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Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

N'hésitez pas à commenter, poser vos questions, proposer vos débats, exposer vos critiques, ... et tant de choses encore! Sylvasphere est un blog qui se veut ouvert d'esprit!
Lundi 11 juin 2007
En France, il existe un peu plus de 10 millions d'hectares de forêts privées pour 3 495 000 propriétaires, ce qui nous donne une moyenne de 2,9 hectares par propriétaire. Ce chiffre ne vous dit peut être rien, mais pour un professionnel, il est dérisoire, d'autant plus lorsque l'on sait que dans certaines régions, nombreux sont les propriétaires à ne pas posséder plus d'un hectare.

La conséquence directe est la suivante: comment est-il possible d'appliquer une gestion efficace à de telles propriétés. Les travaux sylvicoles sont intéressant à partir du moment où la surface est assez grande pour rentabiliser les travaux.

Il existerait pourtant un moyen très efficace pour éviter ce problème: il s'agit de l'entente et du regroupement en vue des travaux sylvicoles. Quand j'évoque ce principe, j'exclue les Organismes de Gestion et d'Exploitation en Commun (coopératives par exemple), ainsi que toutes les formes de Groupements Forestiers, systèmes à statuts légaux dans lesquels les petits propriétaires privés n'ont pas forcément leur place.

A mon sens, ce système devrait être basé sur le principe suivant: un propriétaire souhaite réaliser des travaux dans ses parcelles, mais celles-ci ne sont pas d'une taille intéressante pour attirer un entrepreneur. Il lui faut donc trouver d'autres propriétaires sur le secteur susceptibles d'être intéressés eux mêmes par les services de l'entrepreneur. Il devrait exister deux moyens de créer une circulation de l'information: par un affichage en mairie, mais là, le problème se situe dans les plages d'ouvertures des mairies qui sont souvent restreintes, et autant dire que peu de monde va à la mairie pour se tenir au courant des affichages officiels. Le second moyen devrait succéder à un affichage officiel par la communication via un courrier aux propriétaires de la commune. Sans doute pourrait-on trouver d'autres solutions...


Pourquoi cela ne se fait pas en France

Nous sommes dans un pays où la confiance n'est pas de mise. Les gens ont beaucoup de mal à se regrouper par peur d'une tromperie de la part de leur voisin, ou par peur d'un vol en faveur des entrepreneurs. Pourtant, tout le monde y trouverait son compte: les propriétaires auraient des bois bien mieux mis en valeur et les entrepreneurs ne se déplaceraient pas, parfois, pour une demi-journée de travail (comme cela m'arrive parfois).

Sans doute arriverons nous à mettre en place un jour ce type d'entente dans notre pays, mais il faudra beaucoup de temps...
par Thibault publié dans : A méditer ...
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Lundi 11 juin 2007
J'ai découvert une nouvelle fleur lors de ma dernière promenade en forêt. Je vous l'avais déjà montré dans cet article en pensant qu'il s'agissait d'une plante insectivore. En fait c'était une erreur. Il s'agit d'une Lathrée clandestine (Lathrea clandestina) de la famille des Scrophulariacées.



Elle est dépourvue de tige, et est sans chlorophylle. Chose étonnante car de ce fait, aucune photosynthèse n'a lieu. Alors comment fait-elle pour vivre? En fait, il s'agit d'une plante parasite des autres arbres et arbustes (Aulnes, peupliers, saules, ...), d'où mon titre... Elle possède des suçoirs lui permettant de capter sa nourriture dans les arbres voisins.



Où trouver cette fleur?


Vous pourrez la trouver dans l'Ouest et le Sud-Ouest de la France. En revanche, elle semble inexistante ailleurs.

Elle est souvent en sous-bois, en bord de berges de ruisseaux, dans des combes, alluvions, talwegs, dans des milieux frais donc. L'absence de chlorophylle lui permet de vivre dans des endroits où la lumière n'est pas très présente.


Particularité?

L'ami qui m'a mis sur la bonne piste (Francis Bonnet, technicien opérationnel à l'ONF du Tarn) m'a indiqué que la présence de cette fleur est le signe de l'apparition de morilles au même endroit au mois de mars l'année suivante... Je vous tiendrai au courant!
par Thibault publié dans : Tours et détours en forêt
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Dimanche 10 juin 2007
Sylvasphere est née il y a six mois, vous vous souvenez ? Enfin presque, c'était le 14 janvier. Je pense que le moment est donc venu pour moi de faire un premier bilan de cette période passée sur la blogosphere: mon combat mené, les points positifs, ce que j'en pense, les objectifs à venir.


