Texte Libre


Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

N'hésitez pas à commenter, poser vos questions, proposer vos débats, exposer vos critiques, ... et tant de choses encore! Sylvasphere est un blog qui se veut ouvert d'esprit!
Mardi 5 juin 2007



La saison des champignons revient à petits pas, avec notamment l'apparition des girolles en ce moment, et c'est pourquoi je vous présente ce guide pour la découverte des champignons, que je trouve très bien fait, très complet, et qui vous permettra d'éviter toute erreur de cueillette!

A vous procurer avant l'automne!
par Thibault publié dans : Les ouvrages sur le sujet
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Lundi 4 juin 2007
Encore une fois, Le Blog Energie a sorti un article passionnant qui, pour moi, peut faire débat. Ce n'est pas une critique, au contraire, un débat permet toujours d'avancer.

Le sujet, cette fois, l'exploitation forestière. Pourquoi fait-il débat? Tout simplement parce que selon Patrick Reymond, la coupe à blanc a tendance à être généralisée dans nos pays, créant un risque d'épuisement de la ressource forestière.

Je tiens à réagir dans deux sens concernant sa réaction. Je pense qu'en effet, dans certaines régions, notamment le Limousin, la coupe à blanc à tendance à devenir une sorte de règle. Je viens de passer 30 minutes au téléphone avec Philippe Cattaruzza, habitant sur le Plateau de Millevaches et étant un fin observateur de ce qui s'y passe en matière de politique forestière, et nous avons fait l'observation suivante: il est vrai que dans cette région, après la tempête de 1999, au lieu de tirer les leçons du passé et partir sur un nouveau type de sylviculture, les coopératives forestières ont eu tendance à reprendre des schémas sylvicoles classiques, et à exploiter de manière intensive certaines essences qui mériteraient une sylviculture beaucoup plus fine.

A l'inverse, si je prends l'exemple du Tarn et de l'Hérault, on s'aperçoit que les coupes à blanc sont justifiées par des problèmes d'ordre sanitaire: les changements climatiques ont affaiblis les arbres, et nous devons faire face à de nombreuses attaques massives d'insectes: le dendroctone (insecte s'attaquant au phloème), par exemple, décime nos peuplements d'épicéas, ce qui nous pousse à raser les parcelles touchées dans le but d'éviter sa propagation. Les larves se trouvant sous l'écorce des bois attaqués, en les coupant nous empêchons celle-ci d'achever leur développement.


Alors que penser de cette idée concernant les coupes rases?
Je crois qu'il est surtout important de veiller à la politique de certaines grandes coopératives forestières françaises, qui ont tendance à oublier que la forêt n'est pas une culture portant ces fruits en un jour, et qui ont trop tendance à favoriser la production au détriment du développement durable des forêts.

En revanche, ce problème ne doit pas accentuer le bruit trop répandu d'une déforestation présente dans les pays occidentaux. Simplement, je crois qu'il faut essayer d'expliquer au grand public que la forêt peut subir certaines crises sanitaires, que les changements climatiques ont aussi une influence sur leur évolution, et que ces changement se font sur le long terme (à savoir plusieurs dizaines d'années).
par Thibault publié dans : Thèmes à débats
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Lundi 4 juin 2007
La végétation n'est pas seulement une protection naturelle du milieu forestier, c'est aussi un outil extraordinaire pour le forestier sylviculteur: elle joue un grand rôle dans la sylviculture et inversement.


Le rôle de la flore dans la sylviculture

Je vous avais expliqué que le type de flore présente dépend, notamment, de la lumière arrivant à elle. Ce facteur est un élément très important pour les forestiers. Le fait d'observer la flore présente au sol dans une parcelle va lui être très utile pour savoir si beaucoup de lumière arrive, élément essentiel au bon équilibre d'un écosystème forestier (sans lumière, pas de vie dans le sol, et donc un sol pauvre). Lors de ces inventaires, le manque de végétation ou une végétation ne nécessitant que peu de lumière pour vivre peut témoigner de l'importance et de l'urgence à faire une éclaircie par exemple, chose qui permettra l'arrivé d'une plus grande quantité d'éclairage.



Autre rôle à jouer, la flore va servir lors d'études de sols avant plantation. La croissance et le bien être d'une essence forestière est directement dépendante du sol sur lequel elle se trouve. Dans le cas où tous les éléments sont réunis pour une croissance optimale (sol adapté, climat favorable, topographie idéale, bonne exposition, bonne alimentation en eau, ...), on dit que l'essence est en station. L'analyse de la strate herbacée est utile pour le stade semis (on réagit toujours par rapport à la profondeur du système racinaire). En revanche, pour connaître (ou du moins estimer) la richesse d'un sol à une certaine profondeur, l'analyse des strates arbustives et arborescentes est primordiale. Toutefois, ces études sont à corréler avec des observations pédologiques (étude des sols) concrètes.


L'influence de la sylviculture sur la végétation

L'action des hommes en forêt a des conséquences directes en matière d'évolution des sols ou du sous-étage. L'intensité des éclaircies, leur périodicité est un facteur prépondérant à cette évolution. Plus les éclaircies seront rapprochées et intenses, plus la végétation se fera dense et sera de type héliophile ("aimant la lumière").

