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Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...
N'hésitez pas à commenter, poser vos questions, proposer vos débats, exposer vos critiques, ... et tant de choses encore! Sylvasphere est un blog qui se veut ouvert d'esprit!
Cette expression si bien connue de tous s'applique aussi aux végétaux, et notamment aux arbres! Saviez-vous que les arbres et arbustes forment à l'avance leurs bourgeons pour l'année d'après? J'imagine que vous ne vous étiez même jamais posé la question. D'ailleurs, très franchement, avant d'intégrer le milieu forestier, je ne me l'étais pas posée non plus... Mais quel est donc son rôle?
En réalité, il va donner naissance à des feuilles, des branches, des fleurs, des fruits... Par exemple, sur la photo, le plus gros au bout de la tige va donner naissance à la suite de la branche.
Mais son rôle ne s'arrête pas là... Il contient le point végétatif, organe déterminant dans le phénomène de la multiplication des cellules. Cet organe est très fragile, et il est donc nécessaire de le protéger de manière sûre. Le bourgeon sert donc aussi de couverture de protection contre les chocs, les températures froides, etc...
Petites choses étonnantes...
- Si vous vous amusez à découper longitudinalement un bourgeon, vous pourrez remarquer la présence de petites feuilles d'un vert très pâle à l'intérieur, formant la couche protectrice du point végétatif.
- Les bourgeons sont aussi très appétissants pour la faune forestière, ce qui peut avoir comme conséquence l'allure parfois ramassé de certains petits plants forestiers.
- Vous pouvez parfois observer des arbres fourchus en forêt. Chez les feuillus, la fourche est souvent assez remarquable, et chez les résineux, on peut parfois observer des arbres avec de multiples têtes. Ces phénomènes sont bien souvent liés à des températures négatives en hiver ayant gelé le bourgeon et donc empêché la croissance de la tige de manière normale. Les fourches sont en réalité des branches ayant pris le relai pour poursuivre la croissance en hauteur de l'arbre.
- L'éclosion du bourgeon au printemps se nomme le débourrement. Les premières essences à débourrer sont souvent les saules, caractérisés par leurs bourgeons blancs à l'aspect très poilu.
par Thibault
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Tours et détours en forêt
Tout d'abord, petite anecdote qui date d'il y a une ou deux semaines:Nous faisions un peu de maintenance sur nos machines, mon collègue et moi même. Nous nous trouvions sur une grande piste, au beau milieu d'un champ d'éoliennes, lui même parcouru par de nombreuses pistes, récentes pour la plupart, puisque construites pour l'édification des générateurs éoliens.
Nous observons alors un couple de promeneurs qui s'approchent de nous. Je me doutais déjà de leur question. Arrivés à notre hauteur, les deux marcheurs nous tendent une petite fiche type topoguide, avec une petite carte imprimé dessus dans un rectangle de 10 x 5 cm, échelle 1/100000, puis nous demandent: "Où sommes-nous? Parce que là, ça fait deux heures que nous tournons en rond, et on est complètement perdus". La chose était prévisible, étant donné l'évident manque de préparation du couple à une longue randonnée en forêt...
Nous observons alors un couple de promeneurs qui s'approchent de nous. Je me doutais déjà de leur question. Arrivés à notre hauteur, les deux marcheurs nous tendent une petite fiche type topoguide, avec une petite carte imprimé dessus dans un rectangle de 10 x 5 cm, échelle 1/100000, puis nous demandent: "Où sommes-nous? Parce que là, ça fait deux heures que nous tournons en rond, et on est complètement perdus". La chose était prévisible, étant donné l'évident manque de préparation du couple à une longue randonnée en forêt...
Randonner dans les bois, même sur des pistes larges, ne doit pas se faire sans un minimum de préparation, même s'il s'agit d'une simple balade à quelques kilomètres d'un village.
Les choses à faire absolument pour éviter de s'égarer
- S'équiper comme il le faut: boussole, carte IGN 1/25 000 à jour, téléphone portable;
- Vérifier que votre carte IGN soit bien à jour (se renseigner auprès de la mairie de la commune concernée par exemple). Si ce n'est pas le cas (comme souvent), essayer de se procurer des documents complets. Pour cela, vous pouvez par exemple demander à une mairie, ou alors à l'ONF, qui procède dans le cadre de ses aménagements, à une cartographie complète du réseau de pistes;
- Au premier doute sur votre itinéraire, essayer de trouver une aide: souvent, vous pourrez trouver de manière rapide des gens sur des coupes de bois, ou bien dans des plantations. Ce sont les plus à même de vous renseigner, car, bien souvent, ils connaissent parfaitement le secteur;
- Essayer, si vous connaissez mal la région, de vous cantonner à des itinéraires balisés. En les suivant scrupuleusement, vous limiterez les risques.
Les choses à éviter
- Partir sans carte: même si vous ne savez pas la lire de manière correcte, en cas d'égarement, quelqu'un pourra vous réorienter.
- Eviter de se limiter aux cartes type touristiques, topoguides: elles ne sont pas complètes, et ne permettent pas d'être justes à 100 %. De plus, leurs échelles sont souvent intermédiaires, et sont, de fait, difficiles à lire;
- Quitter un itinéraire balisé sous prétexte que le chemin qui part à droite est joli... C'est la meilleure manière de se perdre et d'être désorienté.
Chacun est libre de suivre ou de ne pas suivre ces conseils. Cela étant, chaque année, des promeneurs imprudents se perdent, pensant qu'une petite virée à deux kilomètres d'un village est innocente...
par Thibault
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Tours et détours en forêt
Je vous ai souvent parlé de la vie en forêt. Cependant, j'avais toujours restreint mes articles à des échelles que l'on pourrait qualifier "d'échelles humaines".
Pour une fois, j'ai décidé d'aborder une autre dimension... Celle de l'insecte. Et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de la fourmi!
Je ne sais pas si vous avez lu la trilogie écrite par Bernard Werber sur les fourmis, mais ce que vous allez lire dans cet article se trouve tout à fait dans cette lignée.
Lors d'une de mes balades en forêts, j'ai pu assister à un spectacle extraordinaire sur le haut d'un chardon: des fourmis étaient en train de traire des pucerons. J'avais déjà découvert cette pratique dans la trilogie évoquée plus haut, mais je n'avais jamais réellement cherché à observer de manière précise ce rituel quotidien auquel se livrent les fourmis de la caste ouvrière.

