Texte Libre


Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

N'hésitez pas à commenter, poser vos questions, proposer vos débats, exposer vos critiques, ... et tant de choses encore! Sylvasphere est un blog qui se veut ouvert d'esprit!
Mercredi 28 novembre 2007

Douglas.JPGJusque là, Sylvasphere avait essentiellement traité la question "écologique" de la coupe d'un arbre : n'accentuons nous pas le phénomène de déforestation en exploitant les forêts, ne contribuons nous pas au réchauffement climatique ? Bref, des questions pouvant vous paraître inopportunes font pourtant parler beaucoup de monde.

Mais aujourd'hui, je souhaite parler d'un autre aspect de l'abattage de bois: sa valeur. La notion de valeur en forêt est quelque chose de très subjectif. Notre statut, notre attachement, son histoire, sa situation, et bien d'autres facteurs vont permettre à chacun d'attribuer une valeur à un bois, qu'elle soit sentimentale ou financière. Lorsqu'une tempête touche un pays entier comme en 1999, les propriétaires perçoivent une perte financière énorme alors que la population, dans son ensemble, s'émeut de ce qui vient d'arriver, et souhaite ne plus jamais revivre cet instant. Voilà où se situe la différence entre la valeur financière d'une forêt et sa valeur sentimentale aux yeux de chacun.

Valeur financière

C'est sans aucun doute la plus facile à attribuer. On se base sur des éléments précis, tels que la qualité du bois, son essence, la demande, ses dimensions, etc. Bien que chaque personne puisse percevoir différemment ces différents éléments, au final, la logique d'une approche financière reste la même.

La valeur d'un bois, d'une parcelle, peut être estimée à plusieurs occasions: ventes de bois, expertise suite à un litige, suite à une catastrophe naturelle (tempête par exemple), vente en temps que bien immobilier. Dans tous les cas, la juste valeur ne peut être estimée que par une personne de l'art. Il est très difficile, voire impossible pour le commun des mortels d'évaluer la valeur financière d'une forêt.


Valeur sentimentale

Dans la plupart des cas, cette valeur concerne les arbres d'agrément, ou alors les sites remarquables. Rarement une parcelle dite "classique" a une valeur sentimentale particulière pour un propriétaire ou la population.
Son estimation est, à mon sens, une chose extrêmement compliquée, et ce, pour pas mal de raisons. Avant tout, la subjectivité dans un tel cas est prépondérante. Monsieur X ne verra pas un arbre avec le même oeil que Monsieur Y, c'est évident. De plus, un ressenti ne peut pas correspondre à un chiffre. Il ne s'agit pas d'une science exacte et mathématique. Enfin, la valeur sentimentale évolue au cours du temps: un site sans valeur, peut, pour tout un tas de raisons, devenir un lieu éminemment important pour moi, et ce du jour au lendemain.

Pourquoi attacher autant d'importance à la valeur sentimentale envers un bout de bois?

Dans certains cas, une évaluation de leur valeur sentimentale est indispensable pour déterminer, au mieux, leur valeur financière. Lors d'incendies, de guerres, de blessures, de dépérissements, de litiges, de mort liée à une pollution, et tant d'autres exemples encore, une estimation est nécessaire.

Il existe un certain nombre de méthodes très officielles et reconnues par la loi, mais elles sont très compliquées à mettre en oeuvre. Anne Bary Langer et Jean Paul Nebout ont d'ailleurs, dans leur ouvrage Evaluation financière des arbres d'agrément et de production, traité cet aspect de la chose. Le développer ici risquerait de vous assoupir devant votre écran.


