Vendredi 15 juin 2007
Hier j'ai publié un article sur les bénéfices de l'exploitation forestière sur le rôle de puits à carbone du milieu forestier.
Suite à cet article, David a publié ce commentaire:
Question très légitime, et très intéressante. Alors qu'en est-il?
L'industrie du bois démarre au niveau de l'exploitation et fini à l'assemblage des produits finis (2° transformation).

- L'exploitation forestière: il existe deux méthodes d'exploitation, manuelle et mécanisée. L'exploitation manuelle est peu polluante, du moins, en apparence. Les productions de gaz à effet de serre des tronçonneuses sont faibles, cela étant, ramené à la production d'une machine d'abattage, la consommation de carburant serait similaire. Côté exploitation mécanisée, il est évident que les consommations de carburants sont élevées (150 litres par jour environ), mais si les rendements sont assez élevés, le ratio "consommation de fioul / quantité de bois coupée" devient raisonnable. Il vaut mieux brûler 1 litre de fioul pour 3 stères coupées, plutôt que l'inverse. Malheureusement, les biocarburants se font attendre, ce qui est regrettable. Concernant les lubrifiants, les pertes sont faibles si la maintenance de l'engin est bonne. Cela dit, un projet de loi est en cours et rendrait l'utilisation des biolubrifiants obligatoires à partir de janvier 2008 pour les engins d'exploitation forestière. Bien que le prix au litre soit nettement plus élevé, leur coût, une fois ramené à la production ne devrait pas avoir une incidence énorme sur le budget d'une entreprise de travaux forestiers.
Revenons à la consommation de carburant. Une chose est importante: la consommation dépend énormément du type d'exploitation. Lorsque les bois ont un diamètre de 40 à 45 cm, la consommation de carburant est à son minimum par rapport à la production. En revanche, plus on s'éloigne de cette valeur, plus la consommation devient importante une fois rapportée à la production. De même, lorsque l'exploitation se fait en bois de grandes longueurs, la consommation de fioul diminue.

- Le transport du bois: Cette partie est l'une des plus importantes concernant le poste carburant, à un tel point que le transport devient une véritable problématique pour les acheteurs de bois. Pour essayer de compresser les dépenses de carburant au maximum et pour limiter les dégagements de polluants, les transporteurs ont mis au point des techniques logistiques parfois très poussées (voir cet article). L'une d'elle, utilisée par beaucoup d'exploitant à fait ses preuves depuis longtemps. Il s'agit du transport en bois longs. L'avantage est le suivant: à vide, le camion est plus léger qu'un camion normal, car il est rétractable. Au retour, le poids est identique à un camion plein, mais il transporte plus de bois, pour des raisons de foisonnement, et de poids initial. Donc, dans ce cas, les consommations de carburant ramenées à la quantité de bois transportée est intéressante.
- La transformation du bois: Concernant les papèteries, la pollution est assez importante, car ces structures sont utilisatrices de solvants et autres produits chimiques pour blanchir le papier, le traiter, ... ATTENTION: qu'il s'agisse de papier recyclé ou de bois, le process de production est tout aussi polluant!
Concernant les scieries, la pollution e
st limitée: bien souvent, les chaines de transformation utilisent l'énergie électrique, l'énergie thermique provient du recyclage des déchets de scierie qui sont brûlés. Après, la consommation d'énergie dépend de la taille des pièces sciées: plus les pièces sont grosses et longues, moins les unités de scierie consomment d'énergie.
Dans toutes les unités de transformation il existe des parcs de stockage de bois. Lorsque ceux-ci utilisent la méthode de conservation sous aspersion, les eaux utilisées sont récupérées pour éviter l'épandage de tanins dans les rivières, et pour limiter les consommations d'eau.
Dans tous les cas, l'utilisation d'énergie est indispensable à la transformation du bois, et plus la transformation se fait sur des bois longs et gros, moins il y a de dépense énergétique. Enfin, je crois que le plus important est le ratio "consommation d'énergie / production lors de la transformation". Plus ce ratio est faible, mieux c'est.
Enfin, depuis quelques années, compte tenu des obligations environnementales des scieries, elles cherchent bien souvent l'autonomie énergétique, mais cela n'est pas évident à atteindre. Sans doute un jour y arriveront-elles...
Suite à cet article, David a publié ce commentaire:
Question très légitime, et très intéressante. Alors qu'en est-il?
L'industrie du bois démarre au niveau de l'exploitation et fini à l'assemblage des produits finis (2° transformation).