Un rapport hiérarchique bien établi
Il n'existe pas de situation conflictuelle entre les deux espèces. Au contraire, je dois dire qu'elles se rendent des services réciproques: les pucerons sont le bétail des fourmis, qui les amènent en haut des plantes, les exploitent pour en tirer du miellat, et les protègent en cas de prédation.
Un rituel bien rodé
Les pucerons ont pour habitude de sucer la sève des végétaux. Lorsqu'ils en ont assez, ils rejettent de manière vive par leur anus les surplus. Dans le cas d'une coopération avec les fourmis, cela se passe différemment: les pucerons pompent la sève neuve dans le haut des plantes. Les fourmis leur tapotent l'abdomen à l'aide de leurs antennes pour en extraire une goute, libérée par les pucerons de manière douce.
Ce spectacle m'a sans douté occupé un bon quart d'heure. J'essaierai de le photographier à nouveau dans de meilleures conditions pour obtenir de plus belles images, car ce matin une légère brise fendait l'air et faisait bouger la tige du chardon exploité...
Pour une fois, j'ai décidé d'aborder une autre dimension... Celle de l'insecte. Et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de la fourmi!
Je ne sais pas si vous avez lu la trilogie écrite par Bernard Werber sur les fourmis, mais ce que vous allez lire dans cet article se trouve tout à fait dans cette lignée.
Lors d'une de mes balades en forêts, j'ai pu assister à un spectacle extraordinaire sur le haut d'un chardon: des fourmis étaient en train de traire des pucerons. J'avais déjà découvert cette pratique dans la trilogie évoquée plus haut, mais je n'avais jamais réellement cherché à observer de manière précise ce rituel quotidien auquel se livrent les fourmis de la caste ouvrière.

