Texte Libre


Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

N'hésitez pas à commenter, poser vos questions, proposer vos débats, exposer vos critiques, ... et tant de choses encore! Sylvasphere est un blog qui se veut ouvert d'esprit!
Vendredi 29 juin 2007

Les facettes du technicien forestier sont multiples. Nous l'avions d'ailleurs déjà évoqué dans un article sur ce métier (Voir ici). Contrairement à ce que les écoles laissent entendre, être bon technicien forestier ne signifie pas avoir beaucoup de connaissances. Pour preuve, les meilleurs que je côtoie au niveau de mon travail sont pour la plupart d'anciens bûcherons, ou ouvriers forestiers qui ont une vision précise du terrain.


D'après moi, trois aspects sont absolument indispensables à un technicien pour être compétent.

L'ouverture d'esprit: elle permet d'évaluer les différentes solutions se présentant pour résoudre un problème, qu'il soit sylvicole, sanitaire, lié à une vente de bois ou à une coupe... De plus, cet aspect permet de mieux prendre en compte les difficultés rencontrées pas les équipes de terrain lors de travaux sylvicoles (exploitation, dégagements, ...)

L'aspect relationnel: il est déterminant pour la réussite des transactions forestières, l'organisation des coupes, ... Comme on dit pour les gens qui commandent une équipe: "le respect ne s'impose pas, il se gagne."

L'évaluation du terrain: bien souvent les techniciens exigent des personnes exploitant les coupes des figures de style avec les engins dignes du Cirque Gruss. Un technicien qui réalise une bonne étude des difficultés se présentant sur une parcelle ou évaluant correctement les difficultés du relief va pouvoir orienter de manière efficace les équipe sur les coupes permettant un travail efficace et de qualité.


Si j'ai mis l'accent sur ces trois points en particulier, c'est que je trouve que ce sont vraiment les bases indispensables pour qu'un technicien arrive à faire un travail de qualité et arrive à acquérir une bonne réputation auprès des propriétaires forestiers. J'ai eu l'occasion de voir à l'oeuvre des jeunes gestionnaires sortant tout juste de l'école sur des coupes, et en général, j'ai pu observer une mauvaise ambiance liée à un attitude un peu hautaine du donneur d'ordre novice souhaitant s'imposer en maître auprès de vieux routards, mais aussi des pertes de temps énormes liées à une mauvaise orientation du travail sur les coupes de grande taille.

Alors pour les jeunes techniciens qui vont faire leurs premiers pas dans le métier dans les mois à venir (eh oui, on est à la période de sortie des écoles), je voudrais leur conseiller ceci: écoutez ce que vous proposent les équipes qui ont du métier, et vous apprendrez très vite de nouvelles méthodes efficaces. Comme m'a dit un ami il y a deux jours: "avoir le BTS donne juste le droit d'apprendre son métier..."
par Thibault publié dans : Métiers de passions
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Jeudi 21 juin 2007

Cette semaine est assez difficile pour moi, car je suis en panne depuis lundi... Cela m'a fait penser à quelque chose: la filière bois permet à de nombreux emplois d'exister. Certains dépendent directement du bois (les gestionnaires, les entrepreneurs, ...), et d'autres sont des emplois dépendant directement de la filière, mais ne travaillent pas directement sur la transformation du matériau. Parmi ceux-là, il y a la profession de mécanicien forestier. Ce sont des gens qui travaillent dans l'ombre en quelques sortes, mais sans eux personne ne pourrait récolter du bois. Il s'agit d'un métier passionnant, mais pourtant il existe un manque de main d'oeuvre terrible.


Je vais essayer en quelques lignes de vous expliquer en quoi consiste ce métier.

    - De grosses compétences en mécanique: c'est la base du travail évidemment. Il faut beaucoup d'organisation, beaucoup de patience;
    - Des compétences en électricité et électronique: les engins forestiers fonctionnent avec une bonne dose d'électronique et d'électricité;
    - Des connaissances solides en mécanique hydraulique: la base du fonctionnement des engins forestiers;
    - Des connaissances en informatique: que ce soit les porteurs ou les machines d'abattage, l'informatique embarqué compose la base de tous les éléments des engins;
    - Accepter de se déplacer un peu partout dans la France: le marché des machines forestière est assez petit. Par conséquent, il n'y a pas énormément de concessionnaires, mais en revanche, ces engins sont présents dans à peu près toute la France. Par conséquent, lors de dépannages en urgence, il faut pouvoir être mobile (par exemple, demain, des mécaniciens de Haute Vienne viennent me dépanner dans l'Hérault).


