuses des systèmes GPS permettant la cartographie des parcelles au fur et à mesure de la récolte, avec les quantités de bois, les essences, les types de valorisations, etc... Ces techniques ont déjà très utilisées en gestion forestière simple, mais leur arrivée dans la mécanisation du bûcheronnage marque une innovation importante. Cela veut dire qu'un marchand de bois peut savoir exactement ce qu'il a comme type de bois, où, et en quels quantités. Cela lui permet d'envoyer directement, via un mail, la localisation des piles faites par un débardeur, lui évitant ainsi l'encombrement papier de cartes, etc...

En revanche, concernant ces modernités, il est essentiel de garder une certaine simplicité d'action: d'une manière générale, les chauffeurs sont formés sur le tas, et ne possèdent pas de notions pointues en informatique ou cartographie numérique. Il faut donc penser ou à simplifier la manipulation de tels outils, ou à former les opérateurs.

De plus, il apparaît essentiel aujourd'hui d'apporter des innovations type environnementales à ces engins (biolubrifiants, biocarburants) qui ne sont que très peu en place actuellement, faute de prix intéressant.


Ce que l'on ne verra jamais

La place de l'homme est indispensable sur ce type d'engins. Certains y voient déjà une robotisation totale de la sylviculture, ce qui est faux : l'appréciation de la qualité des bois, ainsi que le choix des arbres à couper ce peut être automatisé. De plus, la conduite (déplacement et grue) ne peut pas, techniquement, être automatique. La forêt est un milieu ou la perception humaine ne peut être remplacée, de part sa complexité et sa diversité.

Enfin, ce type de machine n'est pas du tout source de chômage pour les bûcherons manuels: ceux-ci auront toujours du travail pour les abattages délicats, les très gros bois, les feuillus,... En plus, nombreux d'entre eux ont choisi la modernisation et de conduire à leur tour ce type de machine. Puis n'oublions pas que ces machines sont construites en usines, entretenues en grande partie dans des ateliers spécialisés, utilisent des produits particuliers en grande quantité, faisant donc fonctionner une nouvelle économie...

par Thibault publié dans : Mini dossiers thématiques
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