Texte Libre


Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

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Dimanche 15 juin 2008
Deux articles du quotidien en ligne 20 minutes m'ont mis la puce à l'oreille. L'un traite du potentiel du bois énergie dans la filière landaise, et l'autre évoque une organisation de la filière en cours de développement.

A écouter les experts de la filière bois, ce mode de chauffage et de production d'énergie serait la solution miracle. Effectivement, cette méthode comporte de nombreux avantages : grandes quantités mobilisables, renouvellement de la matière, faible coût à l'achat, avantages fiscaux à l'installation. Pourtant, selon moi, ce procédé, présenté comme solution d'avenir pour la substitution aux énergies fossiles, risque de ne pas se développer comme prévu. La raison ? Un simple problème d'organisation logistique.

En effet, si dans certains pays du nord de l'Europe la filière est déjà bien implantée, la filière française a du mal à trouver des solutions viables pour la récolte, la transformation, ainsi que la distribution du bois énergie. La demande serait là, l'offre aussi, mais entre les deux ? Un vide, un manque de savoir-faire, des questions sur les matériels à employer, sur les coûts de récolte, sur la chaîne logistique. Vaut-il mieux broyer les rémanents sur coupe, les broyer sur un dépôt ? Dans ce dernier cas, comment débarder les rémanents ? Ces problèmes matériels et d'organisation sont étroitement liés à des problèmes économiques : Si les différentes méthodes sont connues, testées, les coûts sont encore mal évalués, mal maîtrisés, du fait de la multiplication des engins utilisés, des coûts de transports élevés. Il faut donc arriver à optimiser cette filière.

Seulement, le problème risque de durer encore un certain temps : du fait du manque d'organisation de la filière, peu de gens osent réellement se lancer dans la production de masse, et peu osent réellement se lancer dans l'utilisation du bois énergie à grande échelle. Quel est donc le maillon manquant de la filière ? Difficile à dire puisque tout existe semble t'il et tout fonctionne. Peut être faut il laisser le temps au temps. Sans suffit-il de simplifier les procédés de transformation, en n'utilisant qu'une seule sorte de combustible parmi tous ceux existants.
par Thibault publié dans : Thèmes à débats
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Dimanche 8 juin 2008

Depuis quelques temps, je rencontre dans pas mal d'articles (numériques ou papiers) une erreur presque inadmissible de la part des professionnels du bois. Les premiers à m'avoir fait bondir sont les techniciens du CRPF (Et oui... Encore !), et plus précisément du Nord Pas de Calais. C'était dans le Forêt de France du mois de mars (il me semble). Dans un communiqué, ils prétendaient que le Douglas était un bois naturellement imputrescible. Qu'en dites-vous ? Abus de langage ? Véritable ignorance ? Pseudo ignorance visant à faire croire certaines choses au propriétaire moyen d'une parcelle de Douglas ? Sans doute un peu tout à la fois, mais attachons nous à corriger cette énorme erreur de communication et à préciser un peu la notion de résistance naturelle d'un bois.


L'imputrescibilité est un terme valable seulement si le bois évoqué ne se dégrade pas avec le temps. Seulement, ce n'est absolument pas le cas pour le Douglas : en dehors du fait que les branches de Douglas après exploitation finissent par disparaitre, le Douglas peut être victime d'un pourridié bien connu des forestiers, le fomes (prononcer fomesse). Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est le cas, dans certaines stations un peu lourdes, très limoneuses.


En revanche, il est vrai que le Douglas est considéré, selon la norme NF EN 335-2, résistant aux champignons, coléoptères et termites dans les régions concernées. Autrement dit, il est résistant, et ce, naturellement, 'classe 3' dans cette norme des classes de risques. Cette résistance est évaluée pour une durée d'utilisation de plus de 10 ans sans attaque significative. Les conditions de mise en oeuvre ne sont pas prises en compte (excepté l'humidité du bois, supérieure à 20% dans le cadre de la classe 3), et la section des bois non plus.

Résistant ne signifie donc pas invulnérable. Le Douglas n'est donc pas imputrescible, mais résistant à certains agents pendant un certain temps, dans des conditions optimales de mise en oeuvre.