Il s'agit donc d'un métier très difficile, mais intéressant par la diversité du matériel rencontré et par sa complexité. Chaque panne est différente, et certaines peuvent prendre des jours à localiser! Alors si vous sentez que vous êtes fait pour ce domaine, n'hésitez surtout pas! Il y a énormément de places à prendre.
par Thibault publié dans : Métiers de passions
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Mercredi 13 juin 2007

Je crois que je vous ai déjà parlé un peu de mon travail: conducteur d'une machine d'abattage. Mon métier est une véritable passion pour moi, pour 10 raisons:


    - L'interconnexion avec une filière: si mon travail est bien fait, personne ne perdra de temps, car je suis le premier maillon de la filière de production du bois avant les scieries. La manière dont les bois sont valorisés, le respect du cahier des charges sont autant de choses importantes pour les usines. De plus, lorsqu'une usine manque d'un certain type de produit en particulier, je dois être le premier à réagir pour lui permettre un approvisionnement rapide;

    - La prise de décisions: Selon les chantiers, dans les éclaircies, la plupart du temps le choix des arbres à couper me revient. Cela a beaucoup d'importance car l'avenir de la parcelle forestière dépend de mes décisions. Autre chose, lorsque je visite une parcelle à travailler avec le marchand de bois, mon avis à pas mal d'importance concernant le type de valorisation à avoir dans les bois. Pour certains chantiers, le choix de toutes les valorisations me revient;

    - La gestion du temps: au début de ma jeune carrière, j'avais tendance à perdre beaucoup de temps faute d'organisation. Jongler entre la coupe, les travaux d'entretien, les visites de coupes n'est pas toujours évident. Je trouve que jongler avec ces facteurs est un vrai challenge si je veux avoir des horaires raisonnables.

    - La variété de choses à effectuer: ce travail est loin d'être lassant contrairement à ce que beaucoup de gens croient. D'une part les coupes sont toutes différents, les jours ne se ressemblent pas, car il y a toujours des évènements imprévus, et d'autre part, la maintenance de l'engin ainsi que les moments de repérages de coupes permettent de varier les activités.

    - La précision du travail: c'est sans doute le point essentiel pour tous les chauffeurs de machines d'abattage. Lors des travaux d'éclaircie (ce que je préfère), slalomer entre les lignes et glisser sa grue entre les arbres sans les toucher est, pour moi, un jeu d'adresse inégalable. Arriver à passer dans la tête un arbre à la minute sans blesser les autres arbres autour est une sorte de défi.

    - Le contact avec la nature: certains disent que dans un engin, on n'est pas vraiment au contact de la nature, ce n'est pas vrai. Les animaux n'ont pas vraiment peur de nous, car ils savent que nous ne sommes pas là pour la chasse. Parfois, je m'étonne plus de ne pas voir de gibier dans la journée que d'en voir. Et puis sur certains secteurs je verrai plus de sanglier, d'autre fois ce sera un chevreuil, puis ailleurs ce sera un mouflon...

    - Les sensations fortes: il n'est pas rare de se faire quelques petites sensations en forêt. Une pente un peu forte dans la boue, et on part en luge avec une machine de 18 tonnes, des dévers un peu forts, des arbres un peu gros, les roues qui se lèvent. Toutes ses choses sont à accepter lorsqu'on travaille avec ce matériel. Celui qui en a peur ne peut pas faire ce métier.

    - L'indépendance: c'est une profession où la solitude prend une part très importante du temps. Certains ont peur quand ils sont seuls dans leur engin. Il faut savoir le gérer, mais c'est un réel avantage: si demain je veux être en congé, je le peux, je viendrai travailler un samedi, quand je pourrai. Mais il faut savoir être rigoureux...

    - Apprendre tous les jours: on a jamais fini d'apprendre en forêt. C'est un milieu en constante évolution, et il nous donne des leçons tous les jours. Chaque jour m'apprend un peu plus.

