Dimanche 15 juillet 2007
J'ai reçu cette semaine le dernier numéro du Journal de la Mécanisation Forestière. Numéro passionnant dans lequel j'ai pu lire l'analyse de l'une des dernières études de l'AFOCEL intitulée "Des cloisonnements d'exploitation pour réduire l'impact au sol". Je vais vous épargner la totalité de l'étude pour en venir aux conclusions de l'AFOCEL: les cloisonnements d'exploitation sont absolument indispensables si l'on veut éviter la détérioration des sols forestiers...
Figurez vous que sur le coup je suis resté sans voix... oui, sans voix. Car en fait, dans cette étude, l'AFOCEL a enfoncé une grande porte ouverte! La première chose que l'on vous apprend en sylviculture est que la présence de cloisonnements d'exploitation est indispensable pour la récolte du bois ainsi que pour la protection des sols. Alors pourquoi cette étude? Je ne comprends pas très bien pourquoi un organisme aussi réputé que l'AFOCEL, organisme chargé de réaliser des études scientifiques en forêt, a réalisé une étude complète sur la nécessité de la présence de cloisonnements alors que ce principe est connu depuis plusieurs décennies.
Après une petite analyse personnelle, j'ai fini par arriver à dégager quelque chose de cet article: j'ai passé près de quatre mois dans cet organisme, et j'ai pu voir de quels horizons venaient les personnes qui y travaillent. En réalité, un certain nombre de ces gens n'est pas issu de formations forestières, mais agricoles. On a donc affaire à des techniciens et ingénieurs qui, parfois, n'ont pas du tout la notion de terrain en forêt. De fait, certaines de leurs conclusions, comme celle exprimée au début de cet article, sont tout à fait connues et appliquées de longtemps par toutes personnes travaillant en permanence sur le terrain. Parfois, certains résultats ne relèvent que de la théorie et restent inapplicables en forêt (je pense à certaines études auxquelles j'ai participé lors de mon passage au sein de l'organisme).
Cela étant dit, je continue à penser que l'AFOCEL a un grand rôle à jouer dans la filière forêt-bois-papier française, notamment pour ce qui relève de la sylviculture de certaines essences. En revanche, je me permettrais de dire qu'à mon avis, pour gagner en efficacité, les recrutements effectués devraient plus facilement offrir des postes à des personnes de terrain (anciens techniciens, commis de coupes, conducteurs de machines, ...), ce qui leur permettrait parfois d'avoir des résultats collant plus à la réalité de la filière.
par Thibault
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