En revanche, il faut arriver à conserver un équilibre entre une végétation utile et la densité et périodicité des éclaircies. Trop "taper" dans une forêt n'est pas quelque chose de positif. Cela peut avoir des conséquences graves en matière de stabilité, fragilité, qualité de la branchaison des arbres, ...


Dorénavant, lorsque vous vous promènerez en forêt, vous comprendrez donc pourquoi la végétation est si dense par endroit, et pourquoi parfois, le sol est propre comme votre carrelage. Et contrairement à vos idées précédant ces articles, vous comprendrez qu'une forêt en bon état est une forêt riche en flore. A l'inverse, une forêt trop "propre" vous indiquera un manque de dynamisme dans la sylviculture.

Vous venez d'apprendre à lire la sylviculture dans la végétation ambiante !
par Thibault publié dans : Mini dossiers thématiques
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Lundi 4 juin 2007
Nombreux d'entre vous n'aiment pas s'aventurer au coeur d'une forêt à cause de la végétation luxuriante qui y est présente. D'ailleurs, combien de fois je m'entends dire: "que cette forêt est sale! Ca doit faire un sacré paquet de temps que personne ne l'a nettoyé"...

Cette remarque m'a toujours fait sourire bien entendu. Sachez que les bois ne sont pas des jardins publics, mais qu'il s'agit bien d'un espace "naturel et sauvage", donc que la végétation forestière a bel et bien sa place ici.

Cette végétation est appelée dans le jargon des forestiers "sous-étage". Selon sa hauteur et sa nature, on parle de strate muscinale (mousses), herbacée (végétaux type herbe, fleurs), arbustive (noisetiers, ...) et arborescente. Parfois, ce sous étage se confond presque avec le peuplement forestier lui même quand la strate arborescente est très développée.

Mais alors de quoi dépend cette végétation (qui n'est pas présente dans toutes les forêts et qui peut varier parfois), et quel est son rôle (car elle a bien un rôle)?


La végétation forestière: témoin d'une richesse trophique et hydrique, mais aussi de la sylviculture

Que de mots barbares... En fait, cette végétation dépend essentiellement de quatre choses:
    - la nature du sol et sa richesse (s'il est profond, aéré, limoneux, riche en minéraux, ...);
    - les conditions hydriques, c'est à dire la pluviométrie, ainsi que la quantité d'eau retenue dans le sol (si le sol est marécageux, on n'aura pas la même flore que si le sol est sec);
    - le climat (quantité de soleil, de pluie, la température, ...);
    - la sylviculture.


La végétation forestière: indispensable à l'équilibre d'une forêt

Dans la jeune vie d'une forêt, il faut maîtriser cette végétation, qui a tendance à étouffer les plants. Cela étant, il est hors de question de la supprimer totalement. Elle a un rôle parfois de répulsion du gibier, ce qui va protéger les jeunes plants, et parfois, cela permettra de protéger ses plants du gel, ou d'autres types de concurrents végétaux. Rendre une plantation dénuée de cette végétation conduit à une suppression de "l'ambiance forestière" (conditions particulières nécessaires au bon développement d'un semis).

Puis plus la forêt vieillit, plus cette végétation va être dominée par les essences forestières. Dans ce cas, ce sous étage assurera un élagage naturel, une source de nourriture au gibier (qui de ce fait ne s'attaquera pas ou peu aux arbres), et parfois, même, chez certaines essences, cette végétation jouera un rôle d'écran protecteur: des essences telles que le tilleul, par exemple, sont très sensibles à la lumière, et une surexposition au soleil peut engendrer chez elles des dommages irréversibles.

Dans certains types de sylviculture, notamment pour la régénération naturelle de certaines essences (frêne, sapin pectiné par exemple), le maintien de ce couvert est indispensable à sa réussite. Puis, quand les semis grandissent, on ouvre le couvert petit à petit. L'un des types de sylviculture utilisant le plus le couvert est sans aucun doute la futaie jardinée (régions de l'est de la France essentiellement).

Enfin, cette végétation joue un grand rôle dans l'étude des sols et du climat par les forestiers, étant donné qu'elle en est totalement dépendante.

Nous verrons aussi dans le prochain article que cette végétation a un grand rôle à jouer dans la sylviculture.
par Thibault publié dans : Mini dossiers thématiques
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Dimanche 3 juin 2007

Quand un matériau renouvelable rencontre une énergie propre...

Vous pouvez cliquer sur la photo pour l'agrandir.

J'ai pris cette photo au mois de février 2007 à quelques kilomètres de chez moi, dans des pistes forestières entre Cambon (34) et Murat sur Vebre (81).

Ce parc d'éolienne est très récent (monté en 2006), et comporte 24 génératrices. Cette année, une dizaine supplémentaire doit être construite. Elles sont visibles de très loin (j'habite à 5 km à vol d'oiseau et je les vois de mon salon), mais sont parfaitement intégrées au paysage.

Comme quoi, quand l'homme s'en donne la peine, il peut faire des choses extraordinaires...
par Thibault publié dans : A découvrir
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