En forêt, hélas, seule la valeur marchande est abordée (sauf cas exceptionnel). Pourtant, dans certains cas, prendre en considération la valeur sentimentale commune d'un lieu forestier et la mettre en valeur pourrait sans doute aider à mieux faire accepter certaines actions par le grand public (travaux d'aménagement, exploitation, ...).

nti_bug_fck
par Thibault publié dans : A méditer ...
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 19 novembre 2007
Les machines actuelles nous offrent de plus en plus de possibilités en matière de conditions d'exploitation. Nous sommes donc de plus en plus amenés à travailler sur des terrains instables, pierreux, pentus. Il est donc indispensable pour un chauffeur de faire des choix quant à l'équipement de sa machine pour progresser le mieux possible dans son chantier, sans, pour autant, détériorer la qualité des sols.

Roues nues, chaînées, ou encore tracksées, voici les différentes possibilités qui s'offrent aux pilotes de machines.

Cet article n'a donc pas pour objectif de développer une thèse sur les conséquences pédologiques de l'utilisation de matériel lourds sur les sols forestiers, mais plutôt d'essayer de comprendre dans quels cas faut-il opter pour l'un ou l'autre de ces matériels.


Les roues nues

Un chantier, même pentu, ne nécessite pas forcément l'utilisation de chaînes ou tracks. A partir du moment où le terrain reste relativement régulier, stable, et où les voies de circulation permettent d'avoir un cheminement continu limitant ainsi les manoeuvres, la machine peut théoriquement travailler roues nues.


Les roues chaînées

Les chaînes sont avant tout un outil de franchissement. Autrement dit,
Fen--tre-du-Loup-148.jpgelles permettent d'améliorer l'adhérence de la machine, et de limiter ainsi l'impact de la machine sur le sol forestier. Ce matériel est le plus souvent indiqué dans des cas où le terrain est pierreux, meuble et profond, gras mais stable, et même dans la neige.

Sur un sol meuble ou gras, ce type d'équipement le brise en limitant le tassement. On peut alors observer un aspect de petites mottes de terre après le passage de l'engin. Malgré tout, un passage répété sur les mêmes traces creuse le sol de manière sensible.

Les chaînes ont souvent, à mon avis, un effet positif sur le travail en dévers. Tout en améliorant la stabilité de la machine, elles permettent aussi d'éviter les dérapages vers le bas de la pente, évitant ainsi à l'opérateur d'effectuer de nombreuses manoeuvres pour retrouver des trajectoires correctes.


Les roues tracksées

DSC-0094.JPGLeur rôle est souvent mal évalué. Nombreux sont les chauffeurs qui les utilisent dans une optique d'amélioration de la capacité de franchissement, et pourtant, leur utilisation peut présenter beaucoup d'autres avantages. Evidemment, leur présence permet d'avoir une adhérence nettement accrue, mais leur impact au sol étant beaucoup plus important que celui des chaînes, je pense que leur utilisation doit être limitée à d'autres contextes.
Leur qualité première, selon moi, est d'améliorer le comportement de la machine sur des sols instables, où un engin a plutôt tendance à s'enfoncer. Leur architecture est telle que la track agit comme une plaque sur la boue. Prenons l'image d'une main et d'un massif d'argile gorgée d'eau : sur ce massif, enfoncez votre index. L'empreinte est nette, profonde, et la résistance est limitée. Sur le même massif, tentez d'enfoncer votre paume de main. La résistance est alors augmentée, et la main aura un impact très limité sur le massif. Le principe de la track sur un sol avec une faible portance est identique.

En revanche, l'utilisation de ce type d'outil sur des sols durs et pierreux aura un effet quasiment nul sur l'amélioration du comportement de la machine : les boggies tracksés auront tendance à "sauter" sur place, provocant des secousses inconfortables, et freinant la progression du travail.

Sur sol neigeux, les tracks sont, à mon sens, une fausse aide. Le risque de compactage est important, et augmente les chances de partir en luge sur des terrains pentus.

Dans tous les cas, l'utilisation des tracks provoque un effet de tassement beaucoup plus important sur le sol que des roues nues ou des chaînes. Leur utilisation doit donc être très limitée.


Quelques détails supplémentaires sur les chaînes et tracks


Leur utilisation est absolument à exclure sur des terrains où des plaques rocheuses affleurent: la roche lisse ne permet pas au métal d'adhérer.

