Texte Libre


Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

N'hésitez pas à commenter, poser vos questions, proposer vos débats, exposer vos critiques, ... et tant de choses encore! Sylvasphere est un blog qui se veut ouvert d'esprit!
Samedi 9 juin 2007
J'ai réalisé un petit investissement aujourd'hui, pour Sylvasphere... et pour moi!

Je me suis acheté un appareil photo numérique Reflex Nikon de bonne qualité en espérant pouvoir vous fournir des photos de plus belle qualité, avec un rendu couleur plus réaliste, des impressions de profondeur plus nettes, ...

Je garde quand même mon ancien appareil, un Sony qui a maintenant 4 ans et demi pour prendre quelques clichés "sur le moment" pendant mon travail, si je vois des choses intéressantes.

Bonne soirée!
par Thibault publié dans : A méditer ...
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Vendredi 8 juin 2007
Ces derniers jours m'ont été très instructifs. J'ai eu l'occasion de réfléchir de manière assez profonde sur trois choses: la politique forestière de la France, le savoir-faire des professionnels du bois et le regard porté sur la forêt et le bois par la population en général...


La politique forestière de la France

Cette politique est, à mon humble avis, légèrement en décalage avec la réalité du terrain. Les institutions veulent, d'un côté, favoriser les plantations forestières par des subventions aux propriétaires, et, d'u autre côté, laissent la possibilité aux agriculteurs, entre autre, de raser des petites parcelles pour les transformer en parcelles agricoles. Ce sont deux choses incompatibles, qui risquent de modifier très rapidement le paysage forestier français: certaines régions qui possédaient de la ressource forestière vont voir les prairies s'agrandir dans l'optique de l'obtention d'une prime à l'herbe...

De même, nous sommes impliqués aujourd'hui dans des démarches incontournables de labellisation du bois et des entreprises de gestion, d'exploitation et de transformation, alors que le consommateur, lui, ne peut pas vérifier de manière claire et directe la traçabilité du produit bois qu'il achète. Ca signifie donc qu'aujourd'hui, la filière investit dans un moyen de communication qui ne peut être efficace du fait de sa non-continuité au niveau de la distribution du produit fini. Heureusement, quelques marques de distribution d'objets contenant du bois se sont engagées dans cette traçabilité, mais ce n'est pas une règle générale.

L'Etat cherche aussi, depuis 2001, à mettre en place des plans de gestion pour les propriétés de plus de 25 ha (c'est dans la loi forestière de 2001), et bientôt pour celles de plus de 10 ha, alors que les propriétaires, pour la plupart ignorent cette loi, et certains ignorent même être propriétaires...


Le savoir-faire des professionnels du bois

Nous avons la chance d'avoir une filière qui possède d'énormes connaissances en matière de sylviculture, de transformation, de protection des espaces naturels par la forêt,...  En 1999, nous avons subi deux tempêtes à deux jours d'intervalle mettant à terre l'équivalent de plusieurs mois de récolte, voire de plusieurs années, nous permettant de tirer des leçons des erreurs du passé en matière de gestion notamment. Certains organismes ont su analyser les problèmes liés à la gestion, notamment concernant les types de sylviculture, et d'autres continuent à faire les mêmes erreurs, pensant être plus rentables en continuant dans la même lignée plutôt qu'en investissant dans des programmes d'étude permettant de chercher les solutions de culture les moins risquées.

De ce fait, certains organismes de gestions comme les coopératives travaillent de plus en plus dans une logique de production et de bénéfices, alors qu'il faudrait revenir à une logique plus forestière, c'est à dire avec des sylvicultures plus classiques, avec des éclaircies plus douces, des âges d'exploitation plus élevés par exemple, en sachant qu'on pourrait garder les mêmes modes d'exploitation qu'aujourd'hui (refuser une avancée technologique serait une grave erreur).

Ces modes d'exploitation, qui sont de plus en plus techniques et évolués, demandent une main d'oeuvre de plus en plus qualifiée, difficile à trouver... Les formations sont pour la plupart complètement inadaptée au milieu professionnel, et l'apprentissage sur le terrain est presque impossible.


Le regard de la population sur la forêt et le bois

La population est de plus en plus sensibilisée à l'environnement, au développement durable, à l'écologie, aux problèmes liés à la déforestation dans les pays africains, sud-américains et asiatiques. De ces informations fournies, la plupart du temps, en vrac au commun des mortels, ne ressort qu'un mauvais mélange menant la vie dure à notre filière qui n'arrive pas à trouver les bons mots pour communiquer efficacement... De fait, le grand public considère la filière bois française comme une sorte de mafia anti-écologique...


