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Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

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Vendredi 23 février 2007
Plusieurs évènements, ces derniers jours, ont mis en avant la chasse : les candidats aux présidentielles sont allés à la rencontre des chasseurs, et un fait divers dramatique à eu lieu ces derniers jours, lorsqu'un enfant de 5 ans et demi a tiré sur son petit frère avec une arme de chasse ...

Outre le fait que Mme Royal a évoquée la chasse comme un loisir rural, ce qui est un peu short pour quelqu'un qui se dit soucieuse de la protection de notre environnement, j'ai entendu des témoignages à la radio (Sud Radio, de 14h à 17h , tous les jours), assimilant la chasse à une tuerie d'animaux sauvages... C'est navrant d'entendre des gens parler d'extermination animale, de tuerie, de boucherie du dimanche, ...

Je ne suis pas chasseur, mais enfin, je vais me permettre de prendre leur défense: oui, je suis pour la chasse !

La chasse est nécessaire au bon fonctionnement de la nature : il s'agit d'une régulation des espèces par l'élaboration et l'application de plans de chasse : celle ci permet d'éviter les dégâts trop important en forêt : jeunes bourgeons et pousses arrachés, frottis des bois de cervidés sur les arbres, ... Si cette activité était absente, les bois ne pourraient pas se développer de manière facile, et nous aurions une forêt relativement pauvre d'un point de vue qualitatif.
Aujourd'hui, la chasse est souvent intégrée dans la gestion des grands domaines forestiers, par l'aménagement de zones dans lesquelles le gibier peut venir brouter librement, laissant le reste des peuplements hors de danger. Cela étant, si aucune régulation des populations de gibier n'est faite, ces aménagements ne suffiront plus. Mais reste un problème : aujourd'hui, la France souffre d'un manque de chasseurs, donc d'une mauvaise régulation de ces populations. La faute à qui ? Sans doute à tous ceux qui prétendent défendre l'environnement en propageant de fausses idées sur une activité qui est, quand même, plus qu'un simple loisir rural. N'est ce pas Mme Royal !

Samedi 17 février 2007

Il existe deux manières de se ballader en forêt le week end : la ballade au fil des chemins sans se préoccuper de ce qui nous entoure ou alors se ballader en entrant dans les parcelles et en passant à la loupe ces êtres vivants que sont les arbres ! Alors notre petit tour prend une allure magique, et la forêt devient vivante, nous pose des devinettes, on comprend qu'il existe une hiérarchie entre les arbres d'une même espèce, avec une réelle compétition parfois. Mais pour le ressentir, mieux vaut être bien accompagné pour bénéficier d'explications claires.

Voici quelques exemples de petites trouvailles en forêt que vous pouvez vous aussi observer de vous même. Petit tour au Royaume des Bizarreries ...

Ce petit cliché a été pris dans les Landes, au Teich. Il s'agit d'un Pin maritime touché par la "tordeuse du Pin". Cette fameuse chenille est redoutable pour les forestiers. Elle n'entraîne pas la mort de l'arbre, mais sa déformation. Il s'agit en réalité d'un petit lépidoptère qui pond en avril dans les jeunes pousses, bourgeons ou aiguilles de Pin. La larve péntre dans la moelle des ejunes pousses puis creuse dans les parties ligneuses de la tige (zone dure du bois) un peu avant d'arriver à maturité. Cette action provoque parfois la rupture de la partie touchée, mais conduit aussi aux déformations visible sur la photo: la tige est alors ramollie et se déforme au long de sa croissance !

Quel arbre est-ce donc ? Un Charme! Un très grand charme de la Forêt de Tronçais dans l'Allier. Ce qui est étonnant, bien que courrant chez les vieux individus, ce sont les canelures de son tronc. Pourquoi ? En fait, les fibres du bois, d'une manière générale, ont des orientations qui varient. Certains ont les fibres droites, d'autres ondées, d'autres torses, comme ce charme. Avec l'âge, cette torsion des fibres est de plus en plus visible et lui donne cet aspect. Petite info, le sens des fibres dans l'utilisation du bois joue un rôle primordial ! Un scieur faisant des produits de grande qualité le vérifie toujours avant d'acheter un lot en forêt. Certaines untilisations, comme la tonnellerie pour le chêne, excluent totalement les fibres torses ( à moins de vouloir des tranches vrillées ce qui rend compliquée la conféction d'un tonneau !). D'autres utilisation, comme la lutherie, sont à la recherche de bois à fibres ondées (Très très rare !), ce qui donne une résonnance extraordinaire à un violon et en fait sa grande qualité (les Stradi-Varius par exemple ...). Ces bois ondés peuvent se vendre plusieurs dizaines de milliers d'euros le mètre cube !