    - Un esprit d'équipe très marqué: bien que nous soyons seuls au moment du travail, nous nous retrouvons le midi, et un réel esprit d'équipe existe. Lorsqu'il y a des problèmes matériels ou autres, les collègues ne sont jamais loin. Et puis, quoi de mieux les midis froids d'hiver que de se retrouver au coin d'une cheminée dans une vieille auberge à rigoler entre amis?


J'espère que cette description de ma vision de mon travail va vous permettre de mieux découvrir ce métier presque inconnu, et pourra donner envie à certains de faire la même chose...
par Thibault publié dans : Métiers de passions
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Lundi 28 mai 2007
Nous sommes presque au mois de juin, et la fin de l'année scolaire approche. Certains ont choisi l'an dernier comme orientation post-bac la filière forestière, et notamment le BTS A Gestion Forestière.

Pour information, ce BTS est assez difficile car très dense dans son contenu. Cela étant, il est passionnant.

De temps en temps, certains me contactent, et quelque chose m'interpelle: beaucoup pensent trouver dans cette filière une profession destinée à faire à être "anti-exploitation forestière", c'est à dire de l'écologie extrémiste, alors qu'au départ ce BTS s'appelait BST A Production Forestière, c'est à dire la gestion raisonnée des forêts dans une optique de rentabilité. Alors je pense qu'il y a un véritable manque d'information au niveau des lycées concernant cette filière.

Les conséquences sont graves: on voit des étudiants facilement découragés, ne tenant pas la distance faute de motivation.

Alors j'aimerai dire ceci: ce BTS est fait pour les passionnés de la filière bois. Le métier de forestier est un métier dur, dans lequel il faut du courage, de la volonté, et dans lequel il ne faut jamais renoncer. Choisir ce métier, c'est prendre conscience que couper un arbre n'est pas un crime, que le commerce du bois est une véritable économie dans notre pays, que être écologiste n'est pas manifester contre les bûcherons...
par Thibault publié dans : Métiers de passions
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Samedi 14 avril 2007
Après avoir découvert le métier de chauffeur de machine d'abattage, vous allez découvrir celui de conducteur de porteur.



 
Le débardage des bois courts

Le porteur est un engin destiné au débardage des bois courts en majorité. Il peut éventuellement servir à débarder des bois longs, mais il lui faut un équipement très particulier.

Le porteur possède des caractéristiques proches de celles de la machine d'abattage. En revanche, son architecture est totalement différente.
Là encore, il s'agit d'un métier assez spécial: le quotidien du débardeur est fait de sensations fortes dans les pentes, les dévers, la boue, et parfois le capot moteur ... Encore une fois, c'est un métier tributaire des aléas climatiques.


Le rôle du débardeur est de récupérer les bois que la machine (le plus souvent) ou le bûcheron ont coupés et de les acheminer au bord de la route pour les rendre accessibles aux camions. C'est un métier où la dextérité avec une grue et un engin est primordiale. L'adresse dont un pilote fait part est le facteur principal de la qualité de son travail et de son rendement.
De même que pour l'abatteuse, l'expérience peut mettre un peu de temps à venir : le moins évident est de trouver les petites finesses qui feront de vous un bon chauffeur. On dit souvent qu'il faut presque un an pour avoir vu presque tous les types de terrains possibles, mais en tout cas, on n'a jamais fini de découvrir les nombreux cas de figure que l'on peut rencontrer lors du travail.

Les conditions de travail sont similaires à celles d'un chauffeur de machine. Le salaire est tout de même un peu plus faible en moyenne que celui d'un chauffeur d'abatteuse : 1 000 euros en débutant et entre 1 000 et 2 000 pour un chauffeur expérimenté.


Comment devenir débardeur

Pour ce poste, il est beaucoup plus facile d'apprendre sur le terrain. Il existe cependant des écoles qui délivrent des formations adaptées: ce sont les même que pour le combiné d'abattage en général.

Dans tous les cas, le chômage est quasi inexistant dans ces emplois là, et les recrutements permanents: les entrepreneurs ont beaucoup de mal à trouver de bons chauffeurs, et c'est un secteur en plein essor !

par Thibault publié dans : Métiers de passions
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