Texte Libre


Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

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Vendredi 3 octobre 2008




Entre 300 et 500 kilos : c'est effectivement la quantité de déchets produite par un engin d'exploitation forestière pour une année.
Ce n'est pas une enquête officielle ou des statistiques d'un quelcquonque organisme, c'est simplement un constat que je fais après un an de suivi de la production de déchets de l'équipe dont je fais partie.




Que comprennent ces déchets ?

Ce sont, le plus souvent, les résidus des travaux d'entretien et de mécanique :
    - Filtres usagés ;
   - Anciens flexibles ;
   - Vieux futs d'huile ;
   - Cartouches de graisse vides ;
   - Chiffons papiers sales ;
   - Aérosols des produits d'entretien divers ;
   - Emballages de pièces vides ;
   - Pièces de mécanique endommagées ;
   - huiles de vidanges

La liste est sans aucun doute incomplète, mais elle est surtout là pour vous donner une idée de la quantité de déchets que l'exploitation forestière peut produire. Et cette liste n'inclue pas les consommables "perdus" pendant le travail, soit accidentellement, soit de manière naturelle, comme la graisse, l'huile hydraulique (soyons francs, personne n'est à l'abri d'une fuite), les huiles de chaîne, etc...

Le constat que je fais n'a pas pour but de tirer à boulets rouges sur ma profession. En réalité, j'aimerais revenir sur certaines manières de travailler qui pourraient nous permettre de produire mon de déchets.
Pour notre part, nous envoyons tous nos résidus en déchèterie payante.  Le forfait n'est pas excessif (entre 40 et 50 Euros), et le kilo de déchet apporté est taxé lui aussi, mais de manière raisonnable.
Pour ma part, j'y vois plusieurs points positifs :

    - Incitation à produire moins ;
    - Participation au retraitement des déchets produits;
    - Responsabilisation et sensibilisation des entrepreneurs.


Venons-en au fait : comment produire moins de déchets ?


La quantité de certaines catégories de déchets est incompressible, comme pour les huiles moteur,les filtres usagés. En revanche, les autres déchets peuvent être réduits de plusieurs manières : un entretien convenable de la machine et régulier permet de limiter l'usure des certains organes et donc leur remplacement. De même, l'entretien permet de limiter les fuites d'huile et donc les besoins de retraiter des futs vides. La graisse peut être achetée en grands conditionnements (20 kilos), ce qui limite l'utilisation de petites cartouches de 400 grammes.

Ces préconisations restent très théoriques. Certaines sont vraiment difficilement applicables de manière chronique ( l'entretien est parfois délaissé pour la production...).


Le cas particulier des flexibles usagés :

  Deux processus de retraitement sont possibles :


La récupération utile de tronçons encore utilisables

Il s'agit de récupérer certains morceaux réutilisables suffisamment long dans certains flexibles pour en confectionner d'autres. La condition sine qua non pour mener à bien ce raisonnement est d'avoir le matériel nécessaire à la confection de tuyaux (embouts, sertisseuse, ...). Seulement, peu d'entrepreneurs ont les capacités financières pour investir dans ce type de matériel.
Cette technique permet de réelles économies de matériau et de déchets. J'ai estimé à 50% le gain de flexible réalisé en travaillant de la sorte.


Le recyclage du flexible pour d'autres activités

J'ai eu l'occasion d'échanger quelques idées sur le sujet avec un atelier de mécanique de petite taille il y a trois ans. A l'époque, le prix qu'on lui demandait pour retraiter le flexible usagé lui créait un réel trou dans son budget, et il se voyait mal répercuter la taxe sur ces clients. Il a donc trouvé une filière de réutilisation qui lui reprenait les flexibles en état contre rémunération : il s'agissait d'une société qui fabriquait des parcs accrobranche dans des pays d'Amérique du Sud et qui utilisait les flexibles en état correct pour protéger les arbres de l'arrimage des installations... Astucieux principe qui aurait permis au mécano en question d'écouler l'équivalent de deux camions de vieux flexibles...
Depuis trois ans, je ne sais pas si le système s'est pérénisé, mais ce type de filière reste, je pense, marginal. C'est dommage car c'est, à mon avis, la solution la plus propre pour recycler les flexibles usagés.


Au final, une question demeure : est-ce que toutes ces techniques permettent réellement de réduire les déchets de façon significative ? Oui et non. Il est certain que sur 500 kilos de déchets, les quelques cartouches de graisse économisées ou les quelques litres d'huile préservés ne sentiront que très peu, mais qui peut s'opposer à la remarque suivante : le moindre geste propre est bon pour l'environnement !
par Thibault publié dans : A méditer ...
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Dimanche 8 juin 2008

Depuis quelques temps, je rencontre dans pas mal d'articles (numériques ou papiers) une erreur presque inadmissible de la part des professionnels du bois. Les premiers à m'avoir fait bondir sont les techniciens du CRPF (Et oui... Encore !), et plus précisément du Nord Pas de Calais. C'était dans le Forêt de France du mois de mars (il me semble). Dans un communiqué, ils prétendaient que le Douglas était un bois naturellement imputrescible. Qu'en dites-vous ? Abus de langage ? Véritable ignorance ? Pseudo ignorance visant à faire croire certaines choses au propriétaire moyen d'une parcelle de Douglas ? Sans doute un peu tout à la fois, mais attachons nous à corriger cette énorme erreur de communication et à préciser un peu la notion de résistance naturelle d'un bois.


