Texte Libre


Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

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Dimanche 23 novembre 2008

Bien qu'ayant vu le reportage le jour de sa diffusion, je n'ai pas eu le temps de vous en faire part avant ce soir.


Le 20 novembre dernier, le journal télévisé de 20 heures comprenait une enquête de quelques minutes sur la forêt française, son fonctionnement et son avenir. Bonne chose, puisque le reportage allait dans le bon sens, montrait assez bien son fonctionnement sans forcément trop entrer dans les détails techniques. Seules quelques petites erreurs à signaler tout de même, notamment sur la soit-disant "disparition des bûcherons", qui n'est pas à l'ordre du jour : bien que la mécanisation gagne du terrain constamment dans le domaine de l'exploitation, les bûcherons ont de beaux jours devant eux, avec des travaux à réaliser de plus en plus intéressants et techniques (ce que ne peuvent pas faire les machines, comme les très gros bois).


Voici le lien de la vidéo, qui devrait être disponible pendant une ou deux semaines.

par Thibault publié dans : Communication
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Dimanche 9 novembre 2008
Surexploitation ? Recherche de bois au dessous des prix du marché ? Ou simplement prévention des risques liés aux aléas climatiques et sanitaires ? Trois questions, de la plus courante à la moins posée, qui concernent l'exploitation à blanc des parcelles qui mériteraient encore plusieurs éclaircies et qui ne rencontrent pas de problèmes sanitaires apparents.

Il est vrai que la coupe rase de telles parcelles est souvent décriée.
Et effectivement, beaucoup voient dans ce procédé une belle opportunité de récolter des bois de faibles diamètres en grande quantité pour un investissement très faible, avec une rentabilité assurée pour les entrepreneurs (grâce aux rendements de la coupe rase), et assurés d'en sortir des billons de sciage de bonne qualité en grande quantité. Pourtant, parmi tous les cas que l'on peut rencontrer, certains méritent réellement une exploitation à blanc sans avoir à craindre une volonté de tirer du profit plus que de faire de la sylviculture.


L'exploitation à blanc de jeunes parcelles permet parfois de devancer de graves problèmes sanitaires.


Prenons l'exemple concret de deux parcelles juxtaposées. L'une des deux est en âge d'être rasée puisque l'objectif de dimensions des arbres est atteint. L'exploitation est donc réalisée avec succès. La seconde parcelle est plus jeune, avec des bois de faibles dimensions. La première éclaircie a eu lieu il y a au moins dix ans, et il serait sans doute le moment d'en réaliser une seconde. Seulement voilà, ces deux parcelles sont situées sur une colline exposée à tous les vents. La face mise en lumière grâce à la coupe rase de la première parcelle est exposée plein sud, soit le vent dominant.

Le propriétaire de la jeune parcelle a été prévenu que s'il la laissait en place, elle risquait d'être touchée par les vents violents, et que les dégâts seraient considérables. Peu importe, les prix du bois sont trop faibles pour le moment, et ce même propriétaire préférerait réaliser une éclaircie douce en attendant la hausse des tarifs.
Hélas, deux jours après la fin de la coupe rase, c'est à dire il a un peu plus d'une semaine, une tempête touche la région, venant du sud, avec des pointes à 110 km/h. Voici le résultat :





Tout ceci pour dire que dans certains cas, il est préférable de raser une parcelle jeune, même à des prix faibles, plutôt que de la laisser en place et risquer de perdre une partie du capital en place.


Et que risque aujourd'hui cette parcelle endommagée ?


Maintenant qu'elle a subi des cassures d'arbres, plusieurs pathogènes peuvent s'introduire : d'une part les pourridiés, ou champignons. Ils vont germer au niveau des tranches des arbres fracturés, et risquent de se répandre par les systèmes racinaires, donc fragiliser le reste du peuplement. D'autre part, les insectes : un peuplement affaibli est un formidable terrain à coloniser pour les scolytes et autres insectes s'attaquant au bois.

En conséquences, un peuplement qui avait une valeur - certes faible - avant la coupe voisine, devient une parcelle sans valeur, sans avenir, qui n'intéressera plus d'acheteur et négociants en bois. Elle devient donc presque invendable.
Enfin, s'il existe des parcelles proches de ce "bouillon de culture", il faut penser qu'il risque d'y avoir des effets de contamination importants.


