Texte Libre


Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...

N'hésitez pas à commenter, poser vos questions, proposer vos débats, exposer vos critiques, ... et tant de choses encore! Sylvasphere est un blog qui se veut ouvert d'esprit!
Dimanche 9 novembre 2008
Surexploitation ? Recherche de bois au dessous des prix du marché ? Ou simplement prévention des risques liés aux aléas climatiques et sanitaires ? Trois questions, de la plus courante à la moins posée, qui concernent l'exploitation à blanc des parcelles qui mériteraient encore plusieurs éclaircies et qui ne rencontrent pas de problèmes sanitaires apparents.

Il est vrai que la coupe rase de telles parcelles est souvent décriée.
Et effectivement, beaucoup voient dans ce procédé une belle opportunité de récolter des bois de faibles diamètres en grande quantité pour un investissement très faible, avec une rentabilité assurée pour les entrepreneurs (grâce aux rendements de la coupe rase), et assurés d'en sortir des billons de sciage de bonne qualité en grande quantité. Pourtant, parmi tous les cas que l'on peut rencontrer, certains méritent réellement une exploitation à blanc sans avoir à craindre une volonté de tirer du profit plus que de faire de la sylviculture.


L'exploitation à blanc de jeunes parcelles permet parfois de devancer de graves problèmes sanitaires.


Prenons l'exemple concret de deux parcelles juxtaposées. L'une des deux est en âge d'être rasée puisque l'objectif de dimensions des arbres est atteint. L'exploitation est donc réalisée avec succès. La seconde parcelle est plus jeune, avec des bois de faibles dimensions. La première éclaircie a eu lieu il y a au moins dix ans, et il serait sans doute le moment d'en réaliser une seconde. Seulement voilà, ces deux parcelles sont situées sur une colline exposée à tous les vents. La face mise en lumière grâce à la coupe rase de la première parcelle est exposée plein sud, soit le vent dominant.

Le propriétaire de la jeune parcelle a été prévenu que s'il la laissait en place, elle risquait d'être touchée par les vents violents, et que les dégâts seraient considérables. Peu importe, les prix du bois sont trop faibles pour le moment, et ce même propriétaire préférerait réaliser une éclaircie douce en attendant la hausse des tarifs.
Hélas, deux jours après la fin de la coupe rase, c'est à dire il a un peu plus d'une semaine, une tempête touche la région, venant du sud, avec des pointes à 110 km/h. Voici le résultat :





Tout ceci pour dire que dans certains cas, il est préférable de raser une parcelle jeune, même à des prix faibles, plutôt que de la laisser en place et risquer de perdre une partie du capital en place.


Et que risque aujourd'hui cette parcelle endommagée ?


Maintenant qu'elle a subi des cassures d'arbres, plusieurs pathogènes peuvent s'introduire : d'une part les pourridiés, ou champignons. Ils vont germer au niveau des tranches des arbres fracturés, et risquent de se répandre par les systèmes racinaires, donc fragiliser le reste du peuplement. D'autre part, les insectes : un peuplement affaibli est un formidable terrain à coloniser pour les scolytes et autres insectes s'attaquant au bois.

En conséquences, un peuplement qui avait une valeur - certes faible - avant la coupe voisine, devient une parcelle sans valeur, sans avenir, qui n'intéressera plus d'acheteur et négociants en bois. Elle devient donc presque invendable.
Enfin, s'il existe des parcelles proches de ce "bouillon de culture", il faut penser qu'il risque d'y avoir des effets de contamination importants.


En guise de conclusion, si vous êtes propriétaire, réfléchissez à ceci : tous les marchands de bois ne sont pas des voleurs. S'ils vous proposent d'exploiter des parcelles qui auraient encore un peu d'avenir, réfléchissez. Il y a parfois se bonnes raisons pour raser une jeune parcelle. L'essentiel n'est pas de savoir si les marchés actuels du bois sont bons ou non. Projetez-vous dans l'avenir, et essayez de voir si vos peuplements ont encore de beaux jours devant eux ou non.

par Thibault publié dans : Thèmes à débats
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Dimanche 15 juin 2008
Deux articles du quotidien en ligne 20 minutes m'ont mis la puce à l'oreille. L'un traite du potentiel du bois énergie dans la filière landaise, et l'autre évoque une organisation de la filière en cours de développement.