De mon combat initial à une Sylvasphere plus profonde

Au départ, j'avais créé Sylvasphere pour répondre à un certain nombre de préjugés sur les forestiers et la forêt en général. J'étais parti sur un concept de blog explicatif, permettant à tous de mieux comprendre la filière forêt-bois. J'ai très vite compris que ça ne suffisait pas: décrire, c'est bien, mais se poser des questions, c'est mieux. Travailler sur Sylvasphere m'a permis de me poser énormément de questions: sur la filière, son fonctionnement, mon propre travail dans les bois, ce qui pourrait être amélioré par exemple.

Cette tournure prise par le blog m'a permis d'attirer un public relativement large. Avec près de 900 lecteurs par semaine, j'estime que Sylvasphere commence à fonctionner de manière correcte et qu'elle remplit ses objectifs (bien que j'espère aller beaucoup plus loin!). Aujourd'hui, je suis très heureux d'être lu aussi bien par des amateurs d'espaces naturels curieux de savoir comment nous fonctionnons que par des professionnels du bois et de la forêt relativement reconnus. Cela veut dire, pour moi, que mes réflexions peuvent être partagées.


Sylvasphere: une expérience très positive sur un plan personnel

Ce blog m'a beaucoup apporté ces six derniers mois. Au départ séduit par la facilité de rédaction de ce type de support, j'ai très vite compris que le concept du blog pouvait m'apporter une ouverture d'esprit sur le bois que j'aurais eu du mal à avoir de manière aussi claire dans mon environnement professionnel.

Travailler sur ce projet m'a permis de changer mes méthodes de travail, de les analyser, de porter un regard différent sur le milieu qui m'entoure (arriver à comprendre pourquoi tel acteur de la filière ne fait pas comme moi je l'aurais fait, ce qui est bien ou non dans ce qui est réalisé autour de moi). Cela m'a aussi permis de chercher des nouvelles manières de travailler, pour être plus propre, plus efficace, ...

Sylvasphere m'a enrichi du point de vue relationnel: j'ai eu l'occasion de prendre contact avec un certain nombre de professionnels de la filière que je n'aurais jamais connu en dehors de ce cadre.

En revanche, ce blog ne m'a rien apporté sur le plan de ma carrière personnelle, tout du moins au sein de mon entreprise: j'ai toujours voulu garder cet espace de discussion et d'échange en dehors de l'entreprise dans laquelle je travaille pour les raisons suivantes: je refuse que ce blog devienne un espace de revendications privées ou de règlements de comptes.


Et pour les mois à venir...

D'une part, je souhaite continuer dans la lignée que Sylvasphere a pris, c'est à dire dans l'explication et l'analyse de ma filière professionnelle, et d'autre part, j'aimerais faire évoluer cet espace en créant un véritable lieu om vous pourrez trouver des informations un peu nouvelles.

J'ai aussi compris que décrire un milieu naturel et la manière de l'utiliser ne suffisait plus. Vous pourrez donc trouver d'ici quelques temps des informations sur la transformation du bois, ses dérivés, etc...

Me concernant plus personnellement, je souhaiterais que ce blog me permette aussi de me faire connaître plus facilement par les professionnels de la filière forêt-bois. Vous trouverez d'ailleurs ici mon parcours, et vous pourrez me contactez ici.

Enfin, je tiens à vous dire que les prochains mois risquent d'être plus calmes: j'avais été arrêté pour un accident il y a trois mois, et je reprends mon activité professionnelle dans une semaine (chouette, ça commençait à être très très très long!!).


Si, par hasard, vous souhaitiez voir certains sujets traités, me faire parvenir des photos, me transmettre des informations intéressantes, ou toute autre choses, n'hésitez surtout pas à me contacter par mail. Vous trouverez aussi un bouton de contact en haut de la page d'accueil.

par Thibault publié dans : Sylvasphere - A propos
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Samedi 9 juin 2007
J'ai réalisé un petit investissement aujourd'hui, pour Sylvasphere... et pour moi!

Je me suis acheté un appareil photo numérique Reflex Nikon de bonne qualité en espérant pouvoir vous fournir des photos de plus belle qualité, avec un rendu couleur plus réaliste, des impressions de profondeur plus nettes, ...

Je garde quand même mon ancien appareil, un Sony qui a maintenant 4 ans et demi pour prendre quelques clichés "sur le moment" pendant mon travail, si je vois des choses intéressantes.

Bonne soirée!
par Thibault publié dans : A méditer ...
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Vendredi 8 juin 2007
Ces derniers jours m'ont été très instructifs. J'ai eu l'occasion de réfléchir de manière assez profonde sur trois choses: la politique forestière de la France, le savoir-faire des professionnels du bois et le regard porté sur la forêt et le bois par la population en général...


