Texte Libre

Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...
N'hésitez pas à commenter, poser vos questions, proposer vos débats, exposer vos critiques, ... et tant de choses encore! Sylvasphere est un blog qui se veut ouvert d'esprit!
Ces derniers jours, j'ai eu l'occasion de voir à plusieurs reprises des articles sur les biocarburants. Ceci est tout à fait normal, étant donné l'inquiétude - justifiée - quant à l'après pétrole... Cependant, je suis tombé, dans une même journée, sur deux articles évoquant les possibilités de l'utilisation du bois à des fins de production de biocarburant. Le premier billet lu provenait du Blog Energie. Le second était paru dans un quotidien régional, La Montagne, présentant un projet, en cours de réalisation, d'une "cité de l'agrocarburant" à Commentry (Allier). Dans un cas comme dans l'autre, le matériau bois est mis en avant pour une éventuelle transformation en biocarburant. Ceci viserait à mieux valoriser la matière, selon le Blog Energie, qui maintient que la ressource est gâchée lorsqu'on peut voir des rémanents sur les coupes... A mon avis, ce n'est pas évident du tout: laisser les rémanents sur place permet un retour de matière au sol non négligeable. En priver le sol serait sans doute une grave erreur.
Pour en revenir à la cité de l'agrocarburant, il s'agirait d'un site de production d'énergie à grande échelle, qui desservirait des structures type industries, par exemple. Puis, à long terme, le bois serait gazéifié, puis liquéfié, pou constituer de l'agrocarburant de synthèse... Pourquoi pas ... Après tout, tous les moyens ont bons pour parvenir à produire de l'énergie dite propre. Cela étant, quelque chose me gêne un peu. Faire du biocarburant avec de la matière ligneuse, je trouve ça une bonne idée... Mais quand je pense à la quantité qu'il faudrait produire pour que cela devienne intéressant (financièrement j'entends. N'oublions pas que nous sommes humains quand même), alors là, je me demande où les transformateurs vont trouver la matière: je pense qu'il faut une quantité de bois relativement importante pour produire un litre de biocarburant. Toujours concernant l'approvisionnement, il me paraît totalement inconcevable d'utiliser des bois bruts, issus directement de l'exploitation (la perte est trop importante, autant utiliser ces produits à d'autres fins telles que le sciage ou la papèterie).
Alors que penser de ce type de projet ? Eh bien personnellement, j'ai deux points de vue assez distincts:
- Tout d'abord, je suis conscient du besoin que l'on a de trouver des solutions à l'après pétrole. Effectivement, produire une énergie à base de matériau tout à fait renouvelable, c'est une bonne idée. Continuons dans ce sens, et tout ira bien.
- Puis, avec du recul, je pense au rendement matière de cette fameuse production de carburant à base de bois. Il me paraît tout à fait utopique de produire des carburants en quantité intéressante avec le bois. Sans parler que d'un point de vue filière, cela risque de coincer : Produire avec des billons, vous allez vous mettre à dos les scieurs et papetiers; produire à l'aide de sciure, vous empiétez sur le bois énergie pour le chauffage; produire avec de la plaquette, les papetiers vont s'arracher les cheveux car vous piochez dans les réserves de matières peu chères...
Et vous, de quel oeil voyez vous ce type de projet, tout à fait intéressant, mais un peu utopique ?
Commentaires
Un petit commentaire pour confirmer ton inscription sur la liste des blogs Premium. Faut pas hésiter à revenir régulièrement sur le fil de discussion pour faire des propositions et alimenter le projet. Le recensement en lui-même n'est que l'amorce.
@ bientôt
Pour ma part, je ne crois pas aux agro-carburants car leur pouvoir énergétique est faible (à part la canne à sucre), mais que ce soit le bois, le colza, la betterave, la pomme de terre et tout ce qui a été expérimenté, il faudrait des surfaces énormes qui supprimeraient les cultures vivrières ou les forets... Par contre, pour éliminer "intelligeamment" des déchets, certainement. Pour moi l'avenir n'est pas là, ce sera toujours une production d'appoint.
J'ai entendu aux infos ce week-end que pour la première fois, à New-York, le prix du lait est supérieur au prix de l'essence... pourquoi un tel phénomène?
Le maïs, nourriture de nos chers ruminants, est très demandé pour la production de bio carburants aux US... Donc, la marchandise se raréfie et les prix montent, impactant toute l'économie basée sur ce produit...
Et cela n'est pas fini, on prédit des hausses de prix significative des filières fromages, yaourts... bref toute l'industrie laitière est concernée.
J'en reviens donc à mon argument: on ne peut pas prélever sur une économie éxistante la ressource nécessaire à la création d'une nouvelle économie. Il faut repenser et créer un nouveau modèle si on ne veut pas déstabiliser et être efficace par rapport à l'objectif fixé.
Trackbacks
Aucun trackback pour cet article










Je pense que ce type d'innovation est dangereuse pour l'économie du bois dans sa globalité...
Prélever de la matière, abondante certes, mais sans doute pas en excès suffisant pour remplacer le pétrole, déstabiliserait la notion d'offre et de demande de celle-ci et verrait donc les prix monter en flèche pour toute la filière...
La seule solution envisageable me semble être la création d'une nouvelle industrie, intégrée, avec une production exclusivement dédiée au biocarburant. Cela permettrait de ne pas déstabiliser des marchés existants et déjà fragile (on sait que quand la Chine éternue, le monde s'enrhume... Ainsi, la Chine s'équipe? Envolée des prix de l'acier...avec des répercutions sur la totalité des produits fabriqués avec cette matière première partout dans le monde...) Cette nouvelle filière, pour avoir un sens, doit être raisonnée à l'échelle mondiale.
Il faut, par exemple, partir des biocarburants d'origine agricole. On pourrait produire du colza ou autre en remplacement de toutes ces parcelles en surproduction que l'on subventionne afin de maintenir à flot les exploitations.
Et seulement à partir des surplus de cette économie, on pourrait chercher des marchés dérivés... pas l'inverse...
Qu'en pensez-vous?