Texte Libre

Bonjour et bienvenue sur Sylvasphere. Je vous propose de découvrir sur ce blog la filière forestière sous tous les angles: métiers, explication de la gestion des forêts, pensées personnelles, blogs, ...
N'hésitez pas à commenter, poser vos questions, proposer vos débats, exposer vos critiques, ... et tant de choses encore! Sylvasphere est un blog qui se veut ouvert d'esprit!

Depuis quelques temps, je rencontre dans pas mal d'articles (numériques ou papiers) une erreur presque inadmissible de la part des professionnels du bois. Les premiers à m'avoir fait bondir sont les techniciens du CRPF (Et oui... Encore !), et plus précisément du Nord Pas de Calais. C'était dans le Forêt de France du mois de mars (il me semble). Dans un communiqué, ils prétendaient que le Douglas était un bois naturellement imputrescible. Qu'en dites-vous ? Abus de langage ? Véritable ignorance ? Pseudo ignorance visant à faire croire certaines choses au propriétaire moyen d'une parcelle de Douglas ? Sans doute un peu tout à la fois, mais attachons nous à corriger cette énorme erreur de communication et à préciser un peu la notion de résistance naturelle d'un bois.
L'imputrescibilité est un terme valable seulement si le bois évoqué ne se dégrade pas avec le temps. Seulement, ce n'est absolument pas le
cas pour le Douglas : en dehors du fait que les branches de Douglas après exploitation finissent par disparaitre, le Douglas peut être victime d'un pourridié bien connu des forestiers, le fomes
(prononcer fomesse). Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est le cas, dans certaines stations un peu lourdes, très limoneuses.
En revanche, il est vrai que le Douglas est considéré, selon la norme NF EN 335-2, résistant aux champignons, coléoptères et termites dans
les régions concernées. Autrement dit, il est résistant, et ce, naturellement, 'classe 3' dans cette norme des classes de risques. Cette résistance est évaluée pour une durée d'utilisation de
plus de 10 ans sans attaque significative. Les conditions de mise en oeuvre ne sont pas prises en compte (excepté l'humidité du bois, supérieure à 20% dans le cadre de la classe 3), et la section
des bois non plus.
Résistant ne signifie donc pas invulnérable. Le Douglas n'est donc pas imputrescible, mais résistant à certains agents pendant un certain temps,
dans des conditions optimales de mise en oeuvre.
Vous pouvez retrouver les classes de risques de la norme NF EN 335-2 sur le site internet du Comité National pour le Développement du Bois. D'autres normes sont disponibles sur le même site concernant la durabilité.
par Thibault
publié dans :
A méditer ...
Mais aujourd'hui, je souhaite parler d'un autre aspect de l'abattage de bois: sa valeur. La notion de valeur en forêt est quelque chose de très subjectif. Notre statut, notre attachement, son histoire, sa situation, et bien d'autres facteurs vont permettre à chacun d'attribuer une valeur à un bois, qu'elle soit sentimentale ou financière. Lorsqu'une tempête touche un pays entier comme en 1999, les propriétaires perçoivent une perte financière énorme alors que la population, dans son ensemble, s'émeut de ce qui vient d'arriver, et souhaite ne plus jamais revivre cet instant. Voilà où se situe la différence entre la valeur financière d'une forêt et sa valeur sentimentale aux yeux de chacun.
Valeur financière
C'est sans aucun doute la plus facile à attribuer. On se base sur des éléments précis, tels que la qualité du bois, son essence, la demande, ses dimensions, etc. Bien que chaque personne puisse percevoir différemment ces différents éléments, au final, la logique d'une approche financière reste la même.
La valeur d'un bois, d'une parcelle, peut être estimée à plusieurs occasions: ventes de bois, expertise suite à un litige, suite à une catastrophe naturelle (tempête par exemple), vente en temps que bien immobilier. Dans tous les cas, la juste valeur ne peut être estimée que par une personne de l'art. Il est très difficile, voire impossible pour le commun des mortels d'évaluer la valeur financière d'une forêt.
Valeur sentimentale
Dans la plupart des cas, cette valeur concerne les arbres d'agrément, ou alors les sites remarquables. Rarement une parcelle dite "classique" a une valeur sentimentale particulière pour un propriétaire ou la population.
Son estimation est, à mon sens, une chose extrêmement compliquée, et ce, pour pas mal de raisons. Avant tout, la subjectivité dans un tel cas est prépondérante. Monsieur X ne verra pas un arbre avec le même oeil que Monsieur Y, c'est évident. De plus, un ressenti ne peut pas correspondre à un chiffre. Il ne s'agit pas d'une science exacte et mathématique. Enfin, la valeur sentimentale évolue au cours du temps: un site sans valeur, peut, pour tout un tas de raisons, devenir un lieu éminemment important pour moi, et ce du jour au lendemain.
