Texte Libre


Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

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Mardi 13 février 2007

Avez vous regardé hier soir l'émission sur TF1, "J'ai une question à vous poser"? Je l'ai fais, et personnellement, quelque chose m'a un peu...choqué! Marie-George Buffet a évoqué la pénibilité du travail chez les cheminots lors d'une question sur les régimes spéciaux. Je ne dis pas que les cheminots ne font pas un travail à responsabilité comme elle dit... Simplement, lorsqu'on parle de pénibilité du travail, il serait pertinent de l'appliquer aussi bien au public qu'au privé! Je suis conducteur d'une machine d'abattage, et je suis passionné par mon travail. Mais je ne pense pas vraiment qu'il soit de tout repos: je fais du bateau sur les souches quand je roule, je prends des bonnes secousses lorsque j'abats des arbres de presque 2 mètres cubes et 30 mètres de haut, je fais de la mécanique couché dans la neige lorsque je suis en panne, bref, je me repose vraiment au travail! Y'a pas photo comme disent certains! Quand aux boulots à responsabilité, n'y a t'il pas pire que cheminot? Mon frère, qui lit mes articles, me corrigera si je me trompe (merci frangin!): il est chef d'un groupe d'achat, et je pense qu'il subit pas mal de stress et de pression, et il doit être servi niveau responsabilité! Mais au fait, tu ne m'avais pas dis que tu partais à la retraite à 50 ans ! C'est rigolo!

Alors voilà, travailler en forêt, c'est peut être agréable, mais ce n'est sûrement pas ce qu'il y a de plus reposant, sans compter que les 35 heures, il m'arrive régulièrement de les faire deux fois dans la semaine! Alors moi, je veux bien aussi la retraite à 50 ans, car j'estime que j'ai aussi un travail dit pénible, mais madame Buffet ne se rend sûrement pas compte qu'il y a des gens qui travaillent!

par Thibault publié dans : A mon avis...
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Dimanche 11 février 2007

Il est vrai que nous avons beaucoup parlé du rôle de production de notre belle forêt française. Pourtant, son utilisation ne se réduit pas à la production ligneuse, mais est aussi très développée pour la protection de certains espaces naturels, tels que les dunes sur le littoral, les milieux de haute montagne, les bords de rivière, ... Ces types de formations forestières ont des noms bien à eux, mais aussi une gestion très particulière, comportant des différences d'un point de vue sylvicole d'une part, mais aussi d'un point de vue des aménagements d'autre part.

Les forêts du littoral français

On considère qu'une grande partie du littoral atlantique français est classé en forêt de protection: on retrouve sur les milieux dunaires des espaces boisés de pins maritimes, du Pays Basque jusque au nord de la France. Ces forêts existent depuis le XVIII° siècle à peu près, période pendant laquelle fut boisé le marécage que constituait les Landes dans le but de protéger la ville de Mimizan. L'objectif, en semant des pins, étaient de fixer le sable de des dunes, et de limiter leur expansion.

Aujourd'hui, la plus grande partie de ces forêts littorales est gérée par l'ONF. L'Office applique une sylviculture très peu dynamique pour ne pas perturber le milieu, favoriser un boisement permanent en évitant les coupes à blanc. Le gros inconvénient de ces espaces est leur coût: les bois ne sont que très peu commercialisés, et leur entretien et leur maintien nécessite des investissements permanents main d'oeuvres et travaux.

Les forêts de montagne

Au XIX° siècle, les pays de haute montagne ont connus des déboisements importants à la suite desquels ont eu lieu des inondations catastrophiques avec des laves torrentielles ayant ravagée des villes et villages en aval. On reprit alors conscience du rôle essentiel de la forêt sur l'eau, l'érosion des terrains, la protection des avalanches, mais aussi des conséquences des déboisements. L'administration forestière lança donc une grande campagne de reboisement en 1860. Cette opération pris un nom encore employé aujourd'hui et ayant donné son nom au service de l'ONF concerné: la RTM, Restauration des Terrains en Montagne.

La sylviculture y est très compliquée, de part les contraintes climatiques subies, les essences utilisées (mélèze d'Europe, Epicéa, Hêtre, Erable, ...) qui ont des modes de régénération à problème. Cette sylviculture est souvent couplée à des aménagements visant à canaliser l'eau et les torrents. Là encore, la production est tout à fait inexistante, d'où des coûts très importants.

Les forêts de bord de rivières

Ce sont des ripisylves, ou forêts de bord de ruisseaux, rivières, lacs, ... Elles jouent un rôle capital d'un point de vue écologique: rétention des berge, zone d'échange entre le milieu aquatique et le milieu terrestre, abri naturel pour de nombreuses espèces animales et végétales, limitation de l'élévation de la température de l'eau, mais aussi la dépollution: les végétaux vont fixer les nitrates, phosphates et molécules phytosanitaires pour les dégrader de manière naturelle.