Un rapport hiérarchique bien établi
Il n'existe pas de situation conflictuelle entre les deux espèces. Au contraire, je dois dire qu'elles se rendent des services réciproques: les pucerons sont le bétail des fourmis, qui les amènent en haut des plantes, les exploitent pour en tirer du miellat, et les protègent en cas de prédation.
Un rituel bien rodé
Les pucerons ont pour habitude de sucer la sève des végétaux. Lorsqu'ils en ont assez, ils rejettent de manière vive par leur anus les surplus. Dans le cas d'une coopération avec les fourmis, cela se passe différemment: les pucerons pompent la sève neuve dans le haut des plantes. Les fourmis leur tapotent l'abdomen à l'aide de leurs antennes pour en extraire une goute, libérée par les pucerons de manière douce.
Ce spectacle m'a sans douté occupé un bon quart d'heure. J'essaierai de le photographier à nouveau dans de meilleures conditions pour obtenir de plus belles images, car ce matin une légère brise fendait l'air et faisait bouger la tige du chardon exploité...
par Thibault
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Tours et détours en forêt
Cette période estivale me permet de rencontrer pas mal de monde en forêt. La majorité d'entre eux s'arrêtent pour me regarder travailler, admirer les piles de bois faites par le débardeur et pour me poser des questions sur mon travail. L'une des plus répétées est: "vous ne faites que du bois pour le papier ?"Je crois que cette questions est la conséquence d'un certain nombre d'images toutes faites dans l'esprit des promeneurs:
-Les bois d'éclaircie sont souvent petits en diamètre. Pour la majorité des gens, seuls les gros bois peuvent être sciés;
- Dans l'esprit du grand public, bien souvent, la mécanisation est un symbole fort de l'industrie. En France, l'industrie du bois est souvent symbolisée par l'industrie papetière;
- Beaucoup de monde n'a pas encore conscience que le résineux peut aussi produire du sciage de qualité. Pour beaucoup, sciage est synonyme de feuillu, bois exotiques. Peu de monde a conscience que la forêt française peut produire des bois de charpente résineux, des bois à palettes qui sont, pour la grande majorité, en essence résineuse,...
Pour vous aider à reconnaître les piles de bois
- Les gros bois sont utilisés pour le sciage;
- Les bois d'une longueur supérieure à deux mètres sont utilisées pour le sciage la plupart du temps (excepté le billon en 3 mètres qui part parfois au papier en Italie);
- Le papier est fait dans les bois les plus petits, jusqu'à un diamètre de 10 cm;
- Les bois rouges (pin, mélèze, douglas, ...) sont acceptés pour le papier jusqu'à des diamètres de 6 à7 cm.
Toutes les coupes permettent de récolter à la fois du bois de sciage et du bois pour la trituration (pâte à papier, panneaux de particules, ...). Les bois sont triés en fonctions de leurs dimensions (Voir l'article sur le débardage des bois courts), et pilés séparément au bord des routes et pistes.
Bonne promenade!
par Thibault
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Tours et détours en forêt
Il me semble que les français prennent très souvent pour essence emblématique le chêne.
C'est bien vu: cet arbre est majestueux, beau, paraît noble par sa longévité et certaines de ses utilisations.
Maintenant, parlons de son utilisation. Trop souvent, cette essence est associée à une utilisation très noble, qui est soit la tonnellerie, soit l'ébénisterie. Et pour beaucoup, le chêne était utilisé autrefois pour faire le mât des bateaux.
Pour ce qui est de l'utilisation en bois de marine, je vais casser le mythe: le chêne était très utilisé pour les coques, mais bien souvent, les mâts étaient faits en sapin, essence beaucoup plus souple et élastique.
Les utilisations du chêne aujourd'hui
Bien sûr que le chêne peut être utilisé pour la méranderie (tonneaux), ou alors pour la confection de meubles, mais alors nous ne parlons que des spécimens les plus jolis et les plus gros! En réalité, seule une minorité d'individus appartenant à l'élite ont fait la légende de cette essence. La plupart des bois partent en sciages classiques ou au chauffage, et ce, pour plusieurs raisons.
La qualité d'un bois dépend bien sûr de sa sylviculture, mais aussi et surtout de sa localisation géographique: le chêne répond à cette règle. Un chêne de plaine, implanté dans un sol profond et ayant assez d'eau pour vivre sera bien souvent un chêne de grande qualité s'il est bien mené (sylviculture adaptée). En revanche, un chêne, même de moyenne montagne, ou de haie, sera bien souvent très branchu, tordu, et comportant beaucoup de défauts.

Tout d'abord, il peut être gélif. Cela signifie que son sol et son climat ne sont pas adaptés à sa croissance. Alors, on peut remarquer au pied une sorte de fente cicatrisée que l'on appelle gélivure. Le froid n'est pas le seul facteur à prendre en compte donc.

Puis il peut posséder des gourmands, c'est à dire des sortes de bourgeons dormant sous l'écorce et se réveillant d'un coup pour donner naissance à des branches organisées de manière anarchique sur le tronc. Tandis que la gélivure va déclasser complètement le bois, les gourmands, eux, empêchent une utilisation de grande qualité, mais ne compromettent pas une utilisation pour le sciage.

