Bienvenue

Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...
N'hésitez pas à commenter, poser vos questions, proposer vos débats, exposer vos critiques, ... et tant de choses encore! Sylvasphere est un blog qui se veut ouvert d'esprit!
J'ai été mis au courant, ce week end et tout à fait par hasard, d'une réforme à venir du BTSA Gestion Forestière pour la rentrée 2008. Réforme
assez floue je dois dire, puisque très peu de notes circulent à ce sujet, y compris sur le site du ministère de l'agriculture (chargé de ses formations). Donc autant vous dire qu'il n'est pas
évident d'avoir des informations. Commençant à me connaître, vous aurez bien compris que je n'en resterai pas là, et que j'ai d'ores et déjà contacté le ministère pour en savoir un peu plus à ce
sujet. J'attends pour le moment la réponse, et je vous transmettrai les informations utiles à ce sujet.
Cela étant dit, voici ce que j'ai pu comprendre sur une note de la CGT intitulée Compte rendu Groupe de travail Rénovation BTSA GF (cette publication date de septembre dernier):
A mon sens, si ce projet est mené à bien, il ne peut qu'être néfaste à la filière des formations agricoles : ces trois formations sont radicalement différentes par leur contenu, mais aussi par leur vision des choses.
Le souci majeur est qu'en réalité, il s'agit de formations au contenu très pointu et dense. Par conséquent, aménager les temps d'apprentissage est un réel danger pour la réalisation d'une formation de qualité : pour avoir suivi un BTSA GF, je vois mal comment les thèmes techniques abordés peuvent être condensés, et comment ils peuvent être assimilés dans de bonnes conditions. Deux ans de formations étaient déjà, à mon avis, presque trop peu !
Concernant l'aspect "philosophique" des formations, c'est un réel problème : si les BTS Aménagement paysager et Protection de la Nature peuvent cohabiter (et encore, je demande à mes lecteurs concernés leur avis), le BTSA GF, lui, est totalement incompatible avec ces deux voisins. Ce dernier est avant tout une filière dite de production, soit tout le contraire des deux premiers. Cela veut donc dire que dans une même promotion, les gens pourront apprendre tout et son contraire (bien que les modules soient bien distincts et choisis au préalable).
Le risque est donc de mettre en "conflit" des personnes aux visions radicalement opposées (bien souvent, les premiers sont contre une vision productive des espaces naturels), mais aussi de créer une sorte de confusion des contenus.
Quel peut donc être l'objectif de notre ministère de tutelle ?
A dire vrai, j'ai beaucoup de mal à percevoir les effets positifs de cette réforme. Je crois surtout que l'objectif non affiché du gouvernement est de déboucher une filière qui est, aujourd'hui totalement obstruée: après les tempêtes de 99, les candidats au BTS GF ont nettement augmenté, créant un effet entonnoir à la sortie des écoles, avec un nombre de postes beaucoup trop faible par rapport aux heureux élus. Mélanger les formations permettrait donc d'avoir des spécialistes plus "pauvres" en connaissances au nom d'une soit disant polyvalence bénéfique pour les postulants.
Concernant d'autres objectifs plus ou moins clairs, j'attends d'avoir la réponse du ministère pour les exposer.
Une chose est sûre : le BTSA ne va pas être mis en valeur avant longtemps comme beaucoup l'espèrent ! Alors que beaucoup de diplômes se sont alignés sur le système Licence - Master - Doctorat, les BTSA restent encore des formations à niveau Bac+2, et sont donc mal reconnus au niveau européen. Une réforme en ce sens serait la bienvenue, d'autant que le contenu du GF est extrêmement dense!
Cela étant dit, voici ce que j'ai pu comprendre sur une note de la CGT intitulée Compte rendu Groupe de travail Rénovation BTSA GF (cette publication date de septembre dernier):
- L'objectif est de diminuer le nombre d'options disponibles au niveau des BTSA en regroupant les trois options existantes à savoir Aménagement paysager, Gestion et Protection de la Nature et Gestion Forestière.
- L'architecture même du BTS va donc évoluer, avec 1/4 du temps consacré à un tronc commun des formations, et le reste consacré à des spécialisations professionnelles.
A mon sens, si ce projet est mené à bien, il ne peut qu'être néfaste à la filière des formations agricoles : ces trois formations sont radicalement différentes par leur contenu, mais aussi par leur vision des choses.