Vous pouvez retrouver les classes de risques de la norme NF EN 335-2 sur le site internet du Comité National pour le Développement du Bois. D'autres normes sont disponibles sur le même site concernant la durabilité.


par Thibault publié dans : A méditer ...
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Dimanche 1 juin 2008
A plusieurs occasions j'ai évoqué les éclaircies, leur principe, leurs objectifs. Aujourd'hui, j'aimerais parler de la saison à laquelle éclaircir (si possible), et du stade de croissance auquel il est opportun d'éclaircir.


Un stade idéal pour la première éclaircie

Tous les cours de sylviculture vous diront que l'éclaircie d
oit se faire avant que la végétation disparaisse au sol, avant que le couvert ne se referme. Ces règles sont souvent valables à partir de la seconde éclaircie, et encore. En fait, on peut facilement constater que le sous étage suffit à obtenir ces deux facteurs. Mais le sous étage ne doit pas inciter à l'éclaircie, étant donné qu'il ne crée pas de concurrence directe avec les arbres dominants pour lesquels nous devons travailler.

En première éclaircie, c'est parfois le cas : les gestionnaires proposent des éclaircies pensant le couvert refermé, mais oublient de prendre en compte la concurrence dans l'étage dominant de la forêt. Il ne sert donc à rien "d'ouvrir" des cloisonnements et un peuplement, si la majeure partie des tiges se trouvent à un stade précoce, laissant les branches vertes à hauteur de cabine d'une abatteuse. Si le peuplement est ouvert à ce stade, vous allez favoriser le développement d'une branchaison dense à hauteur d'homme au détriment de la hauteur des tiges. Les conséquences peuvent être lourdes pour les éclaircies à suivre, car les interlignes seront difficilement visibles à cause de la présence de trop nombreuses branches.

Je préfère donc ouvrir, lorsque j'ai le choix, une éclaircie légèrement tardive, avec une hauteur moyenne de 12 à 15 mètres, dégageant alors des cloisonnements propres, et permettant une ouverture du peuplement apportant une bonne visibilité pour les opérations à suivre.


Une saison idéale pour l'éclaircie

Il est évident que compte tenu des matériels utilisés aujourd'hui, on ne peut pas se contenter d'éclaircir à une saison. Nous sommes obligés de travailler tout au long de l'année. En revanche, il est important de savoir que l'hiver, et plus particulièrement la fin de cette saison, est propice aux éclaircies tardives !

La saison de "réveil" de la végétation est le printemps. C'est à cette saison que la croissance est la plus importante, et des conditions propices à un bon réveil permettront un départ sur les chapeaux de roues de la végétation. En réalisant une bonne éclaircie en fin d'hiver, vous créez une ambiance favorable à un tel départ de la végétation : vous supprimez, ou tout du moins limitez la concurrence entre les arbres, leur laissant ainsi le champ libre pour se développer. Ces conditions sont idéales pour les éclaircies tardives, souvent sensibles aux vents, aux neiges lourdes. Dès le printemps, ces peuplements en retard reprennent une stabilité grâce à une croissance rapide. On privilégiera donc des éclaircies aux autres saisons pour les peuplements classiques, stables et moins fragiles.

En revanche, il est préférable de limiter les opérations sylvicoles de ce type au printemps. Le printemps est aussi synonyme d'apparition des jeunes pousses suite au débourrement des bourgeons. Ces pousses sont très fragiles, et lors de l'abattage des bois, le risque de casse de ces premières est important. Par conséquent, vous ralentissez d'une année les tiges ayant perdu leurs jeunes branches en croissance. Attendez alors quelques semaines avant de réaliser des éclaircies à cette saison, surtout si vous vous trouvez en présence d'une éclaircie assez tardive.
De plus, le printemps rend les bois plus sensibles aux frottements : Les tiges en sève s'écorcent très rapidement au moindre frottement ou petit choc avec une autre tige. Lors de l'ébranchage avec une machine d'abattage, il faut donc prêter une attention toute particulière à la manière de diriger les bois à l'abattage et lors du façonnage.


Avec le temps, ce bon sens du sylviculteur a disparu pour laisser place à une filière de production de masse. Plus personne ne cherche aujourd'hui à concilier saison et exploitation. Pourtant, la qualité et le résultat de la sylviculture peut en dépendre directement.


par Thibault publié dans : A mon avis...
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