Pourquoi attacher autant d'importance à la valeur sentimentale envers un bout de bois?
Dans certains cas, une évaluation de leur valeur sentimentale est indispensable pour déterminer, au mieux, leur valeur financière. Lors d'incendies, de guerres, de blessures, de dépérissements, de litiges, de mort liée à une pollution, et tant d'autres exemples encore, une estimation est nécessaire.
Il existe un certain nombre de méthodes très officielles et reconnues par la loi, mais elles sont très compliquées à mettre en oeuvre. Anne Bary Langer et Jean Paul Nebout ont d'ailleurs, dans leur ouvrage Evaluation financière des arbres d'agrément et de production, traité cet aspect de la chose. Le développer ici risquerait de vous assoupir devant votre écran.
En forêt, hélas, seule la valeur marchande est abordée (sauf cas exceptionnel). Pourtant, dans certains cas, prendre en considération la valeur sentimentale commune d'un lieu forestier et la mettre en valeur pourrait sans doute aider à mieux faire accepter certaines actions par le grand public (travaux d'aménagement, exploitation, ...).
par Thibault
publié dans :
A méditer ...
J'ai fait le plein de mon véhicule de fonction ce soir... 1,22 Euros à la
pompe et 1,30 à partir de demain matin... Là, je dois dire qu'il y en a marre. Rendez vous compte: mon employeur a 12 engins forestiers (autant de chauffeurs), ce qui lui fait une facture mensuelle pour environ 30 000 litres de fuel... sachant que les tarifs au stère n'ont pas changé depuis bien longtemps... sachant aussi que les maisons de livraison appliquent bien souvent une majoration tarifaire liée à leur trajet dans les pistes à camion pour venir nous livrer. Et tant d'autres professions sont dans le même cas que nous.
Je ne sais pas combien tout ceci coûte à mon chef, mais j'en ai la chair de poule. En tout cas, une chose est sûre (ou presque): au rythme où vont les choses, encore un an et je peux aller pointer au chômage !
Mais qu'attend notre société pour se réveiller ? Personne ne voit qu'on va au mur ? Notre chef d'Etat se prend une augmentation de 140% (vive la France endettée!), son porte parole, habitant à quelques centaines de mètres de l'Elysée, se permet de venir travailler en voiture, la ministre de l'économie se donne bonne conscience en nous incitant à enfourcher nos vélos (facile quand on vit à la campagne!). De qui se moque-t'on ?
Au départ je n'étais pas pour les mouvements sociaux... Mais si cela peut permettre de mettre quelques uns de nos hauts placés au chômage, je suis pour.
Tiens, d'ailleurs, une petite idée: pourquoi nous, les forestiers, ne nous mettrions pas à bloquer à notre tour les axes routiers avec nos engins? C'est pas facile à bouger une machine d'abattage qui fait une vingtaine de tonnes!
Non, vraiment, j'en ai marre de penser que ma profession va droit au mur à cause d'un Etat corrompu, qu'il soit de droite ou de gauche. Je vais même jusqu'à croire que nous sommes gouvernés par des nantis qui, vivant aux frais de la Princesse, n'imaginent même pas ce qu'une certaine classe de la société endure pour arriver à vivre correctement (je parle notamment de celle qui travaille plus pour gagner plus).
Ce coup de calgon (comme le dit si bien mon grand frère ;-) ) n'est pas une critique gratuite à un gouvernement uniquement capable de réformer par la taxation de bas étage. C'est une alerte lancée à toute une filière qui va, dans les mois à venir, connaître une crise grosse comme une abatteuse si personne ne fait rien. A bon entendeur...
par Thibault
publié dans :
A méditer ...
D'un point de vue politique, ces thèmes sont primordiaux (enfin, il paraît). Il faut mener une politique verte, il faut agir pour la planète, nous avons signé le traité pour l'environnement... Que de choses que nous entendons sans cesse dans nos médias.
Côté front, on essaie de mener le combat sur les carburants (enfin, c'est ce qu'ils disent), on prétend essayer d'agir sur les gaz à effet de serre, on cherche à mener une bonne politique de l'eau, on parle de l'agriculture, ... Mais ne voyez vous pas une absente dans tout ceci? Il me semble que notre filière si verte n'est jamais mentionnée, nul part. On nous aurait oubliés?
Il est vrai que nous ne représentons que peu de monde dans ce beau pays qu'est la France. Et puis qui est au courant qu'il existe une filière bois active? Pourtant, il me semble que nous aurions les moyens d'agir, dans beaucoup de domaines: sylviculture, aménagements, découvertes et sensibilisation, etc.