Sa gestion est très délicate et souvent négligée: il n'existe pas vraiment de gestion type, de charte ou autre, et bien souvent, les propriétaires de tels espaces l'ignorent, et ne peuvent donc agir de manière efficace. Les ripisylves sont aussi bien au milieu d'un champs que dans une forêt, et encore faut il avoir conscience de son importance pour agir comme il le faudrait: éviter la chute d'arbres morts dans l'eau, replantations régulières d'essences d'eau, tel que l'Aulne, le Saule, ...

par Thibault publié dans : Tours et détours en forêt
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Mardi 6 février 2007

Le Plateau de Millevaches, en Limousin, c'est le pays de l'eau, des grands espaces, et du bois ... Le bois, il  y en avait tellement, qu'en 1999, lors de la Tempête, des parties entières de forêts sont tombées, permettant aux habitants de découvrir des paysages jusque là presque inconnus.

L'une de ces zones touchées est située sur le Mont Bessou (976 m d'altitude), à Meymac, en Corrèze. Un peu vexés d'avoir un mont frolant les 1000 m, le groupement Syndical Forestier du Mt-Bessou, le Département et la Commune ont décidé de valorsier ce nouveau point de vue en y installant une tour d'observation en bois, et, surprise, faisant passer le Mont Bessou de 976 m à... 1001 m!

En dehors de ce petit monument local, des sentiers de découverte du champignon et du granites ont été mis en place, permettant de compléter l'activité touristique locale centrée sur le milieu naturel.

Je vous invite donc à aller visiter ce beau pays qu'est la Corrèze, que j'ai cotoyé pendant 3 belles années, et où il reste toujours quelque chose à découvrir !

par Thibault publié dans : A découvrir
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Lundi 5 février 2007

Dans l'article précédent, je décrivais les méthodes d'abattage les plus courantes.

Après l'abattage vient le débardage: il s'agit de sortir les bois coupés et façonnés pour les ammener bord de route et les mettre en piles. Le débardage se fait principalement de deux manières: en bois longs ou en bois courts.

 

Le débardage bois longs

Le débardage bois long se fait à l'aide d'un skidder. C'est en réalité un gros tracteur avec un ou deux câbles et une lame de gerbage à l'avant (gerber, c'est mettre les bois longs, ou grumes, en tas). Cette technique est essentiellement utilisée dans les milieux montagnards, comme dans les Alpes, le Jura, ... Généralement, les bois laissés en grandes longueur sont ceux qui ont le plus de valeur. Leur débardage doit donc se faire avec beaucoup de soins.

Dans certains cas, le débardage par traction animale est employé. Il se pratique dans des zones à risques, type anciens champs de bataille à Verdun, ou encore dans des futaies jardinées (sylviculture très fine des régions de l'Est), pour ne pas détériorer les bois alentours.

 

Le débardage bois courts

Dans ce cas, un porteur est employé. Cette technique est de plus en plus courante: rendement, plyvalence, pénibilité moindre, ... Cet engin permet un tri facile des différentes qualités de bois bord de route.

par Thibault publié dans : Tours et détours en forêt
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Dimanche 4 février 2007
Dans les articles précédants, je vous ai parlé de sylviculture par éclaircies, de valorisation, et vaguement des méthodes de récoltes. Je vais donc vous expliquer plus en détail les manières de récolter le bois.
La première partie de la récolte est l'abattage. Il existe deux manières de faire de l'abattage: l'abattage manuel et l'abattage mécanisé.
L'abattage manuel
Il est effectué par un bûcheron, à l'aide d'une tronçonneuse. Il est de moins en moins utilisé, pour des raisons de pénibilité du travail. Les bûcherons travaillent surtout sur des coupes à blancs, dans des gros bois, ou en compléments de machines, pour des abattages délicats.
De plus en plus, le bûcheron fait un travail de très grande précision, nécessitant de véritables compétences. Cela pose un peu problème d'ailleurs aujourd'hui, car il est de plus en plus difficile de trouver des personnes vraiment compétentes pour les travaux demandés (abattages d'arbres au bord de lignes à hautes tensions par exemples).
 
L'abattage mécanisé
L'abattage mécanisé est apparu au début des années 80, dans le nord de l'Europe. La France a essayé de développer certaines méthodes, sans succés. Les machines nord-européennes telles que celles que l'on connaît aujourd'hui se sont démocratisées dans le milieu des années 90 et surtout après 99, lors des tempêtes.
Une machine d'abattage permet d'abattre, d'ébrancher et de billonner des arbres à des longueurs choisies par l'opérateur. Ces machines sont équipées d'informatique embarqué, de programmes d'optimisation de découpe permettant une valorisation optimale  des bois.
Elles travaillent aussi bien en éclaircie qu'en coupe rase. Leurs avantages par rapport à un bûcheron sont multiples: tout d'abord, le rendement. Une machine remplace environ une vingtaine de bûcheron sur une journée. La valorisation des bois est meilleure (longueurs plus régulières, mieux respectées). De plus, le travail est facilité pour le débardage. Le bois est regroupé au bord des lignes, les branches sont nettement séparées.
 
Pour vous donner une idée du type de machine utilisée, voici une vidéo provenant du site de la marque Valmet, montrant l'une de leur machine en action sur un chantier en coupe rase.
 
 
par Thibault publié dans : Tours et détours en forêt
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