Il existe deux manières de se ballader en forêt le week end : la ballade au fil des chemins sans se préoccuper de ce qui nous entoure ou alors se ballader en entrant dans les parcelles et en passant à la loupe ces êtres vivants que sont les arbres ! Alors notre petit tour prend une allure magique, et la forêt devient vivante, nous pose des devinettes, on comprend qu'il existe une hiérarchie entre les arbres d'une même espèce, avec une réelle compétition parfois. Mais pour le ressentir, mieux vaut être bien accompagné pour bénéficier d'explications claires.
Voici quelques exemples de petites trouvailles en forêt que vous pouvez vous aussi observer de vous même. Petit tour au Royaume des Bizarreries ...
Ce petit cliché a été pris dans les Landes, au Teich. Il s'agit d'un Pin maritime touché par la "tordeuse du Pin". Cette fameuse chenille est redoutable pour les forestiers. Elle n'entraîne pas la mort de l'arbre, mais sa déformation. Il s'agit en réalité d'un petit lépidoptère qui pond en avril dans les jeunes pousses, bourgeons ou aiguilles de Pin. La larve péntre dans la moelle des ejunes pousses puis creuse dans les parties ligneuses de la tige (zone dure du bois) un peu avant d'arriver à maturité. Cette action provoque parfois la rupture de la partie touchée, mais conduit aussi aux déformations visible sur la photo: la tige est alors ramollie et se déforme au long de sa croissance !
Quel arbre est-ce donc ? Un Charme! Un très grand charme de la Forêt de Tronçais dans l'Allier. Ce qui est étonnant, bien que courrant chez les vieux individus, ce sont les canelures de son tronc. Pourquoi ? En fait, les fibres du bois, d'une manière générale, ont des orientations qui varient. Certains ont les fibres droites, d'autres ondées, d'autres torses, comme ce charme. Avec l'âge, cette torsion des fibres est de plus en plus visible et lui donne cet aspect. Petite info, le sens des fibres dans l'utilisation du bois joue un rôle primordial ! Un scieur faisant des produits de grande qualité le vérifie toujours avant d'acheter un lot en forêt. Certaines untilisations, comme la tonnellerie pour le chêne, excluent totalement les fibres torses ( à moins de vouloir des tranches vrillées ce qui rend compliquée la conféction d'un tonneau !). D'autres utilisation, comme la lutherie, sont à la recherche de bois à fibres ondées (Très très rare !), ce qui donne une résonnance extraordinaire à un violon et en fait sa grande qualité (les Stradi-Varius par exemple ...). Ces bois ondés peuvent se vendre plusieurs dizaines de milliers d'euros le mètre cube !
Toujours en Forêt de Tronçais, comme dans d'autres futaies de chênes d'ailleurs. Nous voici devant une parcelle qui peut paraître triste pour certains. Pourtant, cette parcelle sera sans doute admirée par nos arrières arrières arrières ... petits enfants! Eh oui! Il s'agit là d'une parcelle de chêne sessile en cours de régénération naturelle, ce qui peut prendre 10 ou 15 ans. Travail de longue halène. Si vous pénétrez dedans, vous pourrez observer de tous petits chênes au pied de leurs parents (premier plan de la photo). Il y a parfois 40 000 semis à l'hectare ! Hélas, ce type de parcelle est souvent critiquée par le grand public, pensant à un massacre du paysage, représentant pourtant un cycle obligatoire du milieu forestier, et parmi les plus difficile à réaliser avec succès !
Je vous aide ... Il s'agit d'un gros plan sur l'écorce d'un chêne dans une futaie du nord de la Bourgogne. Le petit appendice est en fait un picot. Oui, c'est son nom ! Il mesure 3 ou 4 mm. Il apparaît par exemple lors de coupe de régénérations, comme ci-dessus. La mise en lumière un peu brutale provoque son apparition. C'est un bourgeon dormant, qui s'étire depuis le coeur de l'arbre, et qui apparaît, menaçant de se développer, lors de coupes entraînant la mise en lumière rapide des arbres. Il témoigne d'une sorte de stress de l'arbre (ne pas oublier qu'un arbre est vivant et qu'il communique à sa manière !).
En forêt, il faut aussi regarder à terre. Il n'y a pas que des arbres. D'ailleurs, ce qui se trouve au sol est le meilleur indicateur de sa qualité et de l'environnement. Ici (Dans le sud de la Corrèze, sur le Causse de Brive, dans une peupleraie plus ou moins à l'abandon), il s'agit de petites plantes sans tiges, des Lathrées clandestines, se trouvant la plupart du temps sur des argiles de décarbonatation, sur des sols riches en bases.
Vous voilà donc un peu mieux avertis de ce qui peut se passer devant vos yeux, lors d'une ballade. J'essaierai de prendre quelques clichés supplémentaires qui vous permettront d'en connaître d'avantage sur le Royaume des Bizarreries !
ajouter un commentaire commentaires (2) créer un trackback recommander










Vos réflexions