Le souci majeur est qu'en réalité, il s'agit de formations au contenu très pointu et dense. Par conséquent, aménager les temps d'apprentissage est un réel danger pour la réalisation d'une formation de qualité : pour avoir suivi un BTSA GF, je vois mal comment les thèmes techniques abordés peuvent être condensés, et comment ils peuvent être assimilés dans de bonnes conditions. Deux ans de formations étaient déjà, à mon avis, presque trop peu !
Concernant l'aspect "philosophique" des formations, c'est un réel problème : si les BTS Aménagement paysager et Protection de la Nature peuvent cohabiter (et encore, je demande à mes lecteurs concernés leur avis), le BTSA GF, lui, est totalement incompatible avec ces deux voisins. Ce dernier est avant tout une filière dite de production, soit tout le contraire des deux premiers. Cela veut donc dire que dans une même promotion, les gens pourront apprendre tout et son contraire (bien que les modules soient bien distincts et choisis au préalable).
Le risque est donc de mettre en "conflit" des personnes aux visions radicalement opposées (bien souvent, les premiers sont contre une vision productive des espaces naturels), mais aussi de créer une sorte de confusion des contenus.
Quel peut donc être l'objectif de notre ministère de tutelle ?
A dire vrai, j'ai beaucoup de mal à percevoir les effets positifs de cette réforme. Je crois surtout que l'objectif non affiché du gouvernement est de déboucher une filière qui est, aujourd'hui totalement obstruée: après les tempêtes de 99, les candidats au BTS GF ont nettement augmenté, créant un effet entonnoir à la sortie des écoles, avec un nombre de postes beaucoup trop faible par rapport aux heureux élus. Mélanger les formations permettrait donc d'avoir des spécialistes plus "pauvres" en connaissances au nom d'une soit disant polyvalence bénéfique pour les postulants.
Concernant d'autres objectifs plus ou moins clairs, j'attends d'avoir la réponse du ministère pour les exposer.
Une chose est sûre : le BTSA ne va pas être mis en valeur avant longtemps comme beaucoup l'espèrent ! Alors que beaucoup de diplômes se sont alignés sur le système Licence - Master - Doctorat, les BTSA restent encore des formations à niveau Bac+2, et sont donc mal reconnus au niveau européen. Une réforme en ce sens serait la bienvenue, d'autant que le contenu du GF est extrêmement dense!
Commentaires
Trackbacks
Aucun trackback pour cet article









C'est vrai qu'au delà de la formation même, j'ai l'impression qu'il y a aujourd'hui un amalgamme entre gestion forestière et protection de la nature. Quand j'ai dit à mon père que je voulais m'inscrire en GF il m'a dit "tu veux faire quoi ? Bosser au Parc Naturel, compter les oeufs de grands tétras, baliser les chemins de vtt ?" Dans le genre encouragement on fait mieux, surtout de la part de quelqu'un qui a toujours eu a s'occuper de sa propre forêt.
On dirait que la population se divise principalement en deux parties. Celle qui veut protéger les petites fleurs contre les méchantes tronconneuses (qui font du bruit et qui fument pour ne rien arranger) et la caste de ceux qui possèdent la forêt et qui pensent que la bonne connaissance de ce milieu se transmet uniquement de manière héréditaire (hérédité génétique ou institutionnelle).
Ce qui me dérange, c'est le décalage entre l'importance de la filière pour la population et la méconnaissance monstrueuse dont elle est victime. On dirait que ce paradoxe est bien traduit par les hésitations perçues au niveau de la rénovation de la formation.
@ Laurent-Philippe
Cette différence de point de vue est, au départ, créée par les médias: lobby affiché pour les papetiers, niant les bien-faits de la gestion forestière, des journalistes persuadés de défendre la bonne cause en pointant du doigt le système français (un exemple d'ailleurs dans L'Express de la semaine du 6 au 12 décembre où la réalisatrice du dossier "Leurs solutions pour sauver la planète", Marion Festraëts, pointe du doigt dans au dessous du témoignage de Wangari Maathai "une destruction de la forêt qui met en péril son rôle clef d'absorbeur de carbone" photo d'une exploitation forestière dans les Landes de Gascogne à l'appui!), mais aussi des spots télé n'aidant pas à l'amélioration de notre image.
Par conséquent, les acteurs mêmes des différentes filières en viennent à se mépriser!
Sans doute que l'Etat souhaite ménager la chèvre et le chou en regroupant les filières opposées.
Concernant ma propre expérience, j'ai aussi eu le droit à certains amalgames concernant mon métier et mes études de forestier: "tu vas surveiller les arbres?"; "c'est bien, tu vas empêcher la déforestation en France!"; "Tu vas travailler à l'ONF, c'est super..."