Vendredi 8 juin 2007
Ces derniers jours m'ont été très instructifs. J'ai eu l'occasion de réfléchir de manière assez profonde sur trois choses: la politique forestière de la France, le savoir-faire des professionnels du bois et le regard porté sur la forêt et le bois par la population en général...
La politique forestière de la France
Cette politique est, à mon humble avis, légèrement en décalage avec la réalité du terrain. Les institutions veulent, d'un côté, favoriser les plantations forestières par des subventions aux propriétaires, et, d'u autre côté, laissent la possibilité aux agriculteurs, entre autre, de raser des petites parcelles pour les transformer en parcelles agricoles. Ce sont deux choses incompatibles, qui risquent de modifier très rapidement le paysage forestier français: certaines régions qui possédaient de la ressource forestière vont voir les prairies s'agrandir dans l'optique de l'obtention d'une prime à l'herbe...
De même, nous sommes impliqués aujourd'hui dans des démarches incontournables de labellisation du bois et des entreprises de gestion, d'exploitation et de transformation, alors que le consommateur, lui, ne peut pas vérifier de manière claire et directe la traçabilité du produit bois qu'il achète. Ca signifie donc qu'aujourd'hui, la filière investit dans un moyen de communication qui ne peut être efficace du fait de sa non-continuité au niveau de la distribution du produit fini. Heureusement, quelques marques de distribution d'objets contenant du bois se sont engagées dans cette traçabilité, mais ce n'est pas une règle générale.
L'Etat cherche aussi, depuis 2001, à mettre en place des plans de gestion pour les propriétés de plus de 25 ha (c'est dans la loi forestière de 2001), et bientôt pour celles de plus de 10 ha, alors que les propriétaires, pour la plupart ignorent cette loi, et certains ignorent même être propriétaires...
Le savoir-faire des professionnels du bois
Nous avons la chance d'avoir une filière qui possède d'énormes connaissances en matière de sylviculture, de transformation, de protection des espaces naturels par la forêt,... En 1999, nous avons subi deux tempêtes à deux jours d'intervalle mettant à terre l'équivalent de plusieurs mois de récolte, voire de plusieurs années, nous permettant de tirer des leçons des erreurs du passé en matière de gestion notamment. Certains organismes ont su analyser les problèmes liés à la gestion, notamment concernant les types de sylviculture, et d'autres continuent à faire les mêmes erreurs, pensant être plus rentables en continuant dans la même lignée plutôt qu'en investissant dans des programmes d'étude permettant de chercher les solutions de culture les moins risquées.
De ce fait, certains organismes de gestions comme les coopératives travaillent de plus en plus dans une logique de production et de bénéfices, alors qu'il faudrait revenir à une logique plus forestière, c'est à dire avec des sylvicultures plus classiques, avec des éclaircies plus douces, des âges d'exploitation plus élevés par exemple, en sachant qu'on pourrait garder les mêmes modes d'exploitation qu'aujourd'hui (refuser une avancée technologique serait une grave erreur).
Ces modes d'exploitation, qui sont de plus en plus techniques et évolués, demandent une main d'oeuvre de plus en plus qualifiée, difficile à trouver... Les formations sont pour la plupart complètement inadaptée au milieu professionnel, et l'apprentissage sur le terrain est presque impossible.
Le regard de la population sur la forêt et le bois
La population est de plus en plus sensibilisée à l'environnement, au développement durable, à l'écologie, aux problèmes liés à la déforestation dans les pays africains, sud-américains et asiatiques. De ces informations fournies, la plupart du temps, en vrac au commun des mortels, ne ressort qu'un mauvais mélange menant la vie dure à notre filière qui n'arrive pas à trouver les bons mots pour communiquer efficacement... De fait, le grand public considère la filière bois française comme une sorte de mafia anti-écologique...
Ces trois blocs devraient pourtant mieux communiquer, trouver une sorte de terrain d'entente. Mais comment faire? Comment mettre en relation des politiques souhaitant bien faire mais ne connaissant pas les réalités du terrain, trouver des méthodes de sylviculture à la fois en accord avec l'optique de production d'une filière et avec un grand public souvent réticent concernant l'exploitation forestière? Comment arriver à convaincre les professionnels du bois de mieux communiquer sur leur travail alors que nombreux sont ceux préférant agir dans leur coin et tourner le dos aux question un peu compliquées et pourtant demandant des réponses nécessaires pour se faire apprécier de la population? Comment arriver à convaincre des distributeurs de produits bois de mieux communiquer sur leur politique en matière de traçabilité alors que ceux-ci préfèrent noyer le poisson dans des réponses plutôt floues car ayant peur d'avoir des réponses ne plaisant pas à leurs clients? Et tant d'autres questions encore que j'aimerais poser ...
