Texte Libre


Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

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Jeudi 27 septembre 2007
Je profite du dernier commentaire de David dans l'article Mesures écologique: c'est bien, mais encore faut-il qu'elles soient réalisables pour parler d'un système de lutte biologique contre certains insectes problématiques qui provoquent la mortalité de l'Epicea de manière assez impressionnante.

Voici le commentaire de David:

Une idée n'est valable que si elle ne détruit pas autre chose par ailleurs... Or un écosystème repose sur la 'chaîne alimentaire'... Supprimez un maillon, vous désordonnerez la chaîne...


Je suis tout à fait d'accord avec ce point de vue. C'est d'ailleurs le problème de l'être humain en général (tiens, c'est une idée pour le Grenelle de l'environnement): supprimer quand un élément nous gêne.


En forêt, nous avons de gros problèmes avec un petit insecte, que l'on appelle communément le Dendroctone. Il s'infiltre entre l'écorce et le bois pour y pondre ses oeufs. Ses larves vont se nourrir du phloème, ce qui va couper la circulation de la sève élaborée, et entraîner la mort de l'arbre touché en quelques semaines, voire jours (j'ai pu observer la mort d'une parcelle de 4 hectares en moins d'un mois!).

Cet insecte est en fait d'origine eurosibérienne, et a migré suite à la succession d'évènements climatiques, tels que les tempêtes et sécheresses.

Pour lutter contre ce redoutable prédateur, on a trouvé une lutte tout à fait biologique: utiliser son prédateur biologique, le Rhizophagus grandis. Il n'avait pas migré avec le dendroctone, il faut donc l'introduire dans les parcelles touchées. De cette manière, l'équilibre de la chaîne alimentaire n'est pas rompu (problème évoqué par David dans son commentaire).

Seul réel problème: son coût: il faut lâcher au moins une centaine d'individus à l'hectare, aux pieds d'arbres (tous les 50 mètres), et un Rhizophagus coûte 2 Euros... Autant dire que le prix est exorbitant! Seule l'administration française (c'est à dire l'ONF), ainsi que quelques très gros propriétaires privés peuvent se permettre d'investir.

En revanche, le résultat est quasi assuré, bien que l'effet se fasse vraiment sentir au bout de 7 à 9 ans.


Je vais vous expliquer un peu à quoi on peut reconnaître un arbre touché par le Dendroctone


1- Bien souvent, certains arbres de la parcelle sont déjà morts (attention, ils peuvent être secs pour d'autres raisons).

2- On peut parfois observer certains Epicéas avec des aiguilles un peu jaunies.

3- On peut voir sur le tronc des "pralines": accumulation de sciure et de résine à l'entrée des galeries creusées par la femelle.
DSC-0023.JPG



Petit détail:
lorsqu'une parcelle est en cours de prédation par le Rhizophagus, les arbres au pied desquels ont été lâchés les insectes protecteurs sont marqués d'un "R".DSC-0072.JPG

par Thibault publié dans : Tours et détours en forêt
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Mercredi 26 septembre 2007
J'avais évoqué il y a quelques temps le nouveau site collaboratif NOE pour permettre à tous de publier ses idées en vue du Grenelle de l'environnement.

Régulièrement, je profite d'un moment de temps libre pour aller faire un tour du côté des nouvelles propositions. Ce soir, j'ai pu trouver ceci:

 

Des nichoirs dans les forêts

 
Avatar Defaut

Par piernand il y a 50 minutes dans Biodiversité

 
 

Comme le font nos voisins espagnols pour lutter contre les chenilles processionnaires en favorisant les Mésanges noires. Comme le font les Polonais pour maintenir les oiseaux cavernicoles (gobe-mouches, rougequeues) j'invite l'ONF à généraliser l'installation de nichoirs dans nos forêts pour lutter d'une façon écologique aux invasions d'insectes surtout dans les jeunes futaies ou peu d'arbres proposent des cavités naturelles. Mais attention à la taille du trou d'entrée pour ne pas favoriser la prolifération de l'Etourneau..



Vous trouverez le débat sur NOE à ce sujet ici même.

J'ai cru à une proposition humoristique sur le moment... En fait, il n'en est rien.


J'avoue être pour prendre certaines mesures en faveur de l'écologie, mais je pense que, avant de faire des propositions dans tous les sens, il est primordial de réfléchir pour évaluer la faisabilité de ces mesures!

Installer des nichoirs à oiseau en forêt, par exemple, est, à mon sens, tout à fait inutile, mais aussi tout à fait irréalisable, pour des raisons de coût, de pratique, de faisabilité technique.

Autre chose, la chenille processionnaire n'est pas un problème écologique, mais touristique: la colonisation des chenilles n'aboutit que très rarement à la mort de l'arbre. En revanche, elle conduit à la fuite des touristes, sources de revenus pour le commerce local.


Arrêtons de vouloir à tout prix transformer la forêt en jardin public, où la moindre végétation ne peut avoir sa place, et où le moindre insecte doit être supprimé, parce qu'il fait peur aux enfants, et qu'il provoque des démangeaisons si on le touche.
par Thibault publié dans : Thèmes à débats
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Dimanche 23 septembre 2007
J'ai pu découvrir dans le dernier numéro du Journal de la Mécanisation Forestière un article sur la nouvelle machine pour gros bois de chez Ponsse, intitulé "La Bear et la H8 sur la route des gros bois". Conduisant moi même une machine Ponsse, vous pensez bien que je me suis jeté sur cet article.