En guise de conclusion, si vous êtes propriétaire, réfléchissez à ceci : tous les marchands de bois ne sont pas des voleurs. S'ils vous proposent d'exploiter des parcelles qui auraient encore un peu d'avenir, réfléchissez. Il y a parfois se bonnes raisons pour raser une jeune parcelle. L'essentiel n'est pas de savoir si les marchés actuels du bois sont bons ou non. Projetez-vous dans l'avenir, et essayez de voir si vos peuplements ont encore de beaux jours devant eux ou non.

par Thibault publié dans : Thèmes à débats
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Lundi 3 novembre 2008
Conforama, grande marque de distribution de mobilier bois, a publié le 20 octobre dernier un communiqué de presse concernant la signature d'un partenariat pour la création d'un ''puits à carbone'' dans l'Isère ayant pour objectif de lutter contre les gaz à effet de serre.

Avant de vous livrer mon analyse, je vous invite à lire le communiqué.

Après une première lecture qu'en pensez vous ? Très personnellement, sur le moment, j'ai été très enthousiasmé par la volonté de Conforama d'afficher leur politique d'intégration de leur activité dans le milieu forestier.

Mais à froid, mon analyse est tout à fait différente : si la volonté d'intégrer son activité à la forêt est bonne, la méthode et l'outil ne sont, à mon avis, pas très bien choisis.
En lisant le communiqué entre les lignes, j'ai eu la sensation que Conforama s'excuse d'utiliser du bois dans son activité en coupant des arbres, et que, pour se déculpabiliser, il faut en planter d'autres.

Je pense que cette méthode découle de deux problèmes :
d'une, le public exerce une pression de plus en plus forte auprès des marques pour tout ce qui touche à l'écologie et la politique environnementale des groupes concernés. De deux, les responsables de l'image de Conforama sont sans doute très mal informés sur le fonctionnement de la filière bois. Ils n'ont peut être pas conscience que par le simple fait d'utiliser du bois issu de forêts gérées durablement, ils agissent de façon écologique. De plus, il ne fait nul doute que le bois utilisé pour la fabrication des meubles de la marque est issu de ce type de forêt : dans la majorité des cas, les bois blancs (sapins, épicéas, ...) ont une sylviculture bien réglée qui permet leur renouvellement après récolte.

Là où cette campagne a un impact fort, et c'est beaucoup plus grave, c'est dans le fait qu'en agissant ainsi, Conforama renforce la mauvaise image de l'exploitation du bois dans l'esprit de sa clientèle en lui faisant indirectement comprendre que jusqu'alors, la marque utilisait du bois qui n'était jamais replanté, qui était donc issu de la déforestation, terme utilisé aujourd'hui par les ''écologistes'' pour le moindre arbre coupé dans une forêt.


Alors comment devrait communiquer la marque ?

Je pense qu'il aurait été plus judicieux d'expliquer à sa clientèle le processus de croissance d'une forêt, ses besoins en récolte raisonnée, et où se situe Conforama dans ce cycle (Quels sont les bois qu'utilise la marque et à quel stade de la forêt ils sont récoltés). Puis l'accent pourrait être mis sur l'engagement de Conforama dans l'utilisation de bois issu de forêts bien gérées, et éventuellement estampillé des labels reconnu internationalement, tels PEFC et FSC. Seulement voilà, cette méthode demande davantage de travail de recherche en communication, et plus de courage pour assumer un soutien éventuel à la filière de production du bois par rapport au consensus ''politiquement correct'' du '' 1 arbre coupé, 1 arbre replanté''.



Un mot sur les bois utilisés par les grandes marques d'ameublement

Le plus souvent, les grands distributeurs de mobilier bois utilisent du bois blanc. Ces bois sont généralement issus d'une filière de production, qui vise à cultiver le matériau tout spécialement pour l'industrie du sciage (dont l'ameublement), donc, par essence même, qui sont voués à être exploités. Cette destinée est la même qu'il s'agisse des bois français où ceux issus des grands pays industrialisés ayant une filière bois (pays scandinaves par exemple). On peut alors parler de bois issus de la gestion durable des forêts.

En revanche, certains distributeurs vendent des produits en bois exotiques, essentiellement pour l'ameublement extérieur. Rares sont ceux estampillés d'un label reconnu. Sachez que ces bois proviennent bien souvent de régions du monde où l'on peut parfois parler de déforestation à juste titre.


Il ne faut donc pas confondre la sylviculture des essences de nos pays dans un esprit de gestion durable et de renouvellement du patrimoine forestier, et l'exploitation à des fins purement marchandes de bois exotiques dont vous ne connaissez ni la provenance, ni le mode de gestion dont ils sont issus.
par Thibault publié dans : Communication
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