A écouter les experts de la filière bois, ce mode de chauffage et de production d'énergie serait la solution miracle. Effectivement, cette méthode comporte de nombreux avantages : grandes quantités mobilisables, renouvellement de la matière, faible coût à l'achat, avantages fiscaux à l'installation. Pourtant, selon moi, ce procédé, présenté comme solution d'avenir pour la substitution aux énergies fossiles, risque de ne pas se développer comme prévu. La raison ? Un simple problème d'organisation logistique.

En effet, si dans certains pays du nord de l'Europe la filière est déjà bien implantée, la filière française a du mal à trouver des solutions viables pour la récolte, la transformation, ainsi que la distribution du bois énergie. La demande serait là, l'offre aussi, mais entre les deux ? Un vide, un manque de savoir-faire, des questions sur les matériels à employer, sur les coûts de récolte, sur la chaîne logistique. Vaut-il mieux broyer les rémanents sur coupe, les broyer sur un dépôt ? Dans ce dernier cas, comment débarder les rémanents ? Ces problèmes matériels et d'organisation sont étroitement liés à des problèmes économiques : Si les différentes méthodes sont connues, testées, les coûts sont encore mal évalués, mal maîtrisés, du fait de la multiplication des engins utilisés, des coûts de transports élevés. Il faut donc arriver à optimiser cette filière.

Seulement, le problème risque de durer encore un certain temps : du fait du manque d'organisation de la filière, peu de gens osent réellement se lancer dans la production de masse, et peu osent réellement se lancer dans l'utilisation du bois énergie à grande échelle. Quel est donc le maillon manquant de la filière ? Difficile à dire puisque tout existe semble t'il et tout fonctionne. Peut être faut il laisser le temps au temps. Sans suffit-il de simplifier les procédés de transformation, en n'utilisant qu'une seule sorte de combustible parmi tous ceux existants.
par Thibault publié dans : Thèmes à débats
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Mercredi 26 septembre 2007
J'avais évoqué il y a quelques temps le nouveau site collaboratif NOE pour permettre à tous de publier ses idées en vue du Grenelle de l'environnement.

Régulièrement, je profite d'un moment de temps libre pour aller faire un tour du côté des nouvelles propositions. Ce soir, j'ai pu trouver ceci:

 

Des nichoirs dans les forêts

 
Avatar Defaut

Par piernand il y a 50 minutes dans Biodiversité

 
 

Comme le font nos voisins espagnols pour lutter contre les chenilles processionnaires en favorisant les Mésanges noires. Comme le font les Polonais pour maintenir les oiseaux cavernicoles (gobe-mouches, rougequeues) j'invite l'ONF à généraliser l'installation de nichoirs dans nos forêts pour lutter d'une façon écologique aux invasions d'insectes surtout dans les jeunes futaies ou peu d'arbres proposent des cavités naturelles. Mais attention à la taille du trou d'entrée pour ne pas favoriser la prolifération de l'Etourneau..



Vous trouverez le débat sur NOE à ce sujet ici même.

J'ai cru à une proposition humoristique sur le moment... En fait, il n'en est rien.


J'avoue être pour prendre certaines mesures en faveur de l'écologie, mais je pense que, avant de faire des propositions dans tous les sens, il est primordial de réfléchir pour évaluer la faisabilité de ces mesures!

Installer des nichoirs à oiseau en forêt, par exemple, est, à mon sens, tout à fait inutile, mais aussi tout à fait irréalisable, pour des raisons de coût, de pratique, de faisabilité technique.

Autre chose, la chenille processionnaire n'est pas un problème écologique, mais touristique: la colonisation des chenilles n'aboutit que très rarement à la mort de l'arbre. En revanche, elle conduit à la fuite des touristes, sources de revenus pour le commerce local.


Arrêtons de vouloir à tout prix transformer la forêt en jardin public, où la moindre végétation ne peut avoir sa place, et où le moindre insecte doit être supprimé, parce qu'il fait peur aux enfants, et qu'il provoque des démangeaisons si on le touche.
par Thibault publié dans : Thèmes à débats
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Jeudi 23 août 2007
treelog.jpgSur le Digg Like Blogasty, énormément de choses circulent. Parmi celles-ci, j'ai pu trouver ceci: Effets de la déforestation .