Toujours en Forêt de Tronçais, comme dans d'autres futaies de chênes d'ailleurs. Nous voici devant une parcelle qui peut paraître triste pour certains. Pourtant, cette parcelle sera sans doute admirée par nos arrières arrières arrières ... petits enfants! Eh oui! Il s'agit là d'une parcelle de chêne sessile en cours de régénération naturelle, ce qui peut prendre 10 ou 15 ans. Travail de longue halène. Si vous pénétrez dedans, vous pourrez observer de tous petits chênes au pied de leurs parents (premier plan de la photo). Il y a parfois 40 000 semis à l'hectare ! Hélas, ce type de parcelle est souvent critiquée par le grand public, pensant à un massacre du paysage, représentant pourtant un cycle obligatoire du milieu forestier, et parmi les plus difficile à réaliser avec succès !

Je vous aide ... Il s'agit d'un gros plan sur l'écorce d'un chêne dans une futaie du nord de la Bourgogne. Le petit appendice est en fait un picot. Oui, c'est son nom ! Il mesure 3 ou 4 mm. Il apparaît par exemple lors de coupe de régénérations, comme ci-dessus. La mise en lumière un peu brutale provoque son apparition. C'est un bourgeon dormant, qui s'étire depuis le coeur de l'arbre, et qui apparaît, menaçant de se développer, lors de coupes entraînant la mise en lumière rapide des arbres. Il témoigne d'une sorte de stress de l'arbre (ne pas oublier qu'un arbre est vivant  et qu'il communique à sa manière !).

En forêt, il faut aussi regarder à terre. Il n'y a pas que des arbres. D'ailleurs, ce qui se trouve au sol est le meilleur indicateur de sa qualité et de l'environnement. Ici (Dans le sud de la Corrèze, sur le Causse de Brive, dans une peupleraie plus ou moins à l'abandon), il s'agit de petites plantes sans tiges, des Lathrées clandestines, se trouvant la plupart du temps sur des argiles de décarbonatation, sur des sols riches en bases.

 

Vous voilà donc un peu mieux avertis de ce qui peut se passer devant vos yeux, lors d'une ballade. J'essaierai de prendre quelques clichés supplémentaires qui vous permettront d'en connaître d'avantage sur le Royaume des Bizarreries !

Dimanche 11 février 2007

Il est vrai que nous avons beaucoup parlé du rôle de production de notre belle forêt française. Pourtant, son utilisation ne se réduit pas à la production ligneuse, mais est aussi très développée pour la protection de certains espaces naturels, tels que les dunes sur le littoral, les milieux de haute montagne, les bords de rivière, ... Ces types de formations forestières ont des noms bien à eux, mais aussi une gestion très particulière, comportant des différences d'un point de vue sylvicole d'une part, mais aussi d'un point de vue des aménagements d'autre part.

Les forêts du littoral français

On considère qu'une grande partie du littoral atlantique français est classé en forêt de protection: on retrouve sur les milieux dunaires des espaces boisés de pins maritimes, du Pays Basque jusque au nord de la France. Ces forêts existent depuis le XVIII° siècle à peu près, période pendant laquelle fut boisé le marécage que constituait les Landes dans le but de protéger la ville de Mimizan. L'objectif, en semant des pins, étaient de fixer le sable de des dunes, et de limiter leur expansion.

Aujourd'hui, la plus grande partie de ces forêts littorales est gérée par l'ONF. L'Office applique une sylviculture très peu dynamique pour ne pas perturber le milieu, favoriser un boisement permanent en évitant les coupes à blanc. Le gros inconvénient de ces espaces est leur coût: les bois ne sont que très peu commercialisés, et leur entretien et leur maintien nécessite des investissements permanents main d'oeuvres et travaux.

Les forêts de montagne

Au XIX° siècle, les pays de haute montagne ont connus des déboisements importants à la suite desquels ont eu lieu des inondations catastrophiques avec des laves torrentielles ayant ravagée des villes et villages en aval. On reprit alors conscience du rôle essentiel de la forêt sur l'eau, l'érosion des terrains, la protection des avalanches, mais aussi des conséquences des déboisements. L'administration forestière lança donc une grande campagne de reboisement en 1860. Cette opération pris un nom encore employé aujourd'hui et ayant donné son nom au service de l'ONF concerné: la RTM, Restauration des Terrains en Montagne.

La sylviculture y est très compliquée, de part les contraintes climatiques subies, les essences utilisées (mélèze d'Europe, Epicéa, Hêtre, Erable, ...) qui ont des modes de régénération à problème. Cette sylviculture est souvent couplée à des aménagements visant à canaliser l'eau et les torrents. Là encore, la production est tout à fait inexistante, d'où des coûts très importants.