La politique forestière de la FranceCette politique est, à mon humble avis, légèrement en décalage avec la réalité du terrain. Les institutions veulent, d'un côté, favoriser les plantations forestières par des subventions aux propriétaires, et, d'u autre côté, laissent la possibilité aux agriculteurs, entre autre, de raser des petites parcelles pour les transformer en parcelles agricoles. Ce sont deux choses incompatibles, qui risquent de modifier très rapidement le paysage forestier français: certaines régions qui possédaient de la ressource forestière vont voir les prairies s'agrandir dans l'optique de l'obtention d'une prime à l'herbe...
De même, nous sommes impliqués aujourd'hui dans des démarches incontournables de labellisation du bois et des entreprises de gestion, d'exploitation et de transformation, alors que le consommateur, lui, ne peut pas vérifier de manière claire et directe la traçabilité du produit bois qu'il achète. Ca signifie donc qu'aujourd'hui, la filière investit dans un moyen de communication qui ne peut être efficace du fait de sa non-continuité au niveau de la distribution du produit fini. Heureusement, quelques marques de distribution d'objets contenant du bois se sont engagées dans cette traçabilité, mais ce n'est pas une règle générale.
L'Etat cherche aussi, depuis 2001, à mettre en place des plans de gestion pour les propriétés de plus de 25 ha (c'est dans la loi forestière de 2001), et bientôt pour celles de plus de 10 ha, alors que les propriétaires, pour la plupart ignorent cette loi, et certains ignorent même être propriétaires...
Le savoir-faire des professionnels du bois
Nous avons la chance d'avoir une filière qui possède d'énormes connaissances en matière de sylviculture, de transformation, de protection des espaces naturels par la forêt,... En 1999, nous avons subi deux tempêtes à deux jours d'intervalle mettant à terre l'équivalent de plusieurs mois de récolte, voire de plusieurs années, nous permettant de tirer des leçons des erreurs du passé en matière de gestion notamment. Certains organismes ont su analyser les problèmes liés à la gestion, notamment concernant les types de sylviculture, et d'autres continuent à faire les mêmes erreurs, pensant être plus rentables en continuant dans la même lignée plutôt qu'en investissant dans des programmes d'étude permettant de chercher les solutions de culture les moins risquées.
De ce fait, certains organismes de gestions comme les coopératives travaillent de plus en plus dans une logique de production et de bénéfices, alors qu'il faudrait revenir à une logique plus forestière, c'est à dire avec des sylvicultures plus classiques, avec des éclaircies plus douces, des âges d'exploitation plus élevés par exemple, en sachant qu'on pourrait garder les mêmes modes d'exploitation qu'aujourd'hui (refuser une avancée technologique serait une grave erreur).
Ces modes d'exploitation, qui sont de plus en plus techniques et évolués, demandent une main d'oeuvre de plus en plus qualifiée, difficile à trouver... Les formations sont pour la plupart complètement inadaptée au milieu professionnel, et l'apprentissage sur le terrain est presque impossible.
Le regard de la population sur la forêt et le bois
La population est de plus en plus sensibilisée à l'environnement, au développement durable, à l'écologie, aux problèmes liés à la déforestation dans les pays africains, sud-américains et asiatiques. De ces informations fournies, la plupart du temps, en vrac au commun des mortels, ne ressort qu'un mauvais mélange menant la vie dure à notre filière qui n'arrive pas à trouver les bons mots pour communiquer efficacement... De fait, le grand public considère la filière bois française comme une sorte de mafia anti-écologique...
Ces trois blocs devraient pourtant mieux communiquer, trouver une sorte de terrain d'entente. Mais comment faire? Comment mettre en relation des politiques souhaitant bien faire mais ne connaissant pas les réalités du terrain, trouver des méthodes de sylviculture à la fois en accord avec l'optique de production d'une filière et avec un grand public souvent réticent concernant l'exploitation forestière? Comment arriver à convaincre les professionnels du bois de mieux communiquer sur leur travail alors que nombreux sont ceux préférant agir dans leur coin et tourner le dos aux question un peu compliquées et pourtant demandant des réponses nécessaires pour se faire apprécier de la population? Comment arriver à convaincre des distributeurs de produits bois de mieux communiquer sur leur politique en matière de traçabilité alors que ceux-ci préfèrent noyer le poisson dans des réponses plutôt floues car ayant peur d'avoir des réponses ne plaisant pas à leurs clients? Et tant d'autres questions encore que j'aimerais poser ...
par Thibault
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