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Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...
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Nous sommes à une période un peu charnière en sylviculture: des investissements massifs en matériel de récoltes ont eu lieu ces dernières années, et dans le même temps, les problèmes sanitaires sont assez conséquents, obligeant les gestionnaires à effectuer des coupes rases conséquentes, réduisant ainsi les potentiels de coupes de l'avenir (sans parler pour autant de déforestation).A mon avis, certains organismes de gestion n'ont pas du tout compris ce phénomène et risquent de se laisser surprendre par le manque de ressource à envisager: les gestionnaires essaient de plus en plus de rationaliser les coupes, de manière à pérénniser la ressource, permettant ainsi de palier à un creux éventuel dans la production de la ressource bois .En effet, la quantité de bois exploitable en France n'est pas linéaire dans le temps: selon les régions, certaines années, les quantités de bois mis en coupes seront plus importantes que d'autres, pour des raisons très aléatoires, comme les problèmes sanitaires, les âges de plantation, etc... Répartir les coupes de manière précise sans augmenter le parc de matériel d'exploitation permet ainsi de maintenir une surface constante (ou à peu près) d'une année sur l'autre pour un engin d'exploitation.
C'est pour cette raison que je pense que certains gestionnaires risquent d'avoir de graves problèmes d'ici quelques années: leurs surfaces à exploiter sont quasi identiques d'une année à l'autre, mais dans le but de répondre à une demande de matériau de plus en plus forte, ils augmentent le parc de matériel. Cela peut avoir plusieurs conséquences assez graves sur notre filière, au moins à une échelle locale:
- Cela engendre une prise de risque mal évaluée par les entrepreneurs souhaitant investir pour répondre à cette demande des coopératives et autres organismes;
- Un appauvrissement local et temporaire en ressource bois, risquant de réduire le potentiel des coupes pour un entrepreneur et pouvant engendrer une concurrence excessive entre les acteurs de l'exploitation (cela se produit déjà dans le Limousin par exemple, entraînant une chute des tarifs de l'exploitation);
- Ce même appauvrissement risque d'être accentué en cas de problème sanitaire grave (attaque massive d'insectes, tempête, sécheresse estivale trop intense);
- En cas de crise temporaire, énormément de monde risque de perdre une situation (emploi; revenus liés au commerce du bois, ...);
- Un déséquilibre sylvicole lié à une nécessité de fournir du travail à des machines de production (éclaircies trop précoces, trop intensives, mal faites).
Que faire pour éviter ces risques potentiels?
Je crois qu'on pourrait trouver trois points d'ancrage à des solutions:
- D'une part la législation: il serait toujours possible de créer une sorte de quota de mécanisation par secteur ou région forestière. Cela permettrait de rationaliser l'expansion de la mécanisation et donc de pérénniser la ressource;
- D'autre part, les entrepreneurs eux, devraient "s'autolimiter" concernant leurs investissements, de manière à freiner les ardeurs des gestionnaires faisant la course au bois;
- Enfin, une "auto modération" de la part des organismes de gestion serait aussi une excellente chose: certains l'appliquent déjà, mais quelques gros gestionnaires restent encore dans une position de récolte à grande vitesse.
A mon humble avis, le mieux serait tout de même de légiférer. Il est vrai que cela donnerait un peu de travail à nos élus (tant pis pour eux), et que ça ferait une loi supplémentaire, mais au moins, les règles seraient très claires.
Attention: ce message n'est pas là pour montrer du doigt un début de déforestation, mais plutôt pour dénoncer un manque de raison de la part de certains négociant, ne pensant pas assez aux problèmes pouvant survenir à court terme, et préférant mettre à disposition le plus rapidement possible toutes leurs ressources sans se soucier des personnes qui dépendent directement de leurs décisions.
par Thibault
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