Les forêts de bord de rivières

Ce sont des ripisylves, ou forêts de bord de ruisseaux, rivières, lacs, ... Elles jouent un rôle capital d'un point de vue écologique: rétention des berge, zone d'échange entre le milieu aquatique et le milieu terrestre, abri naturel pour de nombreuses espèces animales et végétales, limitation de l'élévation de la température de l'eau, mais aussi la dépollution: les végétaux vont fixer les nitrates, phosphates et molécules phytosanitaires pour les dégrader de manière naturelle.

Sa gestion est très délicate et souvent négligée: il n'existe pas vraiment de gestion type, de charte ou autre, et bien souvent, les propriétaires de tels espaces l'ignorent, et ne peuvent donc agir de manière efficace. Les ripisylves sont aussi bien au milieu d'un champs que dans une forêt, et encore faut il avoir conscience de son importance pour agir comme il le faudrait: éviter la chute d'arbres morts dans l'eau, replantations régulières d'essences d'eau, tel que l'Aulne, le Saule, ...

Lundi 5 février 2007

Dans l'article précédent, je décrivais les méthodes d'abattage les plus courantes.

Après l'abattage vient le débardage: il s'agit de sortir les bois coupés et façonnés pour les ammener bord de route et les mettre en piles. Le débardage se fait principalement de deux manières: en bois longs ou en bois courts.

 

Le débardage bois longs

Le débardage bois long se fait à l'aide d'un skidder. C'est en réalité un gros tracteur avec un ou deux câbles et une lame de gerbage à l'avant (gerber, c'est mettre les bois longs, ou grumes, en tas). Cette technique est essentiellement utilisée dans les milieux montagnards, comme dans les Alpes, le Jura, ... Généralement, les bois laissés en grandes longueur sont ceux qui ont le plus de valeur. Leur débardage doit donc se faire avec beaucoup de soins.

Dans certains cas, le débardage par traction animale est employé. Il se pratique dans des zones à risques, type anciens champs de bataille à Verdun, ou encore dans des futaies jardinées (sylviculture très fine des régions de l'Est), pour ne pas détériorer les bois alentours.

 

Le débardage bois courts

Dans ce cas, un porteur est employé. Cette technique est de plus en plus courante: rendement, plyvalence, pénibilité moindre, ... Cet engin permet un tri facile des différentes qualités de bois bord de route.

Dimanche 4 février 2007
Dans les articles précédants, je vous ai parlé de sylviculture par éclaircies, de valorisation, et vaguement des méthodes de récoltes. Je vais donc vous expliquer plus en détail les manières de récolter le bois.
La première partie de la récolte est l'abattage. Il existe deux manières de faire de l'abattage: l'abattage manuel et l'abattage mécanisé.
L'abattage manuel
Il est effectué par un bûcheron, à l'aide d'une tronçonneuse. Il est de moins en moins utilisé, pour des raisons de pénibilité du travail. Les bûcherons travaillent surtout sur des coupes à blancs, dans des gros bois, ou en compléments de machines, pour des abattages délicats.
De plus en plus, le bûcheron fait un travail de très grande précision, nécessitant de véritables compétences. Cela pose un peu problème d'ailleurs aujourd'hui, car il est de plus en plus difficile de trouver des personnes vraiment compétentes pour les travaux demandés (abattages d'arbres au bord de lignes à hautes tensions par exemples).
 
L'abattage mécanisé
L'abattage mécanisé est apparu au début des années 80, dans le nord de l'Europe. La France a essayé de développer certaines méthodes, sans succés. Les machines nord-européennes telles que celles que l'on connaît aujourd'hui se sont démocratisées dans le milieu des années 90 et surtout après 99, lors des tempêtes.
Une machine d'abattage permet d'abattre, d'ébrancher et de billonner des arbres à des longueurs choisies par l'opérateur. Ces machines sont équipées d'informatique embarqué, de programmes d'optimisation de découpe permettant une valorisation optimale  des bois.
Elles travaillent aussi bien en éclaircie qu'en coupe rase. Leurs avantages par rapport à un bûcheron sont multiples: tout d'abord, le rendement. Une machine remplace environ une vingtaine de bûcheron sur une journée. La valorisation des bois est meilleure (longueurs plus régulières, mieux respectées). De plus, le travail est facilité pour le débardage. Le bois est regroupé au bord des lignes, les branches sont nettement séparées.
 
Pour vous donner une idée du type de machine utilisée, voici une vidéo provenant du site de la marque Valmet, montrant l'une de leur machine en action sur un chantier en coupe rase.
 
 

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