Bienvenue


Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

N'hésitez pas à commenter, poser vos questions, proposer vos débats, exposer vos critiques, ... et tant de choses encore! Sylvasphere est un blog qui se veut ouvert d'esprit!
Vendredi 15 juin 2007
Hier j'ai publié un article sur les bénéfices de l'exploitation forestière sur le rôle de puits à carbone du milieu forestier.


Suite à cet article, David a publié ce commentaire:

Si j'ai bien compris, plus on exploite un bois jeune, plus il a de chances de terminer en flamme et donc de rendre son CO2, et plus on utilise un bois matûre, plus il reste à l'état de matériau et stock le CO2?

Mais qu'en est-il de l'industrie de transformation de ce bois? Comment prendre en compte le CO2 généré par cette industrie? Y a-t-il une corrélation entre le type de bois et le dégagement de CO2?

Merci de ta réponse, si elle est possible...



Question très légitime, et très intéressante. Alors qu'en est-il?

L'industrie du bois démarre au niveau de l'exploitation et fini à l'assemblage des produits finis (2° transformation).



    - L'exploitation forestière: il existe deux méthodes d'exploitation, manuelle et mécanisée. L'exploitation manuelle est peu polluante, du moins, en apparence. Les productions de gaz à effet de serre des tronçonneuses sont faibles, cela étant, ramené à la production d'une machine d'abattage, la consommation de carburant serait similaire. Côté exploitation mécanisée, il est évident que les consommations de carburants sont élevées (150 litres par jour environ), mais si les rendements sont assez élevés, le ratio "consommation de fioul / quantité de bois coupée" devient raisonnable. Il vaut mieux brûler 1 litre de fioul pour 3 stères coupées, plutôt que l'inverse. Malheureusement, les biocarburants se font attendre, ce qui est regrettable. Concernant les lubrifiants, les pertes sont faibles si la maintenance de l'engin est bonne. Cela dit, un projet de loi est en cours et rendrait l'utilisation des biolubrifiants obligatoires à partir de janvier 2008 pour les engins d'exploitation forestière. Bien que le prix au litre soit nettement plus élevé, leur coût, une fois ramené à la production ne devrait pas avoir une incidence énorme sur le budget d'une entreprise de travaux forestiers.
Revenons à la consommation de carburant. Une chose est importante: la consommation dépend énormément du type d'exploitation. Lorsque les bois ont un diamètre de 40 à 45 cm, la consommation de carburant est à son minimum par rapport à la production. En revanche, plus on s'éloigne de cette valeur, plus la consommation devient importante une fois rapportée à la production. De même, lorsque l'exploitation se fait en bois de grandes longueurs, la consommation de fioul diminue.


    - Le transport du bois: Cette partie est l'une des plus importantes concernant le poste carburant, à un tel point que le transport devient une véritable problématique pour les acheteurs de bois. Pour essayer de compresser les dépenses de carburant au maximum et pour limiter les dégagements de polluants, les transporteurs ont mis au point des techniques logistiques parfois très poussées (voir cet article). L'une d'elle, utilisée par beaucoup d'exploitant à fait ses preuves depuis longtemps. Il s'agit du transport en bois longs. L'avantage est le suivant: à vide, le camion est plus léger qu'un camion normal, car il est rétractable. Au retour, le poids est identique à un camion plein, mais il transporte plus de bois, pour des raisons de foisonnement, et de poids initial. Donc, dans ce cas, les consommations de carburant ramenées à la quantité de bois transportée est intéressante.


    - La transformation du bois: Concernant les papèteries, la pollution est assez importante, car ces structures sont utilisatrices de solvants et autres produits chimiques pour blanchir le papier, le traiter, ... ATTENTION: qu'il s'agisse de papier recyclé ou de bois, le process de production est tout aussi polluant!
Concernant les scieries, la pollution est limitée: bien souvent, les chaines de transformation utilisent l'énergie électrique, l'énergie thermique provient du recyclage des déchets de scierie qui sont brûlés. Après, la consommation d'énergie dépend de la taille des pièces sciées: plus les pièces sont grosses et longues, moins les unités de scierie consomment d'énergie.
Dans toutes les unités de transformation il existe des parcs de stockage de bois. Lorsque ceux-ci utilisent la méthode de conservation sous aspersion, les eaux utilisées sont récupérées pour éviter l'épandage de tanins dans les rivières, et pour limiter les consommations d'eau.


Dans tous les cas, l'utilisation d'énergie est indispensable à la transformation du bois, et plus la transformation se fait sur des bois longs et gros, moins il y a de dépense énergétique. Enfin, je crois que le plus important est le ratio "consommation d'énergie / production lors de la transformation". Plus ce ratio est faible, mieux c'est.

Enfin, depuis quelques années, compte tenu des obligations environnementales des scieries, elles cherchent bien souvent l'autonomie énergétique, mais cela n'est pas évident à atteindre. Sans doute un jour y arriveront-elles...
par Thibault publié dans : Tours et détours en forêt
recommander

Commentaires

Merci Thibault de cette réponse à la fois rapide et intéressante. J'y trouve ce que je cherchais ;-) A bientôt!


PS: Ton blog est vraiment passionnant...

commentaire n° : 1 posté par : David (site web) le: 15/06/2007 16:02:38
Merci beaucoup pour le compliment!

Me concernant, j'aime beaucoup les commentaires me permettant d'aprofondir le débat avec les lecteurs. Alors n'hésitez surtout pas!
réponse de : Thibault (site web) le: 15/06/2007 16:08:14

TU ES TAGUE !!


+ d'info sur mon blog ;)


m.

commentaire n° : 2 posté par : Maxence nouvoblog(diog)(tom-brad) (site web) le: 16/06/2007 14:52:23
Bonjour,

Je suis à la recherche d'éléments chiffrés concernant les
consommations d'énergie et/ou émissions de GES engendrés
directement par l'exploitation forestière : depuis les
travaux sylvicoles (plantations, régénération naturelle,
etc) jusqu'à l'exportation du bois hors forêt.

Ta réponse m'a beaucoup intéressé : elle contient un
aperçu des éléments qui m'intéressent précisément.

Connaîtrais-tu des études ou des sources biblio qui évoquent
ces aspects et tentent de les quantifier, et pourrais-tu me
les indiquer ?

Je sais que ramenés aux gains de stockage de carbone dans le
bois et ses produits et aux gains dûs aux substitutions à
des produits pétroliers, les valeurs de consommation de la
phase d'exploitation sont faibles. Mais j'ai du mal à trouver des valeurs précises.

En te remerciant par avance pour ta réponse,

Vincent
commentaire n° : 3 posté par : Vincent le: 18/04/2008 21:43:22

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article

Adresse de trackback pour cet article :

http://ann.over-blog.com/trackback.php?ref=541020&ref_article=6800967
ajouter un commentaire créer un trackback

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Toujours utile ..


Enter your email address:

Delivered by FeedBurner



Pour ceux qui souhaiteraient faire de la promotion pour Sylvasphere avec le bouton suivant

Sylvasphere

Coller le code suivant dans votre blog :


Voici mon p'tit côté Influenceurs ...
Consommez du bois !
Recommandé par des Influenceurs

Du flux !!!

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
blog poésie sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus