Vendredi 26 janvier 2007
Le 21 janvier ce commentaire était posté :
"Merci pour cet article très riche pour un ignorant sur le sujet comme moi. Une petite question: Dans les causes des dégats, n'y avait-il pas aussi la façon de planter les abres en lignes droites, ce qui crée des couloirs où le vent s'engouffre?"
Le but de cet article n'est pas vraiment de revenir sur ma réponse, mais plutôt sur l'observation des plantations en ligne droite.
Pour commencer, nous allons faire un peu d'histoire :
En 1340, la marine nationale subit la défaite de l'Ecluse. C'est alors que Philippe VI de Valois prend conscience de l'importance d'une forêt productive dans le but de reconstruire la marine, étant donné la difficulté de s'approvisionner en bois par la mer tenue par les Britanniques. En 1346, il édicte l'ordonnance de Brunoy dans le but d'obliger l'entretien des forêts pour le maintien de leur productivité.
Depuis cette époque, les autorités forestières n'ont jamais cessé de rechercher les meilleurs itinéraires sylvicoles, c'est à dire les manières les plus performantes de faire pousser les arbres, par les schémas de plantation ou par les opérations d'entretien effectuées.
Jusque dans les années 80, les itinéraires sylvicoles avaient peu d'importance: la majorité des opérations étaient effectuées manuellement, ou à l'aide d'animaux, et le seul engin utilisé servait à débusquer les bois à l'aide d'un câble. Par la suite sont arrivés les engins forestiers comme on les connaît aujourd'hui. La mécanisation s'est développée, notamment pour l'exploitation, et il a fallu s'adapter : les plantations se sont faites en lignes droites, dans le but de faciliter la création de passages, appelés cloisonnements. Dans le cas de régénérations naturelles, la mécanisation se fait plus difficilement, car aucune ligne droite n'est visible.

Ces lignes droites ne sont très esthétiques dans le jeune âge (jusqu'à 30 ans environs) car très visibles. Puis, les éclaircies se succédants, le paysage se modifie et les lignes s'estompent car les arbres sont de plus en plus espacés. On a alors l'impression d'avoir en face de nous des "forêts naturelles ancestrales" comme le dit si bien le grand public.
Vous comprendrez donc que plus les opérations de travaux forestiers vont se moderniser, plus la sylviculture va évoluer, et l'aspect des forêts aussi ! Pour continuer dans la logique de mes explications, je vous parlerai dans un article à venir des diférents modes de récoltes utilisés.
par Thibault
publié dans :
Tours et détours en forêt
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