Finalement, c'est un peu agaçant tout ça. Nous avons la chance d'avoir un outil extraordinaire et prêt à l'emploi chez nous, mais personne n'en prend conscience. Le peu de monde qui souhaite croire en la forêt pense dans le mauvais sens: surtout, ne coupez plus de bois, c'est le poumon vert...
Oui, alors on nous laisse au placard, et peut être qu'un jour quelqu'un tombera sur nous et se servira de nous dans la lutte pour la planète.
par Thibault
publié dans :
A méditer ...
Nous arrivons à grands pas vers l'automne, mais aussi vers l'hiver. Vous avez donc peut être pris la décision de faire rentrer du bois de chauffage pour votre
incère, cheminée et autre chaudière à bois. Mais êtes vous certain de réellement payer le volume que vous avez rentré chez vous ? Êtes vous certain que votre fournisseur respecte la
qualité de bois que vous avez demandé ?
Le volume au stère est différent du volume au mètre cube
Surtout, si vous commandez votre bois, faites attention aux termes employés par votre fournisseur: mètres cubes et stères sont deux choses complètement différentes.
L'unité du mètre cube est un volume réel, "sans air au milieu", c'est à dire que si vous commandez deux mètres cubes de bois de chauffage, il faut imaginer un cube de bois sans aucun trou. A l'inverse, le stère est un volume d'encombrement! C'est à dire une pile de buches mesurée au mètre par exemple: 4 stères représentent une pile de 2 mètres de haut, de 4 mètres de long, et de 50 cm de large. Autrement dit, si vous payez 4 mètres cubes, que vous mesurez 4 stères, il va vous manquer du bois, car, mathématiquement, 4 mètres cubes de bois représente beaucoup plus de matière. Concrètement, selon les chiffres de l'AFOCEL, vous pouvez multiplier votre volume au mètre cube par 1,5 pour obtenir le volume en stère. Donc 4 mètres cubes nous donne 6 stères...
La qualité d'un bois de chauffage est déterminante pour son rendement chaleur
Faites bien attention à l'aspect visuel de votre bois. Regardez qu'il soit bien sec, ou alors payez le en fonction de son humidité. Regardez qu'il ne soit pas pourri (aucun rendement chaleur), ou creux.
Le top du top est d'avoir un bois sec, assez dense (rapport poids / volume), avec une allure encore un peu verte (non pourri), qui dégage une bonne odeur (le chêne dégage souvent une forte odeur de tanin. Si vous sentez le champignon, il commence à pourrir...)
Si je vous mets en garde de la sorte, c'est que certains vendeurs (déclarés ou non) n'hésitent pas à profiter de l'ignorance de leur clientèle pour se remplir les poches. Et étant donné que le prix du bois commence à monter sérieusement ces dernières années, je vous recommande de faire très attention. Chauffez vous bien !
Surtout, si vous commandez votre bois, faites attention aux termes employés par votre fournisseur: mètres cubes et stères sont deux choses complètement différentes.
L'unité du mètre cube est un volume réel, "sans air au milieu", c'est à dire que si vous commandez deux mètres cubes de bois de chauffage, il faut imaginer un cube de bois sans aucun trou. A l'inverse, le stère est un volume d'encombrement! C'est à dire une pile de buches mesurée au mètre par exemple: 4 stères représentent une pile de 2 mètres de haut, de 4 mètres de long, et de 50 cm de large. Autrement dit, si vous payez 4 mètres cubes, que vous mesurez 4 stères, il va vous manquer du bois, car, mathématiquement, 4 mètres cubes de bois représente beaucoup plus de matière. Concrètement, selon les chiffres de l'AFOCEL, vous pouvez multiplier votre volume au mètre cube par 1,5 pour obtenir le volume en stère. Donc 4 mètres cubes nous donne 6 stères...
La qualité d'un bois de chauffage est déterminante pour son rendement chaleur
Faites bien attention à l'aspect visuel de votre bois. Regardez qu'il soit bien sec, ou alors payez le en fonction de son humidité. Regardez qu'il ne soit pas pourri (aucun rendement chaleur), ou creux.
Le top du top est d'avoir un bois sec, assez dense (rapport poids / volume), avec une allure encore un peu verte (non pourri), qui dégage une bonne odeur (le chêne dégage souvent une forte odeur de tanin. Si vous sentez le champignon, il commence à pourrir...)
Si je vous mets en garde de la sorte, c'est que certains vendeurs (déclarés ou non) n'hésitent pas à profiter de l'ignorance de leur clientèle pour se remplir les poches. Et étant donné que le prix du bois commence à monter sérieusement ces dernières années, je vous recommande de faire très attention. Chauffez vous bien !
par Thibault
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A méditer ...









