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Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

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Samedi 27 janvier 2007

Dans les années 90 les systèmes de certification faisaient leur apparition. Il s'agissait surtout de promouvoir des produits bois par leurs origines. Puis, avec le temps, cette certification a évolué avec les exigences du public: la bonne gestion des forêts, la provenance géographique, des modes de fabrication toujours plus propres ... Mais il manque un maillon: l'exploitation du bois. Vous allez me dire: "comment vérifier ou quantifier la qualité environnementale et écologique de la récolte des bois?" Pas évident en effet. Cependant, les entrepreneurs sont aussi, et de plus en plus, adhérents de ces systèmes d'écocertification et tentent de mettre en place au sein de leur entreprise une démarche qualité.

De quelle manière cette démarche est elle mise en oeuvre?

Il y a encore 15 ou 20 ans, les huiles d'engins étaient déversées dans les sols forestiers. Ce n'est maintenant plus pensable, heureusement! Rien que ce point là, c'est une avancée ! En réalité, cette démarche qualité est présente sous plusieurs formes. Voici, par exemple, les point essentiels dans notre entreprise: les modes de travail, la propreté du matériel et du chantier.

1/ Les modes de travail

Il s'agit de travailler de manière propre, tout en respectant les objectifs du donneur d'ordre. La propreté est évaluée par l'impact que nous avons sur une parcelle: Il faut blesser le moins d'arbres possible en dehors des arbres prélevés pour la récolte, avoir un chantier organisé pour que tous puissent travailler de manière efficace.

Les objectifs sont implicites ou explicites. Le premier objectif est de respecter la demande du donneur d'ordre concernant l'objectif sylvicole du travail demandé, ainsi que la manière de valoriser les bois récoltés. L'objectif explicite est de respecter le cahier des charges des produits valorisés lors de la récolte. Ce cahier comprend des notions de qualité de bois, de branchaison des bois, d'admission des défauts, de longueur, de diamètres de valorisation, de rectitude des bois, ... Dans le cas où ce cahier ne serait pas respecté, les chargements de bois arrivant à l'usine de transformation peuvent être refusés.

 

2/ Propreté du matériel et du chantier

Faire un travail acceptable n'est pas suffisant. Il est essentiel de le faire dans un souci de propreté d'un point de vue écologique. Pour commencer, nous récupérons tous nos déchets liés à l'activité d'un chantier (huiles, filtres, flexibles, cartouches de graisse, chaines de tronçonneuse). Lors de démontages de pièces, nous essayons de récupérer au maximum les huiles, graisses, ...

Les engins sont entretenus de manière à polluer le moins possible: entretien moteur dans le but d'abaisser les consommations de carburant, remplacements de flexibles avant rupture afin d'éviter les fuites graves.

Le chantier est réceptionné dans un état de propreté identique à notre arrivée à la différence près que nous récupérons tout facteur de pollution existant à notre arrivée (cartouches de graisse vides à terre, cables de treuillages cassés, canettes, ...)

 

Cette démarche de qualité a pourtant ses limites: Cette démarche n'est absolument pas homogène entre les entreprises. Aucun texte écrit n'existe, ce qui ne permet pas de cadrer réellement cette démarche de qualité. Enfin, il est très difficile de parvenir à réinsérer nos déchets dans une filière de récupération efficace: nous produisons des "Déchets Industriels Dangereux", type filtres, flexibles, et mis à part les déchetteries communales, il est quasi impossible de les écouler. Seulement, ces déchetteries ne les retraitent pas forcément comme il le faudrait (filière de recyclage adaptée). De plus, les établissements de récupérations des D.I.D. pratiquent des prix trop important pour permettre une récupération efficace.

Enfin, les prix des biocarburants et biolubrifiants ne sont pas attractifs du tout, ce qui empêche leur développement. Seuls quelques entrepreneurs osent franchir ce pas qui est un réel investissement. 

 

Vendredi 26 janvier 2007
Le 21 janvier ce commentaire était posté : 
 
 
"Merci pour cet article très riche pour un ignorant sur le sujet comme moi. Une petite question: Dans les causes des dégats, n'y avait-il pas aussi la façon de planter les abres en lignes droites, ce qui crée des couloirs où le vent s'engouffre?"
Le but de cet article n'est pas vraiment de revenir sur ma réponse, mais plutôt sur l'observation des plantations en ligne droite.
 