- L'exploitation forestière: il existe deux méthodes d'exploitation, manuelle et mécanisée. L'exploitation manuelle est peu polluante, du moins, en apparence. Les productions de gaz à effet de serre des tronçonneuses sont faibles, cela étant, ramené à la production d'une machine d'abattage, la consommation de carburant serait similaire. Côté exploitation mécanisée, il est évident que les consommations de carburants sont élevées (150 litres par jour environ), mais si les rendements sont assez élevés, le ratio "consommation de fioul / quantité de bois coupée" devient raisonnable. Il vaut mieux brûler 1 litre de fioul pour 3 stères coupées, plutôt que l'inverse. Malheureusement, les biocarburants se font attendre, ce qui est regrettable. Concernant les lubrifiants, les pertes sont faibles si la maintenance de l'engin est bonne. Cela dit, un projet de loi est en cours et rendrait l'utilisation des biolubrifiants obligatoires à partir de janvier 2008 pour les engins d'exploitation forestière. Bien que le prix au litre soit nettement plus élevé, leur coût, une fois ramené à la production ne devrait pas avoir une incidence énorme sur le budget d'une entreprise de travaux forestiers.
Revenons à la consommation de carburant. Une chose est importante: la consommation dépend énormément du type d'exploitation. Lorsque les bois ont un diamètre de 40 à 45 cm, la consommation de carburant est à son minimum par rapport à la production. En revanche, plus on s'éloigne de cette valeur, plus la consommation devient importante une fois rapportée à la production. De même, lorsque l'exploitation se fait en bois de grandes longueurs, la consommation de fioul diminue.

- Le transport du bois: Cette partie est l'une des plus importantes concernant le poste carburant, à un tel point que le transport devient une véritable problématique pour les acheteurs de bois. Pour essayer de compresser les dépenses de carburant au maximum et pour limiter les dégagements de polluants, les transporteurs ont mis au point des techniques logistiques parfois très poussées (voir cet article). L'une d'elle, utilisée par beaucoup d'exploitant à fait ses preuves depuis longtemps. Il s'agit du transport en bois longs. L'avantage est le suivant: à vide, le camion est plus léger qu'un camion normal, car il est rétractable. Au retour, le poids est identique à un camion plein, mais il transporte plus de bois, pour des raisons de foisonnement, et de poids initial. Donc, dans ce cas, les consommations de carburant ramenées à la quantité de bois transportée est intéressante.
- La transformation du bois: Concernant les papèteries, la pollution est assez importante, car ces structures sont utilisatrices de solvants et autres produits chimiques pour blanchir le papier, le traiter, ... ATTENTION: qu'il s'agisse de papier recyclé ou de bois, le process de production est tout aussi polluant!
Concernant les scieries, la pollution e
st limitée: bien souvent, les chaines de transformation utilisent l'énergie électrique, l'énergie thermique provient du recyclage des déchets de scierie qui sont brûlés. Après, la consommation d'énergie dépend de la taille des pièces sciées: plus les pièces sont grosses et longues, moins les unités de scierie consomment d'énergie.Dans toutes les unités de transformation il existe des parcs de stockage de bois. Lorsque ceux-ci utilisent la méthode de conservation sous aspersion, les eaux utilisées sont récupérées pour éviter l'épandage de tanins dans les rivières, et pour limiter les consommations d'eau.
Dans tous les cas, l'utilisation d'énergie est indispensable à la transformation du bois, et plus la transformation se fait sur des bois longs et gros, moins il y a de dépense énergétique. Enfin, je crois que le plus important est le ratio "consommation d'énergie / production lors de la transformation". Plus ce ratio est faible, mieux c'est.
Enfin, depuis quelques années, compte tenu des obligations environnementales des scieries, elles cherchent bien souvent l'autonomie énergétique, mais cela n'est pas évident à atteindre. Sans doute un jour y arriveront-elles...
par Thibault
publié dans :
Tours et détours en forêt
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On parle souvent de la forêt en temps que puits à carbone, poumon de la planète permettant le stockage en masse du CO

Savez vous qu'il est possible de retracer l'histoire forestière d'une région à partir de l'étude des noms de villages? En effet, bien souvent, les lieux que nous habitons portent souvent des noms ayant rapport avec le bois. Parfois, la racine du nom est sans équivoque: La boulaie, Le Coudray, Castanet sont des noms de villages témoignant parfaitement de leur passé. On arrive aisément à savoir quelles essences peuplaient alors ces lieux.


Si j'ai bien compris, plus on exploite un bois jeune, plus il a de chances de terminer en flamme et donc de rendre son CO2, et plus on utilise un bois matûre, plus il reste à l'état de matériau et stock le CO2?
Mais qu'en est-il de l'industrie de transformation de ce bois? Comment prendre en compte le CO2 généré par cette industrie? Y a-t-il une corrélation entre le type de bois et le dégagement de CO2?Merci de ta réponse, si elle est possible...