Ces trois blocs devraient pourtant mieux communiquer, trouver une sorte de terrain d'entente. Mais comment faire? Comment mettre en relation des politiques souhaitant bien faire mais ne connaissant pas les réalités du terrain, trouver des méthodes de sylviculture à la fois en accord avec l'optique de production d'une filière et avec un grand public souvent réticent concernant l'exploitation forestière? Comment arriver à convaincre les professionnels du bois de mieux communiquer sur leur travail alors que nombreux sont ceux préférant agir dans leur coin et tourner le dos aux question un peu compliquées et pourtant demandant des réponses nécessaires pour se faire apprécier de la population? Comment arriver à convaincre des distributeurs de produits bois de mieux communiquer sur leur politique en matière de traçabilité alors que ceux-ci préfèrent noyer le poisson dans des réponses plutôt floues car ayant peur d'avoir des réponses ne plaisant pas à leurs clients? Et tant d'autres questions encore que j'aimerais poser ...
par Thibault publié dans : A méditer ...
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Vendredi 8 juin 2007
Voici quelques photos prises ce matin lors d'une longue ballade en forêt...

Vous pouvez cliquer sur les photos pours les agrandir.






Voici une souche de Douglas qu'on peut qualifier de fraîche. L'abattage est assez récent (un an, peut être deux), et aucune décomposition n'est apparente.










Une souche de Douglas, voisine, qui a le même âge. Mais quelque chose de particulier s'est produit. Vous devez savoir que les arbres sont autant développés dans les airs que dans le sol! Et, parfois, des connexions racinaires ont lieu. C'est ce qui s'est produit ici... Ce Douglas, après son abattage, est alimenté en sève par l'un de ses voisins, ce qui lui permet d'essayer de cicatriser au niveau du phloème... La nature est bien faite!




Ici, une souche d'Epicéa, qui a déjà plusieurs années. Il faut savoir que les cernes que l'on peut voir sur le bois sont composées de deux parties, le bois de printemps, et le bois d'été. Le bois de printemps est plus clair, moins dense, car les arbres poussent plus vite. Ici, on voit une souche en décomposition, mais seul le bois de printemps a disparu, car du fait de sa faible densité, il a été attaqué en premier par les décomposeurs (champignons et insectes).




Enfin, toujours une souche d'Epicéa, mais beaucoup plus ancienne. Vous le verrez mieux en l'agrandissant, en fait, tout s'est décomposé, mis à part le coeur de l'arbre, c'est à dire la partie carrément au centre, la plus dure, ainsi que les branches présentes dans la souche... Tout le reste a disparu!
par Thibault publié dans : Tours et détours en forêt
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Jeudi 7 juin 2007
Le dernier article que je vous ai présenté sur ce thème évoquait les relations étroites entre sylviculture et végétation présente dans le sous étage forestier. Vous pouvez retrouver cet article ici.

J'ai oublié d'évoquer un facteur important dans la présence de végétation en forêt, et qui, de fait, ne peut entrer dans les décisions sylvicoles ou qui ne peut dépendre de la sylviculture: le type de feuillage des essences du peuplement concerné. En effet, certaines essences ont un feuillage tellement diffus, ou clair, que la végétation arrive à pousser sans aucun problème malgré une densité d'arbres extrêmement importante. C'est le cas, par exemple, de toutes les espèces de pins, les mélèzes.

A l'inverse, en hiver, dans les peuplements feuillus, on a l'impression que la lumière pénètre très bien dans le bois, mais en fait, il s'agit de l'impression donnée par l'absence de feuillage en cette saison. Du coup, en été, ces parcelles sont très fermées et ne laissent pas pousser la végétation...

Voilà pour ces petites précisions supplémentaires, qui sont, à mon avis, importantes pour éviter toute erreur d'appréciation...
par Thibault publié dans : Mini dossiers thématiques
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Mercredi 6 juin 2007
M. Jacques Attali était l'invité ce matin sur France Inter de Nicolas Demorand dans l'émission Le sept-neuf trente. M. Attali était présent pour parler du G8 prochain qui se déroulera en Allemagne.


L'écologie faisant partie de l'actualité mondiale, le thème a été largement abordé lors de la partie de l'émission intitulée Inter-activ'. Le principe est simple: les auditeurs interrogent l'invité sur des sujets d'actualité.


Au bout de quasiment 10 minutes d'émission interactive, un auditeur de Lorraine a souhaité interroger M. Attali sur les réductions de CO2 dans l'atmosphère. C'est alors que ce dernier a prononcé ces mots concernant la politique forestière française:

"Là ou nous sommes des très bons élèves, c'est sur l'eau et la forêt, où les modèles français sont certainement exportables à l'échelle mondiale. Si le monde entier avait une politique de la forêt aussi bonne que la politique française, il n'y aurait pratiquement plus de problèmes de climat."


J'ai trouvé ça très bien, et très juste. Cela étant, je regrette (mais je comprends aussi) que le thème n'ait pas été prolongé, car il y a énormément à dire à ce sujet. J'aimerais éviter toute erreur de compréhension en ajoutant que nous sommes de bons élèves, certes, mais que nous ne sommes sans doute pas les meilleurs: les pays scandinaves ont une culture forestière extraordinaire, qui est même présente dans la population en général. Les habitants de ces pays sont nés avec la production forestière et font tout pour la développer.

Merci à Jacques Attali d'avoir parlé de la politique forestière française en ces termes, surtout sur un média suivi par un grand nombre de gens. N'hésitez surtout pas à réagir en donnant votre vision des choses à ce sujet!
par Thibault publié dans : Thèmes à débats
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