Dans l'article précédent, j'évoquais l'une des idées reçues les plus répandues
: Les forêts sont de moins en moins naturelles en France. La réflexion est très étonnante ! Très étonnante car en s'informant un tant soit peu, on se rend compte que les forêts à l'état naturel (autrement dit les forêts primaires) n'existent plus que sous forme de petits îlots dans le monde, et qu'en France elles ont totalement disparue depuis de nombreux siècles. A l'heure actuelle, plus aucune forêt, en France, n'est naturelle. Elles sont toutes issues de la main de l'homme. L'illusion est parfaite et c'est justement l'un des objectifs que se donnent les gestionnaires forestiers ajourd'hui.
Pourquoi et comment font-ils ?
Le but est simple: la forêt joue un grand rôle social et paysager. Il est donc important que la culture forestière se fonde dans le paysage discrétement. Cette manière de donner une image naturelle aux forêt a pour but de mieux faire accepter l'action de l'homme sur ce milieu. Seulement il n'est pas possible de donner une allure naturelle à la culture forestière dès les premières récoltes.
On arrive alors à la question: comment une forêt artificielle peut prendre une image de forêt naturelle ? Le travail des forestiers est, comme je l'avais expliqué dans mon premier post, de concilier trois rôles: l'écologie, la production, et le rôle social et culturel. Le fait de modeler une forêt de manière à l'intégrer correctement dans le paysage entre dans le troisière rôle des forestiers. Cela peut prendre plusieurs décennies ! C'est donc une affaire de patience. Tout commence lors de la première éclaircie : les cloisonnements d'exploitation sont ouverts (comme le montre la photo de mon article "Un lobby qui tue nos forêts"). Puis, les éclaircies se succédant, il reste de moins en moins de tiges, mais elles sont de plus en plus grosses et de plus en plus espacées. La forêt prend alors une allure naturelle et ancestrale, mais elle est tout à fait artificielle. Voilà pourquoi les plus jeunes parcelles prennent l'allure de lignes de résineux, et pourquoi les plus âgées, ou les plus mûres sont très appréciées car pseudo-naturelles.
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ou 12 ans, et il y en a, en temps normal, quatre dans la vie d'une forêt. Elles sont donc indispensables pour la bonne santé de la forêt. Sans elles, une parcelle est plus sensibles aux pathologies, aux tempêtes, aux mortalités ... La plus difficile à réaliser est la première : le lobbying exercé par les groupes papetiers sur le papier recyclé rend difficile la commercialisation de bois à papier. Or, ce bois à papier est essentiellement du petit bois, provennant notamment des premières éclaircies, indispensables à la poursuite du processus de développement forestier. Il est donc indispensable de faire comprendre au grand public que recycler le papier n'est pas forcément un geste écologique car empêche, indirectement le développement des espaces forestiers et leur bonne croissance.



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