Texte Libre

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Nous avons décrit, dans la globalité, l'utilisation des machines d'abattage. En revanche, nous n'avons pas encore évoqué le lien entre un opérateur de combiné d'abattage et son engin : si toutes ces opérations peuvent se faire de manière si rapide et efficace, c'est que l'informatique embarqué occupe une large place dans le fonctionnement des abatteuses. En quelques chiffres, une machine d'abattage, c'est
- 10 % de mécanique
- 50 % d'hydraulique
- 40 % d'électronique et d'informatique
- 10 % de mécanique
- 50 % d'hydraulique
- 40 % d'électronique et d'informatique
Pour faire simple, tout est géré de manière informatique, par un logiciel installé sur un ordinateur servant de tableau de bord au chauffeur. Pour comprendre son fonctionnement, il faut considérer la machine comme un corps humain, avec des organes, un système nerveux transmettant des informations et un cerveau centralisant le tout pour en tirer le meilleur parti.
La notion d'organes sur une machine d'abattage
Cela peut paraître assez abstrait. Une machine est composée de six organes essentiels : l'ordinateur, le châssis, le système de transmission (avancement en gros), le siège, la grue et la tête d'abattage. Tous ces organes possèdent leur propre mini ordinateur et sont absolument indissociables. L'un ne peut pas fonctionner sans les autres.
L'ordinateur
Il s'agit d'un PC de bureau équipé d'un système d'exploitation Windows 98 pour les machines entre 2000 et 2005, puis XP. C'est le cerveau de la machine. Toutes les données de tous les organes sont centralisées à son niveau. Elles ont analysées, et permettent de vérifier le bon fonctionnement de la machine. Il est aussi là pour envoyer les informations depuis le chauffeur aux organes.
Le châssis
Sur certaines machines, comme nous l'avons vu, le châssis ou la cabine peut être corrigé. Dans ce cas, il forme un organe relié à l'ordinateur. Sa fonction est de stabiliser la machine.
Le système de transmission
Sur une machine, pas de levier de vitesse ou d'embrayage : la transmission est hydrostatique (vous appuyez sur l'accélérateur, vous avancez, vous relâchez, vous freinez...). Le système de transmission fait le lien entre le moteur et les roues, via les boites hydrauliques. Il s'occupe de la synchronisation des roues, de la gestion du patinage de la gestion de la vitesse, ...
Le siège
Il est, évidemment, essentiel. C'est un ordinateur à part entière : c'est le lien principal entre le chauffeur et sa machine. Vous avez du voir le poste de pilotage de la machine sur la vidéo précédente. C'est un énorme clavier. Celui ci est d'abord relié à l'ordinateur qui diffuse chaque information à chacun des organes, les uns après les autres. Pour mieux vous rendre compte de ce qu'est un poste de pilotage, je vous invite à en visiter un ici.
La grue
Il faut la considérer comme un bras. D'ailleurs, à force de conduire une machine, on fini par avoir avec la grue les mêmes sensations qu'avec son propre bras. Son ordinateur sert à doser les mouvements et à réguler le débit hydraulique et les pressions pour chaque mouvement.
La tête d'abattage
Comme pour la grue, il faut la considérer comme une main, sensation, par ailleurs, que l'on a quand on conduit ce type d'engin. On l'utilise comme sa propre main, par automatisme. Son informatique permet la collecte des informations type diamètre de l'arbre, longueur parcouru sur le bois, les pressions hydrauliques, la position des capteurs, ...
Le fonctionnement de l'ordinateur en lui même
Le logiciel principal est un optimiseur de découpe. A chaque chantier, vous devez le programmer à l'aide du cahier des charges fourni par le marchand de bois (quels types de produits on va sortir de cette coupe). On rentre dans une matrice (type excel) des longueurs, des diamètres, ainsi qu'un indice de prix indiquant la valeur du produit à façonner (plus cet indice sera important, et plus le produit aura de valeur).
Lors du travail, à l'abattage d'un arbre, l'optimiseur de découpe, grâce à sa base de données liée à toutes ses récoltes, parvient par calcul statistique à reconstituer dans son entier l'arbre abattu au bout de 1 m à 2 m d'ébranchage (une fois l'arbre ébranché sur deux mètres, l'ordinateur le reconstitue). Suite à cette analyse, l'optimiseur de découpe nous propose un plan de découpe optimisée liée aux produits enregistrés dans la matrice. En fait, il valorise l'arbre au mieux en fonction des indices, et des critères de dimensions précisés.
Lors de la découpe en morceaux (billons), le cubage est enregistré dans une base de donnée par chantier (qui est ensuite imprimable).
Le façonnage d'un arbre (abattage - ébranchage - billonnage) prend environ une minute si tout se passe bien.
Ce logiciel possède d'autres fonctions: réglages des pressions hydrauliques sur toute la machine, assistant de diagnostic de panne, réglage personnalisé de vos mouvements de grue ainsi que la personnalisation des commandes (un peu à la manière d'un jeu vidéo).
Les modernisations en cours, et ce qu'il faudrait apporter
De plus en plus, on cherche à maximiser le nombre d'opérations à réaliser avec une seule machine (abattage, traitement des souches, façonnage, débardage pour certaines, ...). On commence à voir arriver sur certaines abatteuses des systèmes GPS permettant la cartographie des parcelles au fur et à mesure de la récolte, avec les quantités de bois, les essences, les types de valorisations, etc... Ces techniques ont déjà très utilisées en gestion forestière simple, mais leur arrivée dans la mécanisation du bûcheronnage marque une innovation importante. Cela veut dire qu'un marchand de bois peut savoir exactement ce qu'il a comme type de bois, où, et en quels quantités. Cela lui permet d'envoyer directement, via un mail, la localisation des piles faites par un débardeur, lui évitant ainsi l'encombrement papier de cartes, etc...
En revanche, concernant ces modernités, il est essentiel de garder une certaine simplicité d'action: d'une manière générale, les chauffeurs sont formés sur le tas, et ne possèdent pas de notions pointues en informatique ou cartographie numérique. Il faut donc penser ou à simplifier la manipulation de tels outils, ou à former les opérateurs.
De plus, il apparaît essentiel aujourd'hui d'apporter des innovations type environnementales à ces engins (biolubrifiants, biocarburants) qui ne sont que très peu en place actuellement, faute de prix intéressant.
Ce que l'on ne verra jamais
La place de l'homme est indispensable sur ce type d'engins. Certains y voient déjà une robotisation totale de la sylviculture, ce qui est faux : l'appréciation de la qualité des bois, ainsi que le choix des arbres à couper ce peut être automatisé. De plus, la conduite (déplacement et grue) ne peut pas, techniquement, être automatique. La forêt est un milieu ou la perception humaine ne peut être remplacée, de part sa complexité et sa diversité.
Enfin, ce type de machine n'est pas du tout source de chômage pour les bûcherons manuels: ceux-ci auront toujours du travail pour les abattages délicats, les très gros bois, les feuillus,... En plus, nombreux d'entre eux ont choisi la modernisation et de conduire à leur tour ce type de machine. Puis n'oublions pas que ces machines sont construites en usines, entretenues en grande partie dans des ateliers spécialisés, utilisent des produits particuliers en grande quantité, faisant donc fonctionner une nouvelle économie...
par Thibault
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