Lundi 19 novembre 2007
Les machines actuelles nous offrent de plus en plus de possibilités en matière de conditions d'exploitation. Nous sommes donc de plus en plus amenés
à travailler sur des terrains instables, pierreux, pentus. Il est donc indispensable pour un chauffeur de faire des choix quant à l'équipement de sa machine pour progresser le mieux possible
dans son chantier, sans, pour autant, détériorer la qualité des sols.
Roues nues, chaînées, ou encore tracksées, voici les différentes possibilités qui s'offrent aux pilotes de machines.
Cet article n'a donc pas pour objectif de développer une thèse sur les conséquences pédologiques de l'utilisation de matériel lourds sur les sols forestiers, mais plutôt d'essayer de comprendre dans quels cas faut-il opter pour l'un ou l'autre de ces matériels.
Les roues nues
Un chantier, même pentu, ne nécessite pas forcément l'utilisation de chaînes ou tracks. A partir du moment où le terrain reste relativement régulier, stable, et où les voies de circulation permettent d'avoir un cheminement continu limitant ainsi les manoeuvres, la machine peut théoriquement travailler roues nues.
Les roues chaînées
Les chaînes sont avant tout un outil de franchissement. Autrement dit,
elles permettent d'améliorer l'adhérence de la machine, et de limiter ainsi l'impact de la machine sur le sol forestier. Ce matériel est le plus souvent indiqué
dans des cas où le terrain est pierreux, meuble et profond, gras mais stable, et même dans la neige.
Sur un sol meuble ou gras, ce type d'équipement le brise en limitant le tassement. On peut alors observer un aspect de petites mottes de terre après le passage de l'engin. Malgré tout, un passage répété sur les mêmes traces creuse le sol de manière sensible.
Les chaînes ont souvent, à mon avis, un effet positif sur le travail en dévers. Tout en améliorant la stabilité de la machine, elles permettent aussi d'éviter les dérapages vers le bas de la pente, évitant ainsi à l'opérateur d'effectuer de nombreuses manoeuvres pour retrouver des trajectoires correctes.
Les roues tracksées
Leur rôle est souvent mal évalué. Nombreux
sont les chauffeurs qui les utilisent dans une optique d'amélioration de la capacité de franchissement, et pourtant, leur utilisation peut présenter beaucoup d'autres avantages. Evidemment, leur
présence permet d'avoir une adhérence nettement accrue, mais leur impact au sol étant beaucoup plus important que celui des chaînes, je pense que leur utilisation doit être limitée à d'autres
contextes.
Leur qualité première, selon moi, est d'améliorer le comportement de la machine sur des sols instables, où un engin a plutôt tendance à s'enfoncer. Leur architecture est telle que la track agit comme une plaque sur la boue. Prenons l'image d'une main et d'un massif d'argile gorgée d'eau : sur ce massif, enfoncez votre index. L'empreinte est nette, profonde, et la résistance est limitée. Sur le même massif, tentez d'enfoncer votre paume de main. La résistance est alors augmentée, et la main aura un impact très limité sur le massif. Le principe de la track sur un sol avec une faible portance est identique.
En revanche, l'utilisation de ce type d'outil sur des sols durs et pierreux aura un effet quasiment nul sur l'amélioration du comportement de la machine : les boggies tracksés auront tendance à "sauter" sur place, provocant des secousses inconfortables, et freinant la progression du travail.
Sur sol neigeux, les tracks sont, à mon sens, une fausse aide. Le risque de compactage est important, et augmente les chances de partir en luge sur des terrains pentus.
Dans tous les cas, l'utilisation des tracks provoque un effet de tassement beaucoup plus important sur le sol que des roues nues ou des chaînes. Leur utilisation doit donc être très limitée.
Quelques détails supplémentaires sur les chaînes et tracks
Leur utilisation est absolument à exclure sur des terrains où des plaques rocheuses affleurent: la roche lisse ne permet pas au métal d'adhérer.
D'autre part, l'utilisation de matériel n'est pas sans conséquences sur un engin. Les chocs et secousses étant amplifiés et non amortis à cause du métal (matériau peu élastique), la mécanique en subit parfois les conséquences: usure des ponts, des pneumatiques, contraintes appliquées au châssis, etc.
L'utilisation de matériel métallique est strictement interdit sur les routes goudronnées (les dégâts occasionnés sont importants).