Puis le bois peut aussi être roulé, c'est à dire fendu de manière circulaire au coeur de l'arbre, signe d'un problème nutritionnel par exemple.
Tout ceci pour dire que l'on surestime bien souvent le chêne des régions de moyenne montagne, en lui attribuant une valeur extraordinaire, alors que finalement, cette essence est très mal adaptée à ce milieu topographique. Par conséquent, ne vous évertuez pas à dire que le feuillu a sa place partout, ou encore qu'il y a trop de résineux en France. Parfois, le feuillu est présent, mais connaît des problèmes non visibles, alors qu'une essence résineuse aurait pu donner de magnifiques résultats, alors que d'autres fois, il s'agit du cas inverse.
Bien sûr, le chêne n'est pas la seule essence feuillue présente en France. Certaines sont même très bien adaptées au milieu montagnard (comme le hêtre par exemple). Mais le problème reste le même: il n'est pas toujours adapté à sa situation géographique...
La forêt est un milieu fait de nuances et de règles qui parfois ne tiennent pas à grand chose...
C'est bien vu: cet arbre est majestueux, beau, paraît noble par sa longévité et certaines de ses utilisations.
Maintenant, parlons de son utilisation. Trop souvent, cette essence est associée à une utilisation très noble, qui est soit la tonnellerie, soit l'ébénisterie. Et pour beaucoup, le chêne était utilisé autrefois pour faire le mât des bateaux.
Pour ce qui est de l'utilisation en bois de marine, je vais casser le mythe: le chêne était très utilisé pour les coques, mais bien souvent, les mâts étaient faits en sapin, essence beaucoup plus souple et élastique.
Les utilisations du chêne aujourd'hui

Bien sûr que le chêne peut être utilisé pour la méranderie (tonneaux), ou alors pour la confection de meubles, mais alors nous ne parlons que des spécimens les plus jolis et les plus gros! En réalité, seule une minorité d'individus appartenant à l'élite ont fait la légende de cette essence. La plupart des bois partent en sciages classiques ou au chauffage, et ce, pour plusieurs raisons.
La qualité d'un bois dépend bien sûr de sa sylviculture, mais aussi et surtout de sa localisation géographique: le chêne répond à cette règle. Un chêne de plaine, implanté dans un sol profond et ayant assez d'eau pour vivre sera bien souvent un chêne de grande qualité s'il est bien mené (sylviculture adaptée). En revanche, un chêne, même de moyenne montagne, ou de haie, sera bien souvent très branchu, tordu, et comportant beaucoup de défauts.

Tout d'abord, il peut être gélif. Cela signifie que son sol et son climat ne sont pas adaptés à sa croissance. Alors, on peut remarquer au pied une sorte de fente cicatrisée que l'on appelle gélivure. Le froid n'est pas le seul facteur à prendre en compte donc.

Puis il peut posséder des gourmands, c'est à dire des sortes de bourgeons dormant sous l'écorce et se réveillant d'un coup pour donner naissance à des branches organisées de manière anarchique sur le tronc. Tandis que la gélivure va déclasser complètement le bois, les gourmands, eux, empêchent une utilisation de grande qualité, mais ne compromettent pas une utilisation pour le sciage.

Puis le bois peut aussi être roulé, c'est à dire fendu de manière circulaire au coeur de l'arbre, signe d'un problème nutritionnel par exemple.
Tout ceci pour dire que l'on surestime bien souvent le chêne des régions de moyenne montagne, en lui attribuant une valeur extraordinaire, alors que finalement, cette essence est très mal adaptée à ce milieu topographique. Par conséquent, ne vous évertuez pas à dire que le feuillu a sa place partout, ou encore qu'il y a trop de résineux en France. Parfois, le feuillu est présent, mais connaît des problèmes non visibles, alors qu'une essence résineuse aurait pu donner de magnifiques résultats, alors que d'autres fois, il s'agit du cas inverse.
Bien sûr, le chêne n'est pas la seule essence feuillue présente en France. Certaines sont même très bien adaptées au milieu montagnard (comme le hêtre par exemple). Mais le problème reste le même: il n'est pas toujours adapté à sa situation géographique...
La forêt est un milieu fait de nuances et de règles qui parfois ne tiennent pas à grand chose...
par Thibault
publié dans :
Tours et détours en forêt