D'autre part, l'utilisation de matériel n'est pas sans conséquences sur un engin. Les chocs et secousses étant amplifiés et non amortis à cause du métal (matériau peu élastique), la mécanique en subit parfois les conséquences: usure des ponts, des pneumatiques, contraintes appliquées au châssis, etc.

L'utilisation de matériel métallique est strictement interdit sur les routes goudronnées (les dégâts occasionnés sont importants).

Il est préférable d'éviter de charger une machine chaussée de métal sur un porte-char : l'adhérence est alors mauvaise, et les risques de chute ou de déséquilibre sont augmentés.


Comprenez bien, dans tous les cas, que l'utilisation de matériel métallique peut éviter de gros dégâts au niveau du sol : il est souvent préférable d'avoir quelques marques visibles plutôt que des trous profonds à de nombreux endroits d'une parcelle.

_fck
par Thibault publié dans : Mécanisation
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Lundi 5 novembre 2007
J'ai fait le plein de mon véhicule de fonction ce soir... 1,22 Euros à la pompe et 1,30 à partir de demain matin... Là, je dois dire qu'il y en a marre. 

Rendez vous compte: mon employeur a 12 engins forestiers (autant de chauffeurs), ce qui lui fait une facture mensuelle pour environ 30 000 litres de fuel... sachant que les tarifs au stère n'ont pas changé depuis bien longtemps... sachant aussi que les maisons de livraison appliquent bien souvent une majoration tarifaire liée à leur trajet dans les pistes à camion pour venir nous livrer. Et tant d'autres professions sont dans le même cas que nous.

Je ne sais pas combien tout ceci coûte à mon chef, mais j'en ai la chair de poule. En tout cas, une chose est sûre (ou presque): au rythme où vont les choses, encore un an et je peux aller pointer au chômage !

Mais qu'attend notre société pour se réveiller ? Personne ne voit qu'on va au mur ? Notre chef d'Etat se prend une augmentation de 140% (vive la France endettée!), son porte parole, habitant à quelques centaines de mètres de l'Elysée, se permet de venir travailler en voiture, la ministre de l'économie se donne bonne conscience en nous incitant à enfourcher nos vélos (facile quand on vit à la campagne!). De qui se moque-t'on ?

Au départ je n'étais pas pour les mouvements sociaux... Mais si cela peut permettre de mettre quelques uns de nos hauts placés au chômage, je suis pour.

Tiens, d'ailleurs, une petite idée: pourquoi nous, les forestiers, ne nous mettrions pas à bloquer à notre tour les axes routiers avec nos engins? C'est pas facile à bouger une machine d'abattage qui fait une vingtaine de tonnes!

Non, vraiment, j'en ai marre de penser que ma profession va droit au mur à cause d'un Etat corrompu, qu'il soit de droite ou de gauche. Je vais même jusqu'à croire que nous sommes gouvernés par des nantis qui, vivant aux frais de la Princesse, n'imaginent même pas ce qu'une certaine classe de la société endure pour arriver à vivre correctement (je parle notamment de celle qui travaille plus pour gagner plus).

Ce coup de calgon (comme le dit si bien mon grand frère ;-) ) n'est pas une critique gratuite à un gouvernement uniquement capable de réformer par la taxation de bas étage. C'est une alerte lancée à toute une filière qui va, dans les mois à venir, connaître une crise grosse comme une abatteuse si personne ne fait rien. A bon entendeur...

par Thibault publié dans : A méditer ...
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander

Rémunération de l'auteur

Calendrier

Novembre 2007
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30    
<< < > >>

Toujours utile ..


Enter your email address:

Delivered by FeedBurner



Pour ceux qui souhaiteraient faire de la promotion pour Sylvasphere avec le bouton suivant

Sylvasphere

Coller le code suivant dans votre blog :


Du flux !!!

  • Flux RSS des articles

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus