Il est vrai que nous avons beaucoup parlé du rôle de production de notre belle forêt française. Pourtant, son utilisation ne se réduit pas à la production ligneuse, mais est aussi très développée pour la protection de certains espaces naturels, tels que les dunes sur le littoral, les milieux de haute montagne, les bords de rivière, ... Ces types de formations forestières ont des noms bien à eux, mais aussi une gestion très particulière, comportant des différences d'un point de vue sylvicole d'une part, mais aussi d'un point de vue des aménagements d'autre part.
Les forêts du littoral français
On considère qu'une grande partie du littoral atlantique français est classé en forêt de protection: on retrouve sur les milieux dunaires des espaces boisés de pins maritimes, du Pays Basque jusque au nord de la France. Ces forêts existent depuis le XVIII° siècle à peu près, période pendant laquelle fut boisé le marécage que constituait les Landes dans le but de protéger la ville de Mimizan. L'objectif, en semant des pins, étaient de fixer le sable de des dunes, et de limiter leur expansion.
Aujourd'hui, la plus grande partie de ces forêts littorales est gérée par l'ONF. L'Office applique une sylviculture très peu dynamique pour ne pas perturber le milieu, favoriser un boisement permanent en évitant les coupes à blanc. Le gros inconvénient de ces espaces est leur coût: les bois ne sont que très peu commercialisés, et leur entretien et leur maintien nécessite des investissements permanents main d'oeuvres et travaux.
Les forêts de montagne
Au XIX° siècle, les pays de haute montagne ont connus des déboisements importants à la suite desquels ont eu lieu des inondations catastrophiques avec des laves torrentielles ayant ravagée des villes et villages en aval. On reprit alors conscience du rôle essentiel de la forêt sur l'eau, l'érosion des terrains, la protection des avalanches, mais aussi des conséquences des déboisements. L'administration forestière lança donc une grande campagne de reboisement en 1860. Cette opération pris un nom encore employé aujourd'hui et ayant donné son nom au service de l'ONF concerné: la RTM, Restauration des Terrains en Montagne.
La sylviculture y est très compliquée, de part les contraintes climatiques subies, les essences utilisées (mélèze d'Europe, Epicéa, Hêtre, Erable, ...) qui ont des modes de régénération à problème. Cette sylviculture est souvent couplée à des aménagements visant à canaliser l'eau et les torrents. Là encore, la production est tout à fait inexistante, d'où des coûts très importants.
Les forêts de bord de rivières
Ce sont des ripisylves, ou forêts de bord de ruisseaux, rivières, lacs, ... Elles jouent un rôle capital d'un point de vue écologique: rétention des berge, zone d'échange entre le milieu aquatique et le milieu terrestre, abri naturel pour de nombreuses espèces animales et végétales, limitation de l'élévation de la température de l'eau, mais aussi la dépollution: les végétaux vont fixer les nitrates, phosphates et molécules phytosanitaires pour les dégrader de manière naturelle.
Sa gestion est très délicate et souvent négligée: il n'existe pas vraiment de gestion type, de charte ou autre, et bien souvent, les propriétaires de tels espaces l'ignorent, et ne peuvent donc agir de manière efficace. Les ripisylves sont aussi bien au milieu d'un champs que dans une forêt, et encore faut il avoir conscience de son importance pour agir comme il le faudrait: éviter la chute d'arbres morts dans l'eau, replantations régulières d'essences d'eau, tel que l'Aulne, le Saule, ...
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