La politique forestière de la France

Cette politique est, à mon humble avis, légèrement en décalage avec la réalité du terrain. Les institutions veulent, d'un côté, favoriser les plantations forestières par des subventions aux propriétaires, et, d'u autre côté, laissent la possibilité aux agriculteurs, entre autre, de raser des petites parcelles pour les transformer en parcelles agricoles. Ce sont deux choses incompatibles, qui risquent de modifier très rapidement le paysage forestier français: certaines régions qui possédaient de la ressource forestière vont voir les prairies s'agrandir dans l'optique de l'obtention d'une prime à l'herbe...

De même, nous sommes impliqués aujourd'hui dans des démarches incontournables de labellisation du bois et des entreprises de gestion, d'exploitation et de transformation, alors que le consommateur, lui, ne peut pas vérifier de manière claire et directe la traçabilité du produit bois qu'il achète. Ca signifie donc qu'aujourd'hui, la filière investit dans un moyen de communication qui ne peut être efficace du fait de sa non-continuité au niveau de la distribution du produit fini. Heureusement, quelques marques de distribution d'objets contenant du bois se sont engagées dans cette traçabilité, mais ce n'est pas une règle générale.

L'Etat cherche aussi, depuis 2001, à mettre en place des plans de gestion pour les propriétés de plus de 25 ha (c'est dans la loi forestière de 2001), et bientôt pour celles de plus de 10 ha, alors que les propriétaires, pour la plupart ignorent cette loi, et certains ignorent même être propriétaires...


Le savoir-faire des professionnels du bois

Nous avons la chance d'avoir une filière qui possède d'énormes connaissances en matière de sylviculture, de transformation, de protection des espaces naturels par la forêt,...  En 1999, nous avons subi deux tempêtes à deux jours d'intervalle mettant à terre l'équivalent de plusieurs mois de récolte, voire de plusieurs années, nous permettant de tirer des leçons des erreurs du passé en matière de gestion notamment. Certains organismes ont su analyser les problèmes liés à la gestion, notamment concernant les types de sylviculture, et d'autres continuent à faire les mêmes erreurs, pensant être plus rentables en continuant dans la même lignée plutôt qu'en investissant dans des programmes d'étude permettant de chercher les solutions de culture les moins risquées.

De ce fait, certains organismes de gestions comme les coopératives travaillent de plus en plus dans une logique de production et de bénéfices, alors qu'il faudrait revenir à une logique plus forestière, c'est à dire avec des sylvicultures plus classiques, avec des éclaircies plus douces, des âges d'exploitation plus élevés par exemple, en sachant qu'on pourrait garder les mêmes modes d'exploitation qu'aujourd'hui (refuser une avancée technologique serait une grave erreur).

Ces modes d'exploitation, qui sont de plus en plus techniques et évolués, demandent une main d'oeuvre de plus en plus qualifiée, difficile à trouver... Les formations sont pour la plupart complètement inadaptée au milieu professionnel, et l'apprentissage sur le terrain est presque impossible.


Le regard de la population sur la forêt et le bois

La population est de plus en plus sensibilisée à l'environnement, au développement durable, à l'écologie, aux problèmes liés à la déforestation dans les pays africains, sud-américains et asiatiques. De ces informations fournies, la plupart du temps, en vrac au commun des mortels, ne ressort qu'un mauvais mélange menant la vie dure à notre filière qui n'arrive pas à trouver les bons mots pour communiquer efficacement... De fait, le grand public considère la filière bois française comme une sorte de mafia anti-écologique...


Ces trois blocs devraient pourtant mieux communiquer, trouver une sorte de terrain d'entente. Mais comment faire? Comment mettre en relation des politiques souhaitant bien faire mais ne connaissant pas les réalités du terrain, trouver des méthodes de sylviculture à la fois en accord avec l'optique de production d'une filière et avec un grand public souvent réticent concernant l'exploitation forestière? Comment arriver à convaincre les professionnels du bois de mieux communiquer sur leur travail alors que nombreux sont ceux préférant agir dans leur coin et tourner le dos aux question un peu compliquées et pourtant demandant des réponses nécessaires pour se faire apprécier de la population? Comment arriver à convaincre des distributeurs de produits bois de mieux communiquer sur leur politique en matière de traçabilité alors que ceux-ci préfèrent noyer le poisson dans des réponses plutôt floues car ayant peur d'avoir des réponses ne plaisant pas à leurs clients? Et tant d'autres questions encore que j'aimerais poser ...
par Thibault publié dans : A méditer ...
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