 
Pour commencer, nous allons faire un peu d'histoire :
 
 
En 1340, la marine nationale subit la défaite de l'Ecluse. C'est alors que Philippe VI de Valois prend conscience de l'importance d'une forêt productive dans le but de reconstruire la marine, étant donné la difficulté de s'approvisionner en bois par la mer tenue par les Britanniques. En 1346, il édicte l'ordonnance de Brunoy dans le but d'obliger l'entretien des forêts pour le maintien de leur productivité.
Depuis cette époque, les autorités forestières n'ont jamais cessé de rechercher les meilleurs itinéraires sylvicoles, c'est à dire les manières les plus performantes de faire pousser les arbres, par les schémas de plantation ou par les opérations d'entretien effectuées.
 
 
Jusque dans les années 80, les itinéraires sylvicoles avaient peu d'importance: la majorité des opérations étaient effectuées manuellement, ou à l'aide d'animaux, et le seul engin utilisé servait à débusquer les bois à l'aide d'un câble. Par la suite sont arrivés les engins forestiers comme on les connaît aujourd'hui. La mécanisation s'est développée, notamment pour l'exploitation, et il a fallu s'adapter : les plantations se sont faites en lignes droites, dans le but de faciliter la création de passages, appelés cloisonnements. Dans le cas de régénérations naturelles, la mécanisation se fait plus difficilement, car aucune ligne droite n'est visible.
 
Ces lignes droites ne sont très esthétiques dans le jeune âge (jusqu'à 30 ans environs) car très visibles. Puis, les éclaircies se succédants, le paysage se modifie et les lignes s'estompent car les arbres sont de plus en plus espacés. On a alors l'impression d'avoir en face de nous des "forêts naturelles ancestrales" comme le dit si bien le grand public.
 
 
Vous comprendrez donc que plus les opérations de travaux forestiers vont se moderniser, plus la sylviculture va évoluer, et l'aspect des forêts aussi ! Pour continuer dans la logique de mes explications, je vous parlerai dans un article à venir des diférents modes de récoltes utilisés.
 
Samedi 20 janvier 2007

Le 26 et le 27 décembre 1999 resteront dans la mémoire des forestiers français: en deux jours, ce sont près de 1 millions d'hectares qui ont été touché par deux tempêtes, et 97 millions de mètres cubes mis à terre.

Dès le landemain, professionnels et grand public essayaient de chercher les causes, de manière hative parfois, de la forte sensibilité de nos bois aux vents violents.

Sept ans après, les forestiers ont, en partie, tiré les leçons des dégâts qu'il a fallu réparer. Par contre, le grand public, mal informé, n'a eu aucun moyen de rectifier ses jugements trop hatifs.

Voici quelques leçons ayant été tirées :

  1. Les résineux ont été plus touchés que les feuillus. Deux raisons à cela. La première est qu'en France, avant 99, l'essence dominante en résineux était l'Epicéa. Cette essence possède un enracinement dit traçant, c'est à dire qui reste à la surface du sol. Le bras de levier qu'est la tige de l'arbre est donc plus facile à pousser que celuis des autres essences qui ont un enracinement en pivot, qui part en profondeur. La seconde raison est qu'en plus d'avoir un mauvais enracinement, certains résineux ont été planté dans des sols qui n'étaient pas du tout adaptés à leur croissance, et un arbre n'étant pas "en station", est beaucoup plus sensible aux phénomènes climatiques, notamment.
  2. Les feuillus ont mieux résisté car ils étaient dépourvus de feuilles ! Eh oui ! Moins de prise au vent. Pour autant, certaines essences n'ont pas été épargnées : le hêtre possède lui aussi un enracinement de surface qui l'empêche de rester bien au sol.
  3. Les forêts privées ont été plus touchées que les forêts gérées par l'ONF. Dans leur grande majorité, avant 99, les forêts privées étaient moins bien suivies, avec moins d'éclaircies, ce qui altère la stabilité des peuplements.  De plus, les études avant plantation étaient souvent bâclées, débouchant sur des plantations mal adaptées au sol, avec les problèmes décrits au premier point.
  4. On a découvert des méthodes naturelles pour limiter les problèmes des tempêtes. Le premier consiste à ne pas couper de manière systématique les arbres de bordure dans une parcelle : les arbres de bordure jouent le rôle de brise-vent. Dès qu'ils ne sont plus là, le vent s'engouffre dans la parcelle et entraîne des dégâts énormes. Par contre, on peut les élaguer, c'est aussi très bon. Le second est de faire des plantations mélangées feuillus-résineux, ou mélanges feuillus-feuillus ou résineux-résineux. Cette manière de procéder permet d'avoir des essences qui croissent plus rapidement, apportant des point d'ancrage au peuplement qui vont augmanter sa stabiliter. Ces méthodes de plantation sont encore à l'étude pour connaître les choix sylvicoles les mailleurs.
  5.  
  6. Les parcelles éclaircies très jeunes avec une sylviculture très dynamique sont moins sensibles: plus les bois sont éclaircies de manière tardive, plus les individus restants sont déséquilibrés car ils grandit vite, mais n'ont pas eu le temps de pousser en diamètre. Ils sont alors très cassants.