Il est préférable d'éviter de charger une machine chaussée de métal sur un porte-char : l'adhérence est alors mauvaise, et les risques de chute ou de déséquilibre sont augmentés.
Comprenez bien, dans tous les cas, que l'utilisation de matériel métallique peut éviter de gros dégâts au niveau du sol : il est souvent préférable d'avoir quelques marques visibles plutôt que des trous profonds à de nombreux endroits d'une parcelle.
Roues nues, chaînées, ou encore tracksées, voici les différentes possibilités qui s'offrent aux pilotes de machines.
Cet article n'a donc pas pour objectif de développer une thèse sur les conséquences pédologiques de l'utilisation de matériel lourds sur les sols forestiers, mais plutôt d'essayer de comprendre dans quels cas faut-il opter pour l'un ou l'autre de ces matériels.
Les roues nues
Un chantier, même pentu, ne nécessite pas forcément l'utilisation de chaînes ou tracks. A partir du moment où le terrain reste relativement régulier, stable, et où les voies de circulation permettent d'avoir un cheminement continu limitant ainsi les manoeuvres, la machine peut théoriquement travailler roues nues.
Les roues chaînées
Les chaînes sont avant tout un outil de franchissement. Autrement dit,
elles permettent d'améliorer l'adhérence de la machine, et de limiter ainsi l'impact de la machine sur le sol forestier. Ce matériel est le plus souvent indiqué
dans des cas où le terrain est pierreux, meuble et profond, gras mais stable, et même dans la neige.Sur un sol meuble ou gras, ce type d'équipement le brise en limitant le tassement. On peut alors observer un aspect de petites mottes de terre après le passage de l'engin. Malgré tout, un passage répété sur les mêmes traces creuse le sol de manière sensible.
Les chaînes ont souvent, à mon avis, un effet positif sur le travail en dévers. Tout en améliorant la stabilité de la machine, elles permettent aussi d'éviter les dérapages vers le bas de la pente, évitant ainsi à l'opérateur d'effectuer de nombreuses manoeuvres pour retrouver des trajectoires correctes.
Les roues tracksées
Leur qualité première, selon moi, est d'améliorer le comportement de la machine sur des sols instables, où un engin a plutôt tendance à s'enfoncer. Leur architecture est telle que la track agit comme une plaque sur la boue. Prenons l'image d'une main et d'un massif d'argile gorgée d'eau : sur ce massif, enfoncez votre index. L'empreinte est nette, profonde, et la résistance est limitée. Sur le même massif, tentez d'enfoncer votre paume de main. La résistance est alors augmentée, et la main aura un impact très limité sur le massif. Le principe de la track sur un sol avec une faible portance est identique.
En revanche, l'utilisation de ce type d'outil sur des sols durs et pierreux aura un effet quasiment nul sur l'amélioration du comportement de la machine : les boggies tracksés auront tendance à "sauter" sur place, provocant des secousses inconfortables, et freinant la progression du travail.
Sur sol neigeux, les tracks sont, à mon sens, une fausse aide. Le risque de compactage est important, et augmente les chances de partir en luge sur des terrains pentus.
Dans tous les cas, l'utilisation des tracks provoque un effet de tassement beaucoup plus important sur le sol que des roues nues ou des chaînes. Leur utilisation doit donc être très limitée.
Quelques détails supplémentaires sur les chaînes et tracks
Leur utilisation est absolument à exclure sur des terrains où des plaques rocheuses affleurent: la roche lisse ne permet pas au métal d'adhérer.
D'autre part, l'utilisation de matériel n'est pas sans conséquences sur un engin. Les chocs et secousses étant amplifiés et non amortis à cause du métal (matériau peu élastique), la mécanique en subit parfois les conséquences: usure des ponts, des pneumatiques, contraintes appliquées au châssis, etc.
L'utilisation de matériel métallique est strictement interdit sur les routes goudronnées (les dégâts occasionnés sont importants).
Il est préférable d'éviter de charger une machine chaussée de métal sur un porte-char : l'adhérence est alors mauvaise, et les risques de chute ou de déséquilibre sont augmentés.
Comprenez bien, dans tous les cas, que l'utilisation de matériel métallique peut éviter de gros dégâts au niveau du sol : il est souvent préférable d'avoir quelques marques visibles plutôt que des trous profonds à de nombreux endroits d'une parcelle.
par Thibault
publié dans :
Mécanisation
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