L'imputrescibilité est un terme valable seulement si le bois évoqué ne se dégrade pas avec le temps. Seulement, ce n'est absolument pas le cas pour le Douglas : en dehors du fait que les branches de Douglas après exploitation finissent par disparaitre, le Douglas peut être victime d'un pourridié bien connu des forestiers, le fomes (prononcer fomesse). Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est le cas, dans certaines stations un peu lourdes, très limoneuses.


En revanche, il est vrai que le Douglas est considéré, selon la norme NF EN 335-2, résistant aux champignons, coléoptères et termites dans les régions concernées. Autrement dit, il est résistant, et ce, naturellement, 'classe 3' dans cette norme des classes de risques. Cette résistance est évaluée pour une durée d'utilisation de plus de 10 ans sans attaque significative. Les conditions de mise en oeuvre ne sont pas prises en compte (excepté l'humidité du bois, supérieure à 20% dans le cadre de la classe 3), et la section des bois non plus.

Résistant ne signifie donc pas invulnérable. Le Douglas n'est donc pas imputrescible, mais résistant à certains agents pendant un certain temps, dans des conditions optimales de mise en oeuvre.

Vous pouvez retrouver les classes de risques de la norme NF EN 335-2 sur le site internet du Comité National pour le Développement du Bois. D'autres normes sont disponibles sur le même site concernant la durabilité.


par Thibault publié dans : A méditer ...
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Mercredi 28 novembre 2007

Douglas.JPGJusque là, Sylvasphere avait essentiellement traité la question "écologique" de la coupe d'un arbre : n'accentuons nous pas le phénomène de déforestation en exploitant les forêts, ne contribuons nous pas au réchauffement climatique ? Bref, des questions pouvant vous paraître inopportunes font pourtant parler beaucoup de monde.

Mais aujourd'hui, je souhaite parler d'un autre aspect de l'abattage de bois: sa valeur. La notion de valeur en forêt est quelque chose de très subjectif. Notre statut, notre attachement, son histoire, sa situation, et bien d'autres facteurs vont permettre à chacun d'attribuer une valeur à un bois, qu'elle soit sentimentale ou financière. Lorsqu'une tempête touche un pays entier comme en 1999, les propriétaires perçoivent une perte financière énorme alors que la population, dans son ensemble, s'émeut de ce qui vient d'arriver, et souhaite ne plus jamais revivre cet instant. Voilà où se situe la différence entre la valeur financière d'une forêt et sa valeur sentimentale aux yeux de chacun.

Valeur financière

C'est sans aucun doute la plus facile à attribuer. On se base sur des éléments précis, tels que la qualité du bois, son essence, la demande, ses dimensions, etc. Bien que chaque personne puisse percevoir différemment ces différents éléments, au final, la logique d'une approche financière reste la même.

La valeur d'un bois, d'une parcelle, peut être estimée à plusieurs occasions: ventes de bois, expertise suite à un litige, suite à une catastrophe naturelle (tempête par exemple), vente en temps que bien immobilier. Dans tous les cas, la juste valeur ne peut être estimée que par une personne de l'art. Il est très difficile, voire impossible pour le commun des mortels d'évaluer la valeur financière d'une forêt.


Valeur sentimentale

Dans la plupart des cas, cette valeur concerne les arbres d'agrément, ou alors les sites remarquables. Rarement une parcelle dite "classique" a une valeur sentimentale particulière pour un propriétaire ou la population.
Son estimation est, à mon sens, une chose extrêmement compliquée, et ce, pour pas mal de raisons. Avant tout, la subjectivité dans un tel cas est prépondérante. Monsieur X ne verra pas un arbre avec le même oeil que Monsieur Y, c'est évident. De plus, un ressenti ne peut pas correspondre à un chiffre. Il ne s'agit pas d'une science exacte et mathématique. Enfin, la valeur sentimentale évolue au cours du temps: un site sans valeur, peut, pour tout un tas de raisons, devenir un lieu éminemment important pour moi, et ce du jour au lendemain.

Pourquoi attacher autant d'importance à la valeur sentimentale envers un bout de bois?

Dans certains cas, une évaluation de leur valeur sentimentale est indispensable pour déterminer, au mieux, leur valeur financière. Lors d'incendies, de guerres, de blessures, de dépérissements, de litiges, de mort liée à une pollution, et tant d'autres exemples encore, une estimation est nécessaire.

Il existe un certain nombre de méthodes très officielles et reconnues par la loi, mais elles sont très compliquées à mettre en oeuvre. Anne Bary Langer et Jean Paul Nebout ont d'ailleurs, dans leur ouvrage Evaluation financière des arbres d'agrément et de production, traité cet aspect de la chose. Le développer ici risquerait de vous assoupir devant votre écran.


En forêt, hélas, seule la valeur marchande est abordée (sauf cas exceptionnel). Pourtant, dans certains cas, prendre en considération la valeur sentimentale commune d'un lieu forestier et la mettre en valeur pourrait sans doute aider à mieux faire accepter certaines actions par le grand public (travaux d'aménagement, exploitation, ...).

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par Thibault publié dans : A méditer ...
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Lundi 5 novembre 2007
J'ai fait le plein de mon véhicule de fonction ce soir... 1,22 Euros à la pompe et 1,30 à partir de demain matin... Là, je dois dire qu'il y en a marre. 

Rendez vous compte: mon employeur a 12 engins forestiers (autant de chauffeurs), ce qui lui fait une facture mensuelle pour environ 30 000 litres de fuel... sachant que les tarifs au stère n'ont pas changé depuis bien longtemps... sachant aussi que les maisons de livraison appliquent bien souvent une majoration tarifaire liée à leur trajet dans les pistes à camion pour venir nous livrer. Et tant d'autres professions sont dans le même cas que nous.

Je ne sais pas combien tout ceci coûte à mon chef, mais j'en ai la chair de poule. En tout cas, une chose est sûre (ou presque): au rythme où vont les choses, encore un an et je peux aller pointer au chômage !

Mais qu'attend notre société pour se réveiller ? Personne ne voit qu'on va au mur ? Notre chef d'Etat se prend une augmentation de 140% (vive la France endettée!), son porte parole, habitant à quelques centaines de mètres de l'Elysée, se permet de venir travailler en voiture, la ministre de l'économie se donne bonne conscience en nous incitant à enfourcher nos vélos (facile quand on vit à la campagne!). De qui se moque-t'on ?

Au départ je n'étais pas pour les mouvements sociaux... Mais si cela peut permettre de mettre quelques uns de nos hauts placés au chômage, je suis pour.

Tiens, d'ailleurs, une petite idée: pourquoi nous, les forestiers, ne nous mettrions pas à bloquer à notre tour les axes routiers avec nos engins? C'est pas facile à bouger une machine d'abattage qui fait une vingtaine de tonnes!

Non, vraiment, j'en ai marre de penser que ma profession va droit au mur à cause d'un Etat corrompu, qu'il soit de droite ou de gauche. Je vais même jusqu'à croire que nous sommes gouvernés par des nantis qui, vivant aux frais de la Princesse, n'imaginent même pas ce qu'une certaine classe de la société endure pour arriver à vivre correctement (je parle notamment de celle qui travaille plus pour gagner plus).

Ce coup de calgon (comme le dit si bien mon grand frère ;-) ) n'est pas une critique gratuite à un gouvernement uniquement capable de réformer par la taxation de bas étage. C'est une alerte lancée à toute une filière qui va, dans les mois à venir, connaître une crise grosse comme une abatteuse si personne ne fait rien. A bon entendeur...

par Thibault publié dans : A méditer ...
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Mercredi 12 septembre 2007
DSC-0058.JPGLe développement durable, l'écologie, l'environnement... bien des mots pour dire tant de choses identiques, et tous sont parfaitement rentrés dans le vocabulaire courant de chacun de nous.

D'un point de vue politique, ces thèmes sont primordiaux (enfin, il paraît). Il faut mener une politique verte, il faut agir pour la planète, nous avons signé le traité pour l'environnement... Que de choses que nous entendons sans cesse dans nos médias. 

Côté front, on essaie de mener le combat sur les carburants (enfin, c'est ce qu'ils disent), on prétend essayer d'agir sur les gaz à effet de serre, on cherche à mener une bonne politique de l'eau, on parle de l'agriculture, ... Mais ne voyez vous pas une absente dans tout ceci? Il me semble que notre filière si verte n'est jamais mentionnée, nul part. On nous aurait oubliés?

Il est vrai que nous ne représentons que peu de monde dans ce beau pays qu'est la France. Et puis qui est au courant qu'il existe une filière bois active? Pourtant, il me semble que nous aurions les moyens d'agir, dans beaucoup de domaines: sylviculture, aménagements, découvertes et sensibilisation, etc.

Finalement, c'est un peu agaçant tout ça. Nous avons la chance d'avoir un outil extraordinaire et prêt à l'emploi chez nous, mais personne n'en prend conscience. Le peu de monde qui souhaite croire en la forêt pense dans le mauvais sens: surtout, ne coupez plus de bois, c'est le poumon vert...

Oui, alors on nous laisse au placard, et peut être qu'un jour quelqu'un tombera sur nous et se servira de nous dans la lutte pour la planète.
par Thibault publié dans : A méditer ...
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