Ces quelques exemples me sont venus en tête, mais il en existe d'autres. Cela vous permettra tout de même de voir que des efforts sont faits pour ne pas commettre les même erreurs que dans le passé.

Mardi 16 janvier 2007

Dans mes articles précédents, j'évoquais les systèmes d'éclaircie ainsi que leurs bienfaits sur un peuplement forestier. Vous pouviez alors vous poser une question importante : éclarcir, d'accord, mais à quel coût?

En fait, une éclaircie se fait, dans le cas d'une transaction honnête, toujours au bénéfice du propriétaire d'une parcelle. Le principe est le suivant :

Deux cas de figure sont possibles: ou le propriétaire sait comment gérer une forêt, ou alors, comme dans la plupart des cas, le propriétaire fait appel à un Organisme de Gestion et d'Exploitation en Commun pour la gestion de son domaine. Dans les deux cas, le gérant décide de réaliser une éclaircie jugeant, en principe, de la nécessité sylvicole. Alors, le propriétaire cherche à vendre son bois. Deux grandes possibilités s'offrent à lui :

1/ La vente sur pied

Dans ce type de contrat, un exploitant achète les bois sur pied, c'est à dire avant abattage. Cela peut paraître assez étrange comme méthode car inhabituelle dans d'autres domaines d'activité. L'exploitant paie un forfait, pour le lot à éclaircir. Puis, ce dernier fait appel à un entrepreneur de travaux forestier qui va venir exploiter les bois (abattage, débardage). Lors de l'exploitation des bois, ceux-ci sont valorisés, car, selon leurs dimensions, ils ne seront pas utilisés de la même manière, donc pas façonnés, lors de l'exploitation, dans les mêmes longueurs (fonction d'un cahier des charges selon leur destination).

L'acheteur de bois aura alors payé un forfait, payé un entrepreneur pour exploiter (les frais ne sont pas à la charge du propriétaire), et vendu ces bois selons leur gabarit à des usines de transformations, avec des tarifs plus ou moins élevés. C'est le mode de vente comportant le plus de risques pour l'acheteur : s'il s'est trompé sur la valeur des bois pour des raisons de pathologie invisible par exemple, il n'arrivera pas à rentabiliser sa coupe. Dans le cas contraire, il aura fait une bonne affaire.

 

2/ La vente "bord de route" dite en Régie

Dans ce cas, l'acheteur de bois se met d'accord avec le propriétaire pour lui acheter ses bois à un tarif donné selon leur valorisation. Comme précédemment, les bois sont exploités, valorisés, et mis bord de route, c'est à dire en piles à portée de camion. Puis les piles sont mesurées de façon contradictoire selon les qualités, et le propriétaire est payé en fonction des volumes valorisés ...

Une exception à ce fonctionnement existe : dans certaines régions où les bois ont de grandes valeurs, et où ce mode de vente est pratiqué par tradition, comme dans le nord est de la France, les bois sont exploités à la charge du propriétaire, puis vendus aux enchères bord de route.

D'une manière générale, si l'acheteur est honnête, c'est l'option la plus rentable pour le propriétaire : S'il a des bois sains, bien valorisés, il en tirera plus de profits. Par contre, si, lors de l'exploitation, on s'aperçoit de malformations internes (champigons type fomes, début d'attaque de typographes ...), alors les bois perdront beaucoup de valeur.

 

Tout ceci pour vous aider à comprendre TOUT l'intérêt qu'ont les propriétaires à éclaircir leurs parcelles au bon moment. Puis vous pourrez observer les hautes piles de bois que l'on aperçoit parfois en forêt d'une autre manière ...

 

Mardi 16 janvier 2007

En cherchant un peu d'informations et d'échanges intéressants, je suis tombé sur cet article, ma foi fort intéressant, qui est assez complémentaires des informations que j'ai pu apporter ces derniers jours.

Plutôt que de faire du mauvais plagia, je laisse le privilège à l'auteur de ce blog de dévoiler ses propres convictions !

Bonne lecture à tous !

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