Je dois dire que j'ai été choqué par le raccourci fait par un bloggeur en observant une photographie aérienne d'une coupe rase.

Je l'avais d'abord vu sur un premier blog, sans aucune explication. J'ai alors décidé d'envoyer un message à l'auteur du premier article, lui demandant d'où provenait cette photo, et de quoi s'agissait-il exactement. Cette personne m'a répondu qu'apparemment, il s'agirait des suites d'une tempête. Cette information me paraît tout à fait crédible, vu le découpage tout à fait irrégulier de l'exploitation. Cela ressemble tout à fait aux nettoyages que nous avons connus lors de la tempête de décembre 1999. Alors où est la déforestation la dedans? Je vous le demande... Autre petit point: la déforestation ne se manifeste pas par de petites coupes rases, mais plutôt par des étendues de plusieurs centaines d'hectares.


Alors que dire au sujet de ce type d'article? Est-ce ceci l'effet blogosphère? Tout le monde peut se permettre de dire n'importe quoi sous prétexte qu'il s'agit d'un blog? Hélas, il s'agit bien là du côté le plus négatif des blogs: la circulation d'informations tout à fait douteuses qui provoquent de faux courants de pensées, tels ceux des dits "écolos" prônant l'arrêt total de l'exploitation du matériau bois (et dire que ces gens là ont bien souvent un joli bureau en bois pour poser leur bel ordinateur...).

Alors s'il vous plaît, faites attention au type d'info que vous diffusez sur le Net, mais aussi à ce que vous pouvez lire...
par Thibault publié dans : Thèmes à débats
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Dimanche 15 juillet 2007
J'ai reçu cette semaine le dernier numéro du Journal de la Mécanisation Forestière. Numéro passionnant dans lequel j'ai pu lire l'analyse de l'une des dernières études de l'AFOCEL intitulée "Des cloisonnements d'exploitation pour réduire l'impact au sol".

Je vais vous épargner la totalité de l'étude pour en venir aux conclusions de l'AFOCEL: les cloisonnements d'exploitation sont absolument indispensables si l'on veut éviter la détérioration des sols forestiers...

Figurez vous que sur le coup je suis resté sans voix... oui, sans voix. Car en fait, dans cette étude, l'AFOCEL a enfoncé une grande porte ouverte! La première chose que l'on vous apprend en sylviculture est que la présence de cloisonnements d'exploitation est indispensable pour la récolte du bois ainsi que pour la protection des sols. Alors pourquoi cette étude? Je ne comprends pas très bien pourquoi un organisme aussi réputé que l'AFOCEL, organisme chargé de réaliser des études scientifiques en forêt, a réalisé une étude complète sur la nécessité de la présence de cloisonnements alors que ce principe est connu depuis plusieurs décennies.


Après une petite analyse personnelle, j'ai fini par arriver à dégager quelque chose de cet article: j'ai passé près de quatre mois dans cet organisme, et j'ai pu voir de quels horizons venaient les personnes qui y travaillent. En réalité, un certain nombre de ces gens n'est pas issu de formations forestières, mais agricoles. On a donc affaire à des techniciens et ingénieurs qui, parfois, n'ont pas du tout la notion de terrain en forêt. De fait, certaines de leurs conclusions, comme celle exprimée au début de cet article, sont tout à fait connues et appliquées de longtemps par toutes personnes travaillant en permanence sur le terrain. Parfois, certains résultats ne relèvent que de la théorie et restent inapplicables en forêt (je pense à certaines études auxquelles j'ai participé lors de mon passage au sein de l'organisme).

Cela étant dit, je continue à penser que l'AFOCEL a un grand rôle à jouer dans la filière forêt-bois-papier française, notamment pour ce qui relève de la sylviculture de certaines essences. En revanche, je me permettrais de dire qu'à mon avis, pour gagner en efficacité, les recrutements effectués devraient plus facilement offrir des postes à des personnes de terrain (anciens techniciens, commis de coupes, conducteurs de machines, ...), ce qui leur permettrait parfois d'avoir des résultats collant plus à la réalité de la filière.
par Thibault publié dans : Thèmes à débats
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