Hélas, grosse déception. La rédaction s'est contenté de rédiger un article descriptif de la machine, de transformer la fiche technique en un texte tourné à l'avantage de la marque. Aucun esprit critique, pas de comparaison avec d'autres marques, pas de réflexion quant à la finition elle même de la machine. Pourtant, c'est ce qu'on pourrait attendre de ce type de revue professionnelle, c'est ce qui lui donne sa force, sa réputation. Comme je vous l'ai dis précédemment, je conduis moi même une Ponsse, et côté avantages et inconvénients, je pourrais vous en faire une liste assez complète.


Le choix de faire de la presse commerciale plutôt que de faire avancer les choses

En réalité, je pense que le JMF a choisi de prendre une route commerciale dans la rédaction de ses articles. C'est assez dommages, car il s'agit de l'un des seuls magazines spécialisé dans la récolte mécanisé du bois et dans la sylviculture mécanisée. Autant dire que ce type de magazine peut servir de référence, et par conséquent a les moyens de faire avancer les choses du côté des constructeurs: effectuer une sorte de banc d'essai critique du matériel forestier pourrait pousser les concepteurs à améliorer leurs outils de manière à avoir une meilleure image auprès des clients potentiels via la presse pro.

Un entrepreneur souhaitant investir dans du matériel coûteux va chercher des renseignements fiables en grand nombre. Pas question de se contenter de lire la fiche technique. Il lui faut un avis sérieux sur la question, l'avis d'autres professionnels assistant à des démonstrations, l'avis d'une presse qui a la possibilité de se positionner en expert étant donné le nombre de démonstrations que les journalistes peuvent observer. Je crois que le rôle du JMF devrait se situer sur ce créneau. C'est essentiel.


D'après moi, les professionnels ne tarderont pas à cesser de lire ce type d'article. Pour en discuter pas mal autour de moi, je me permets de dire que le JMF prend de plus en plus l'image d'un magazine à buzz forestier plutôt que celle d'un magazine expert portant un regard critique sur une filière en perpétuelle évolution.
par Thibault publié dans : A mon avis...
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Dimanche 23 septembre 2007
A l'époque, l'exploitation mécanisée n'en était qu'à ses balbutiements. Rien à voir avec les machines que nous connaissons aujourd'hui: d'une part, le fonctionnement n'était pas du tout le même, d'autre part, leur puissance était vraiment moindre.


Cette machine est de marque Makeri. A titre d'exemple, elle fait la taille d'un gros monospace. Aujourd'hui, nous avons des engins qui font une dizaine de mètres de long, sans compter la taille de la grue. Evidemment, côté confort, rien à voir non plus. On se rapproche plus des vieux engins de travaux publics, ou des premiers tracteurs. Pas d'outils de précision non plus, tout est en manuel, au jugé an quelques sortes.

Concernant le fonctionnement, c'est assez impressionnant. Evidemment, cette machine ne pouvait passer que des petits bois (une vingtaine de centimètres au grand maximum. L'absence de grue ne lui permettait pas de couper des arbres à distance! Là, il faut se mettre contre l'arbre pour le tomber. Bonjour les sensations!

Pas de tronçonneuse non plus. L'arbre est coupé façon jardinier: une cisaille sécateur! Ce procédé est encore utilisé aujourd'hui sur certaines petites têtes pour le bois énergie, mais les machines classiques utilisent des tronçonneuses. Bien sûr, ce procédé exclue toutes les valorisations de qualité type sciage. Elle doit se cantonner au bois d'industrie car cette cisaille a tendance à écraser les fibres du bois, et donc à le fragiliser.


Quelque chose m'impressionne tout de même. A cette époque (il y a une grosse vingtaine d'années), personne ne croyait en ces machines: tout le monde pensait que ça s'arrêterait très vite. Et pourtant, que de chemin parcouru depuis! Et nous n'en sommes encore qu'au début je pense. Pourtant, il y a vingt ans, c'était d'une modernité sans précédent! Après les bûcherons, il y avait eu des premières machines incapables d'abattre, où il fallait couper l'arbre à la main, puis le passer dans la tête. Cette machine est l'une des premières à pouvoir à la fois abattre et façonner l'arbre, d'où le nom de combiné d'abattage! C'est un progrès extraordinaire.


Je remercie Aurore pour ces quelques photos qu'elle m'a envoyées la semaine dernière.
par Thibault publié dans : Mécanisation
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Samedi 15 septembre 2007
 
Nous en plein  Grenelle de l'environnement, et celui-ci doit finir à la fin du mois. A cette occasion, NOE a mis en place un site collaboratif et communautaire qui doit permettre à chacun de diffuser ses propres idées sur des mesures à prendre pour améliorer la qualité de notre environnement. Chacun peut donc exposer ses idées et voter celles qu'il trouve meilleures.

De plus, le ministre de l'environnement, Monsieur Borloo, s'est engagé à ce que les meilleures propositions (les plus votées) soient examinées et discutées au cours de ce Grenelle.

Pour info, j'ai trouvé cette information sur l'initiative de NOE sur le blog Buzz Together.


Pour l'occasion, vous pourrez découvrir la porposition que j'ai développé sur le site de NOE en cliquant sur le lien ci-dessous!


par Thibault publié dans : Communication
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